NON A LA DETTE !!

«Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.»

14 novembre 2009

L'économie mondiale a redémarré

Depuis deux ans et demi, je suis plutôt prudent, voire pessimiste, quant à l'évolution de l'économie (bien m'en a pris, comme ça, je n'ai pas perdu d'argent en bourse). Mais aujourd'hui, quelle est la situation économique est quelle est son évolution ? Depuis le printemps, cette analyse est particulièrement difficile. Cependant je décèle - depuis peu - quelques signes positifs solides.

L'activité économique (en particulier la production industrielle) rebondit effectivement, après une chute d'une immense ampleur (par exemple en France environ +4-5% en 6 mois après -15% les 6 mois précédents). Quelle part de ce rebond est due aux plans de relance, français et étrangers ? Plus de la totalité. Peuvent-ils être prolongés longemps ? Assurément non, quelques mois tout au plus. La croissance sera-t-elle auto-entretenue quand ils s'arrêteront ? Grande interrogation !

Les facteurs qui militent pour un retour en récession :

1/ Le chômage, qui atteint un niveau élevé, et qui continue d'augmenter. Le nombre de chômeurs en fin de droits (typiquement en France ceux qui ne trouvent plus d'emploi depuis plus de 18 mois), commence tout juste à augmenter. Aux Etats-Unis, Obama vient d'ailleurs de décider d'allonger leurs droits pour éviter une explosion sociale.

2/ Corrolaire du chômage, le moral des ménages et leur volonté potentielle d'épargner plutôt que de consommer. Pour l'instant, ils continuent de dépenser à peu près autant qu'avant (et même plus en France).

3/ La fragilité des banques. Aux Etats-Unis les banques sont très décentralisées et de nombreux financements de PME viennent de banques régionales. Or elles font faillite les unes après les autres, au fur et à mesure que leurs actifs immobiliers (en durs ou sous forme de prêts) perdent leur valeur. Aux dernières nouvelles (23 octobre), 106 banques américaines ont déjà fermé leurs portes cette année. En Europe, c'est moins grave car on a été plus raisonnables. Mais en Chine, les banques sont incitées par le gouvernement central à prêter beaucoup, sans trop regarder si les emprunteurs rembourseront. Bombe à retardement ?

Ces aspects négatifs sont conjoncturels. Il y a des facteurs plus structurels qui militent pour un retour de la croissance :

1/Le seul moteur de la croissance économique, hormis les variations de court-terme liés à la confiance évoqués ci-dessus, c'est la hausse de la productivité. Pourquoi ? Quand on parle de croissance économique on parle de la croissance du Produit Intérieur Brut. Et le PIB, c'est quoi ? Pour faire simple c'est l'ensemble de nos revenus (et donc à fortiori, de ce que l'on consomme, épargne et désepargne s'équilibrant à peu près). Et ce que l'on consomme, c'est ce que l'on produit (forcément).

En trois lignes, nous venons d'établir une égalité aussi fondamentale qu'évidente en économie : PRODUCTION = CONSOMMATION. Pour augmenter notre consommation, il faut augmenter notre production. Et comme - hormis les variations de court-terme - la quantité de travail par actif est à peu près stable dans le temps, le seul moyen d'augmenter sa production, c'est d'augmenter sa productivité.

Les ménages peuvent bien ne pas avoir confiance à court-terme, les gains de productivité réalisés cette année - en particulier aux Etats-Unis - sont énormes ! En 6 mois, d'avril à septembre, le PIB a augmenté d'1%, mais le nombre d'heures travaillées a baissé de 3% ! La productivité, la valeur créée par chaque heure de travail, a ainsi augmenté de 4% ! 4% en 6 mois, c'est du jamais vu depuis... 1965 !!

Dans la pratique, cela veut dire que certaines activités peu productives ont été arrêtées. Maintenant il faut voir dans quelle mesure, et quel délai, elles pourront être remplacées par de nouvelles activités plus productives. Mais cela se traduira tôt ou tard en croissance du PIB. En France, par contre, la productivité - moins transparente - a augmenté d'environ 1% sur la période, après avoir diminué d'autant les 6 mois précédents. N'attendez donc pas que la croissance française soit proche de celle des Etats-Unis au cours des prochains années.

2/ Parmi les indicateurs économiques, il y en a un que j'aime bien : le Baltic Dry Index, qui calcule la moyenne des prix pratiqués par les transporteurs de matières premières (céréales, minéraux...) sur les principales routes maritimes mondiales. Pourquoi je l'aime bien ? C'est un vrai indicateur de l'économie réelle. Contrairement au prix du pétrole, il ne mesure pas ce que les opérateurs de marchés pensent qu'il va se passer, il mesure ce que les entreprises font. 

Seuls trois paramètres l'influencent : le prix du pétrole, l'offre de transport, la demande de transport. Les deux premiers étant assez bien connus, il s'avère que le Baltic Dry Index est un indicateur de la demande de matières premières, indicateur avancé de l'évolution de l'économie. Pas de spéculation, pas d'anticipation, seulement de l'économie réelle. Et effectivement, il s'était effrondré fin 2008, juste avant les marchés boursiers, avant de remonter fortement de janvier à mai, suivi avec 2 mois de retard par les marchés. Ensuite il a temporisé alors que les marchés ont monté. Mais depuis début octobre, il a doublé et a de nouveau dépassé (en termes d'évolution relative) les marchés boursiers. Pour moi c'est un deuxième signe fort d'une vraie reprise.

Celle-ci reste menacée, clairement, mais elle est bien réelle, et - qui sait - pourrait enfin relancer des investissements qui auto-alimenteraient la croissance future, sans l'aide des Etats...

Après cette analyse économique, je suis aussi obligé, en tant qu'être humain, d'avancer une analyse sociale/sociétale partant de ce paradoxe : l'économie est repartie, mais trouver un emploi est plus dur que jamais ! Avec le temps je commence à croire que la prise de contrôle du monde par les quelques dirigeants des grandes entreprises mondiales est, sinon organisée, en tous cas bien réelle.

Regardez Goldman Sachs, la grande machine à bulles : elle a vendu des crédits subprimes, tout en spéculant sur les marchés qu'ils allaient s'effondrer, de sorte qu'elle soit gagnante dans tous les cas de figure. Pendant que Goldman Sachs n'a cessé de faire des prodits, la crise a éliminé trois de ses principaux concurrents (Bear Sterns, Merrill Lynch & Lehman Brothers) et affaibli les autres (Citigroup, Bank of America, UBS...), tout en augmentant la valeur de "son marché" : la vente d'obligations publiques (le financement des déficits publics). Lisez cet article, vous verrez qu'en plus une part non négligeable des dirigeants de l'administration publique américaine sont des anciens de Goldman. Faits indépendants ? Rien n'est moins sur.

De manière plus générale, les déficits publics supplémentaires nés de la crise, couplés à la compétition internationale qui empêche d'augmenter les impôts, vont forcer les Etats et sécurités sociales à réduire leurs dépenses sociales, au profit du profit des entreprises, qui pourraient rapidement retrouver leur niveau exceptionnel de 2007.

Et pendant ce temps dans la vraie vie, on râle mais personne ne proteste vraiment. Même si certains écrivent sur leur blog ou dans les journaux pour dénoncer cela, cela n'a guère d'impact. Je ne comprends pas pourquoi les chômeurs en fin de droits, ainsi que les jeunes chômeurs qui n'ont jamais eu de droits, ne sont pas dans la rue à protester ? Y a-t-il besoin d'une étincelle ? Par ce que sur le fond, les raisons justifiant des comportements extrêmes sont évidentes.

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02 novembre 2009

Plus de 1000 visiteurs en octobre !

1283 exactement, et pour mon modeste petit blog, cela constitue une première et donc un record !

Merci à tous les visiteurs en en particulier à ceux qui ont laissé des commentaires! Qu'ils soutiennent, complètent ou critiquent mes notes, ils sont tous appréciés !

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16 octobre 2009

Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches

Je me reconnais dans cette citation, lue sur Agoravox. Pour ceux, comme les économistes de l’Ecole autrichienne qui croient encore dans la libre entreprise, il faut rappeler les paroles de Ludwig Von Mises lui-même : « Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches. »

Etre libéral ce n'est pas protéger les puissants, au contraire.

Dans le même article, j'aime bien aussi : "au lieu de changer le pansement, il vaudrait mieux penser le changement"

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25 septembre 2009

Vers l'adoption de la taxe Tobin ?

Qu'attendre du G20 de Pittsburgh ? Pas grand chose (Jacques Attali parlait du "G vain") ? Il se pourrait en fait que l'idée d'une taxe sur les transactions financières fasse son chemin. Voilà qui serait une bonne nouvelle ! Le monde de la finance pourrait ainsi "rembourser" une partie des dégâts causés par sa cupidité.

Source AFP : https://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=38244ba2a6b474c048c22e97637d2638

Le ministre allemand des Finances plaide pour la taxe Tobin en plein G20 :


Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a plaidé pour la création d'une taxe sur les transactions financières, de nouveau en vogue, dans une tribune publiée vendredi en pleine réunion du G20 à Pittsburgh.

"Dans notre réponse politique à la crise, nous aurons besoin de nouvelles formes de partage de l'imposition fiscale. L'une d'elles est une taxe globale sur les transactions financières", affirme M. Steinbrück dans le Financial Times.

Une telle taxe, qui devrait être appliquée par tous les pays du G20 pour éviter des distorsions de concurrence et qui s'élèverait à 0,05% sur tous les échanges de produits financiers, permettrait de "financer les coûts de la crise", selon le ministre social-démocrate (SPD), à deux jours des élections législatives en Allemagne.

Les principaux pays industrialisés et émergents (G20) sont réunis à Pittsburgh aux Etats-Unis depuis jeudi pour s'accorder sur des mesures de lutte contre la crise. Ils sont tombés d'accord sur deux des principaux sujets, la limitation des bonus dans la finance et le maintien des plans de relance, selon le projet de communiqué final, cité par un responsable resté anonyme.

L'idée d'une telle taxe, vieille revendication du mouvement altermondialiste, a récemment refait surface à la faveur de la crise financière.

La France a proposé de créer un prélèvement similaire pour soutenir le développement économique, le Premier ministre britannique Gordon Brown a estimé qu'une telle taxe "vaut le coup d'être examinée" et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a estimé que "ce serait une excellente idée".

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L'appétit des ménages diminue

Les ménages ont fortement réduit (de 15,8%) leurs crédits à la consommation au 1er semestre, en particulier les prêts dits "personnels" (crédit sans objet spécifique, c'est-à-dire hors logement, automobile et équipement du foyer) : -27,3%. Source AFP. Mettons ces chiffres en perspective de long-terme.

La consommation des ménages (en volume, c'est-à-dire le nombre de biens et services qu'on achète) a augmenté en moyenne de 3,4% par an entre 1960 et 2000) source INSEE, puis 2,4% de 2000 à 2007 (autre source INSEE). Notre pouvoir d'achat a ainsi été multiplié par 4,5 en moins de 50 ans.

2008 marque bien-sûr une rupture avec cette tandance : la consommation n'a augmenté que d'1% en année pleine, essentiellement grâce à l'acquis de croissance de 2007 ; elle est à peu près stable depuis début 2008 et a résisté jusqu'à mi-2009 grâce aux plans de relance. Maintenant, elle commence à baisser. C'est la première fois depuis 1993, qui était elle-même la seule année de baisse depuis 1960.

conso_prod_manuf

Si l'on regarde la consommation des ménages en produits manufacturés (graphique ci-dessus), ne comprenant que le quart le plus volatile de la consommation totale mais mesurée plus rapidement, elle baisse depuis le début 2008. La baisse a été ralentie par les primes à la casse en France et en Allemagne au printemps 2009. Mais, alors que ces primes sont toujours offertes aux acquéreurs, les ventes d'automobiles repartent à la baisse depuis le début de l'été (-5,3% en aout versus mai, en données corrigées des variations saisonnières) : qu'est-ce que ça va être quand elles seront arrêtées ?

L'évolution par catégorie est visible ici : http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=19&date=20090923

La consommation des ménages était la seule composante d'évolution du PIB qui restait jusqu'ici positive (http://www.insee.fr/fr/indicateurs/ind26/20090813/PR092.pdf), car les entreprises (via la baisse des profits) et les Etats et Sécurités Sociales (via le déficit public) avaient supporté seuls les coûts de la crise ; les salariés conservant leur emploi bénéficiant au contraire de la baisse des prix. Remarque : les salariés ayant perdu leur emploi (0,8% de la population française), ne perdant dans un premier temps qu'une partie de leur revenu, voire bénéficiant de primes de licenciement, ont pour l'instant peu eu à réduire leur consommation.

Maintenant, il est inévitable que ces coûts soient répartis : les déficits publics ne peuvent rester durablement aussi élevés et il est vaint de croire que la croissance future suffira à les combler (elle sera trop faible). Que l'on augmente les impôts des entreprises ou des ménages (via l'emploi ou via l'évolution des revenus nets) ou que l'on diminue les prestations sociales, c'est dans tous les cas le pouvoir d'achat des ménages qui va être réduit, comme les premières mesures d'économie du budget 2010 le laissent entrevoir (http://nonaladette.canalblog.com/archives/2009/09/23/15152679.html).

Il y a de quoi avoir envie de mettre de l'argent de côté : entre les chômeurs qui voient les perspectives d'embauches s'éloigner et la fin de leurs droits se rapprocher et les salariés qui craignent de subir le même sort…

Au final, la consommation des ménages va se réduire, vraisemblablent autant que l'économie dans son ensemble, c'est-à-dire de 3 à 5 % d'ici 2 ans.

Terminons sur une lueur d'espoir : la productivité - le seul moteur à long-terme de la croissance - repart à la hausse, surtout aux Etats-Unis. Ceci devrait permettre un rebond rapide des profits, bénéficieront, tôt ou tard, directement ou indirectement, à l'ensemble de l'économie.

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22 septembre 2009

Après les subprimes, les "option ARM"

Vous pensiez la crise des subprimes terminée ? Oui, mais, une nouvelle catégorie d'emprunteurs vont faire défaut à leur banque dans les 2 années à venir, ceux qui ont souscrit un prêt "option ARM" (pour adjustable-rate mortgages) et "prêt aux menteurs" (ceux qui ont menti sur leurs revenus pour obtenir un plus gros prêt, pensant faire une plue-value sur la revente de leur maison). On a du mal à se rendre compte à quel point les banques américaines ont été irresponsables entre 2004 et 2008: elles ont octroyé des prêts à des millions de gens insolvables, en ne leur faisant payer pendant quelques années que les interêts d'emprunts... voire moins ! Et les subprimes n'en sont qu'une partie.

Sur le graphique ci-dessous, vous pouvez voir la valeur des "recasts" (le moment où l'emprunteur commence à rembourser de vraies mensualités) par type de prêts. On voit nettement le pic des subprimes (en vert) en 2008, qui a déclenché la crise que vous connaissez. En 2009, cela se calme. Mais en 2010 et 2011, d'autres types de prêts comme les "option ARM" et les "prêts aux menteurs" (nom officiel Alt-A) vont prendre le relais. Et beaucoup vont faire défaut.

mortgage_resets

En effet, 94% des emprunteurs à option ARM ont choisi de rembourser le minimum au début, c'est-à-dire moins que les interêts de leur emprunt. Par conséquent, la valeur de leur dette envers leur banque n'a fait qu'augmenter depuis leur souscription. Dans le même temps, la valeur de leur maison n'a fait que baisser. Résultat : en moyenne nationale, les emprunteurs à "option ARM" doivent 126% de la valeur de leur maison (contre 79% au moment de l'achat). Autrement dit : beaucoup d'entre eux ne vont pas rembourser leur prêt, auquel cas la banque saisira la maison (en perdant la différence) et la remettra en vente.

Et les "menteurs" n'ont jamais eu les moyens de rembourser leur emprunt autrement que par la revente de leur maison.

Vous le voyiez, il y aura encore beaucoup de belles maisons pas chères à acheter en Floride et en Californie pendant 2 ans ! Et hélas encore de nombreuses mauvaises surprises à venir dans les bilans des banques d'ici là.

Pour info, 7,6% des emprunteurs aux Etats-Unis avaient des retards de plus de 30 jours dans leurs paiements en août 2009, contre 4,9% en août 2008. Ce taux atteint déjà 46% pour les option ARM, alors que seuls 12% ont atteint leur recast.

Sources pour approfondir (2 blogs très intéressants sur d'autres sujets aussi) :

http://www.calculatedriskblog.com/2009/09/san-francisco-30-billion-option-arm.html

http://www.pauljorion.com/blog/?p=2778

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15 septembre 2009

Il y a un an : la faillite de Lehman Brothers

L'analyse n'ayant pas pris une ride, je recopie ci-dessous un article écrit l'année dernière. Les réponses aux questions soulevées n'ont pas encore trouvé de réponse.

Enfin, ce que j'estimais évident quand jécrivais "dans le monde dans lequel nous vivions ces dernières années : les profits étaient privés et les pertes collectives" et "Les peuples n'accepteront plus ces règles du jeu, désormais trop évidentes" me semble moins évident aujourd'hui : on s'est fait voler des milliards et on ne réagit pas : on continue a voter massivement pour les mêmes, on proteste moins que lorsque les gouvernements veulent pérenniser les retraites en ajustant un ou deux curseurs... Etrange, je trouve.

L'Histoire économique à un tournant. Nonaladette.fr 22/09/08

Après le rebond des marchés fin mars, le pire de la crise semblait être passé. On s'interrogeait désormais sur les effets qu'elle aurait sur l'économie réelle, la croissance du PIB. Mais la crise financière était toujours là et les évènements se sont accélérés ces derniers jours : plusieurs établissements financiers parmi les plus grands aux États-Unis, et donc au monde, ont été rachetés par des concurrents (comme Merril Lynch), ont fait faillite (comme Lehman Brothers) ou ont été nationalisés, comme Fannie Mae, Freddie Mac et AIG.

Parallèlement, la finance s'est auto-mutilée : certains investisseurs vendant à découvert (c'est-à-dire avant de les avoir achetées) des actions d'autres banques pour spéculer sur une baisse du cours, ils en ont en fait précipité la déroute. Et Morgan Stanley, la cible principale, n'avait plus que quelques jours pour trouver un repreneur, sous peine de faillite. Déjà, tous ces évènements en quelques jours, c'était "BIG". Mais la partie la plus BIG, la plus énorme, sans précédent, est arrivée jeudi soir : un plan de sauvetage public massif.

Pour un libéral comme moi, cette idée est difficile à accepter : les perdants devraient être responsables de leurs pertes. Mais celles-ci les ont dépassées, et l'État américain a jugé que les méthodes libérales n'ayant pas enrayé la crise, il (c'est-à-dire les 300 millions de contribuables américains) étaient le dernier mastodonte assez solide pour sauver tous les autres. C'est donc lui qui va prêter à toutes les banques qui en ont besoin de l'argent en échange de garanties plutôt fragiles : tous ces produits financiers contenant du subprime pour lesquels plus personne ne veut payer un centime ! Ceci devrait coûter au contribuable américain de l'ordre de 1,000,000,000,000.00 dollars (1000 milliards de dollars) !

Après cela, un constat s'impose : dans le monde dans lequel nous vivions ces dernières années : les profits étaient privés et les pertes collectives. Même si jusqu'ici on pouvait donner quelques exemples du contraire (l'État français s'est enrichi d'environ 2 milliards d'euros en sauvant Alstom par exemple), cet évènement du 18 septembre 2008 les efface d'un trait. Les peuples n'accepteront plus ces règles du jeu, désormais trop évidentes. Par ailleurs, les investisseurs auront eux aussi du mal a accepter des règles changeantes en cours de partie (l'interdiction des ventes à découvert par exemple).

Bref, nous venons de changer d'époque et entrons dans un période instable, car on ne sait pas ce qui remplacera ce capitalisme financier. Le capitalisme d'Etat chinois ou russe ? L'idéal socialiste de certains européens et sud-américains ? Nous allons tous nous poser beaucoup de questions. Et notamment une : dans quelle direction le prochain président américain, qui a clamé pendant sa campagne incarner LE changement, va-t-il diriger son pays ? Monsieur Obama, le monde vous regarde.

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14 septembre 2009

Les Etats-Unis renforcent leurs mesures protectionnistes

C'est très mauvais pour le commerce mondial, qui a déjà chuté d'une vingtaine de pourcents en un an.

La Chine a déposé une plainte officielle contre les Etats-Unis auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant "abusive" l'imposition par Washington de droits de douane supplémentaires sur ses importations de pneus. Pékin considère que les nouvelles mesures américaines constituent des "pratiques abusives" qui vont "contre les règles" du commerce international, a expliqué l'ambassade dans un communiqué. Le porte-parole du ministère chinois du Commerce Yao Jian a également dénoncé sur son site internet des "mesures de protection contre les pneus chinois exportés aux USA" qui "violent les règles de l'OMC".

Le président américain Barack Obama a signé vendredi un décret imposant des droits de douane supplémentaires sur toutes les importations de pneus pour véhicules de tourisme et véhicules légers en provenance de Chine pour une période de trois ans afin de préserver les entreprises américaines. Ces droits s'élèveront à 35% la première année, 30% la deuxième et 25% la troisième.

Cette décision a provoqué la fureur de la Chine ce week-end. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a estimé dimanche que "les Etats-Unis (avaient) failli au respect de leur engagement pris au sommet financier du G20". Ceci représente "une (forme) grave de protectionnisme qui mine les liens économiques et commerciaux sino-américains ainsi que le début de la reprise économique mondiale", avait-il insisté.

Article complet sur Boursorama

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07 septembre 2009

Apple dépasse 20% de part de marché en France

Apple dépasse ainsi - avec un seul téléphone - les larges gammes de Nokia, LG et Sony Ericsson, et serait sur le point de devenir numéro 1 au détriment de Samsung.

La France devient ainsi le plus gros succès pour l'iPhone, aidé par le Conseil de la Concurrence qui a imposé de le distribuer chez les 3 grands opérateurs, alors qu'il n'était initialement vendu que chez Orange, comme il n'est vendu que chez AT&T aux USA et China Unicom en Chine aujourd'hui.

Ces chiffres sont un pied de nez à ceux qui imaginent qu'Apple avec l'iPhone - et Nintendo avec la Wii - organisent la pénurie pour que l'on parle de leurs produits. Ces deux produits sont pénuriques simplement parce qu'ils sont d'énormes succès commerciaux, au-delà des espérances les plus folles de leurs fabricants !

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02 septembre 2009

V, U, W, L ou "Ski jump recession" ?

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