Le bundestag a bien voté l'élargissement du Fonds Européen de Stabilité Financière le 29 septembre et les récalcitrants n'ont pas été assez nombreux pour destabiliser la majorité d'Angela Merkel. Le plan d'aide à la Grèce peut donc continuer comme prévu : les derniers 8 milliards du plan voté en 2010 seront versés en novembre et donc la Grèce ne devrait pas être contrainte au défaut dans les mois qui viennent. Quant au plan voté le 21 juillet 2011, il semble qu'il ne soit plus suffisant au regard des anticipations boursières auto-réalisatrices de l'été : l'effondrement des bourses a effrayé les acteurs de l'économie réelle et déclenché une récession. Il sera donc probablement modifié pour alléger un peu plus la dette de la Grèce. 

Mais finalement, ce défaut bien anticipé et préparé pourrait ne pas avoir les effets dramatiques redoutés. En effet, j'écrivais le 7 septembre : "la faillite de la Grèce représentera de grosses pertes pour les banques européennes. Mais la plupart pourraient survivre après une recapitalisation". Or, l'appel de Christine Lagarde du mois d'août (qui était aussi le point 1 de mon plan d'action du 20 juillet) a finalement été entendu par les responsables européens au mois d'octobre (ah, l'administration ça prend du temps...) : les banques fragiles vont êtres préventivement recapitalisées. Ainsi, le défaut partiel de la Grèce (environ la moitié de sa dettes serait annulée), négocié avec les partenaires et les créancier et admis comme étant la meilleure solution pour tous, pourra être décidé sans risque systémique : pas de faillite de banque soudaine, pas de "credit-crunch" (assèchement du crédit vers l'économie réelle par les banques), pas de "bank run" (retraits massifs des épargnants de leurs comptes bancaires). L'économie réelle, forte des fondamentaux de ses entreprises (les profits 2011 sont proches des plus hauts historiques) pourrait finalement rebondir.

C'est le scénario optimiste. Il implique que le défaut grec ne fera pas boule de neige. Sa réalisation dépend donc de la réduction du déficit portugais car c'est le maillon suivant dans la chaîne qui pourrait causer des problèmes à l'Espagne. Mettez-donc ce lien dans vos favoris : http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND&n=y# c'est le taux des emprunts d'état portugais à 2 ans. A 17% il reflètent une probabilité non négligeable d'un défaut souverain. S'ils tendent vers un taux normal (<10%), cela renforcera la probabilité du scénario optimiste... et du rebond des marchés actions.