NON A LA DETTE !!

09 février 2015

Grexit, défaut grec ou business as usual ?

 

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Les spéculations vont bon train sur ce qui débouchera du désaccord actuel entre le nouveau gouvernement grec et ses créanciers : les pays Européens (directement et indirectement via le Fonds Européen de Stabilité Financière), le Fonds Monétaire International et la Banque Central Européenne. Pour tous ces créanciers, il est hors de question d'accepter un "haircut", c'est-à-dire l'annulation d'une partie de la dette grecque. 

Mais ce n'est pas nécessaire. Certes, la Grèce a une énorme dette publique, de 175% de son PIB. Mais ces créanciers lui prêtent à des taux soutenables, depuis les plans de sauvetage précédents. Et cela ne leur coûte rien, puisque la France se finance maintenant à moins de 0,5% de taux d'intérêt par exemple. On gagne donc toujours de l'argent en prétant cela aux grecs à un taux légèrement plus élevé. D'autre part, après ses lourds plans d'austérité, la Grèce est revenue a des comptes publics en excédent primaire : avant remboursement des intérêts, elle collecte plus d'impôts qu'elle ne dépense d'argent public. Et c'est le pays de la Zone Euro qui connaîtra la plus forte croissance en 2015, à près de 3% ! Elle peut donc tout à fait honorer cette dette à la seule condition que ses créanciers renouvellent ses emprunts lorsqu'ils arrivent à échéance (et ce tant que les marchés ne lui prêteront pas à un taux raisonnable).

C'est la seule chose que demandent vraiment les grecs. Ils veulent juste qu'on leur rende leur souveraineté : qu'on arrête de les forcer à privatiser et réduire leurs services publics. Et ça, on doit l'accepter. Le peuple grec a choisi de tenter une autre politique : renforcer la politique sociale et augmenter les impôts. Dans un pays où nombre d'individus et de grandes entreprises échappent encore à l'impôt, il a effectivement une marge de manoeuvre ciblée pour gonfler les caisses de l'Etat sans prendre dans les proches des classes moyennes, et donc sans compromettre la croissance, au contraire. 

Laissons-les mettre en oeuvre un programme d'extrème gauche et on pourra en tirer des enseignements pour faire les bons choix lors des prochaines élections chez nous !

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07 février 2015

"Nous laissons à nos enfants..." par Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France

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A quelques mois de la fin de son mandat, Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, fait un bilan des 45 dernières années lors de la matinée HEC-Challenges du 29 janvier 2015 : "Nous avons hérité à la fin des années 1960 d'une nation en croissance peu endettée et offrant le plein-emploi. Mais à cause de nos choix d'un Etat toujours plus lourd et d'une dépense publique ininterrompue, nous laissons à nos enfants, qui prendront leur retraite à 65-67 ans, voire plus tard, un pays endetté, avec un niveau de chômage insupportable, et un faible potentiel de croissance, regrette-t-il. Il devrait nous en être tenu rigueur dans l'histoire"

Je n'aurais pas dit mieux.

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03 avril 2013

Allocations familiales : où est le "choc de simplification" ?

A quelques jours d'intervalle, le gouvernement annonce un "choc de simplification" (qui pour l'instant ne consiste qu'à arrêter d'augmenter le nombre de normes et regrouper les achats publics) et reçoit le rapport Fragonard indiquant plusieurs pistes pour réduire le déficit de la branche famille de la sécurité sociale.

Il préconise de moduler les allocations familiales (aujourd'hui dépendant uniquement du nombre d'enfants : 0€ pour le premier, 128,57€ par mois pour le deuxième, puis 164,73€ pour chaque enfant supplémentaire) en fonction des revenus : les ménages les plus aisés en toucheraient moins que les plus modestes. Ceci n'est pas surprenant en soi pour un gouvernement socialiste.

Néanmoins, savez-vous que par ailleurs, le système du quotient familial fait bénéficier d'une manière inversement proportionnelle de 0€ aux familles non imposables jusqu'à 2000€ de réduction d'impôt par an et par demi-part (soit 2000€ par enfant pour les deux premiers, puis 4000€ pour les suivants) aux familles les plus aisées ?

Ce système consistant à faire cohabiter des allocations dégressives versées par la sécurité sociale et un équivalent d'allocations inversement progressives sous forme de crédit d'impôt aboutit finalement à une politique familiale qui donne à peu près autant quelque soit le niveau de revenus (les ménages modestes n'ont que les allocations familiales, les ménages aisés n'auront pratiquement plus que la réduction d'impôt, les ménages moyens ayant en partie les deux).

Franchement, pour arriver au même résultat, ne serait-il pas plus simple de fusionner ces deux mécanismes en un seul : un crédit d'impôt fixe par enfant. Sur la base des déclarations de revenus (indiquant déjà le nombre d'enfants dans le foyer fiscal), l'administration fiscale pourrait déduire automatiquement un montant fixe par enfant, de l'ordre de 2000 à 3000€ euros par an (environ 200€ par mois) de l'impôt à payer. Si le solde est négatif, l'administration rembourserait les familles (comme elle le fait déjà quand les déductions, par exemple pour une garde à domicile, sont supérieures à l'impôt dû). Ce remboursement pourrait être mensualisé.

Ce vrai "choc de simplification" pour les familles et pour l'administration permettrait de redéployer des milliers de fonctionnaires (les Caisses d'Allocations Familiales employaient 28 839 agents en 2000) vers des missions à plus forte valeur ajoutée... et donc de réduire nos impôts !

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29 mars 2013

Dette: dérapage du déficit de la France en 2012, à 4,8% au lieu de 4,5% du PIB

 

Le déficit public de la France n'a été ramené en 2012 que de 5,3% à 4,8% du produit intérieur brut (PIB), en dérapage par rapport à l'objectif du gouvernement qui visait 4,5% en accord avec ses partenaires européens, a annoncé vendredi l'Insee.

Le dette publique a, elle, continué d'exploser atteignant fin 2012 un nouveau record à 1.833,8 milliards d'euros soit 90,2% du PIB, plus que les 89,9% prévus par le gouvernement, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques. Elle s'élevait à 85,8% en 2011.

Le déficit public qui comprend les comptes de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale a été révisé à 5,3% du PIB en 2011, au lieu de 5,2% d'abord annoncés par l'Insee. Cette révision, ajoutée à la recapitalisation de la banque Dexia intervenue en décembre et à une hausse des dépenses expliquent le dérapage.

La publication par l'Insee des "comptes nationaux des administrations publiques" est la première évaluation disponible du déficit et de la dette pour 2012.

Dans le détail, les dépenses publiques sont passées de 55,9% du PIB en 2011 à 56,6% en 2012, un taux supérieur aux prévisions du gouvernement (56,3%). Le taux de prélèvements obligatoires est en revanche conforme aux prévisions, à 44,9% du PIB en 2012 après 43,7% l'année précédente, "sous l'effet de la hausse des impôts" (+5,3%), a précisé l'Insee.

Le gouvernement français s'était engagé à réduire le déficit public à 3% du PIB en 2013 mais a reconnu il y a un mois qu'il n'y parviendrait pas. Des discussions sont en cours avec la Commission européenne afin d'obtenir un délai d'un an.

"Les dépenses progressent de 2,9%, davantage que le PIB en valeur (+1,6%) après +2,1% en 2011", explique l'Insee. Les dépenses de fonctionnement (+2,5%) sont notamment en hausse, une accélération "largement liée à des livraisons de matériel militaire plus élevées qu'en 2011", selon l'institut.

Contrairement à ce qui avait été observé en 2011, les intérêts de la dette ont reculé de 0,7%, grâce à la baisse des taux. Les prestations sociales sont elles restées dynamiques, en augmentation de 3,5% après +3,1% en 2011.

"Les autres transferts de subvention sont en hausse (+5,3%) en raison notamment de la recapitalisation de Dexia intervenue en décembre et de la hausse du prélèvement sur ressources au profit de l'Union européenne", observe l'Insee.

L'investissement public continue de progresser mais plus lentement qu'en 2011 (+1,7% après +3,8%), notamment "en raison d'une forte décélération dans les hôpitaux".

L'augmentation des recettes a également ralenti en 2012 par rapport à 2011 (+3,9% après +5,7%), mais se maintient grâce aux impôts sur le revenu et le patrimoine. L'impôt sur le revenu est en hausse de 8,8 milliards d'euros, la CSG de 3,1 milliards et l'impôt de solidarité sur la fortune de 700 millions.

En revanche, sous l'effet d'une croissance économique inexistante, les impôts sur les produits et la production ralentissent (+2,9% après +5,8% en 2011), en particulier en raison d'un moindre revenu de la TVA (+1,4% contre +3,3% en 2011) et de cotisations sociales moins dynamiques (+2,9% après +4,1%).

Enfin, la décomposition des comptes publics montre que la réduction du déficit en 2012 est essentiellement liée à la baisse de celui de l'Etat, qui diminue de 7,7 milliards d'euros de pertes. Le déficit des administrations de Sécurité sociale se résorbe de 800 millions d'euros alors que celui des administrations publiques locales passe de 1,5 à 3,1 milliards.

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04 mars 2013

Mission accomplie pour NonALaDette ?

Bonjour à tous,

voilà plusieurs mois que je n'ai pas écrit sur mon blog. Pris par des prioriétés professionnelles comme personnelles, j'ai eu moins de temps à y consacrer. Mais la raison principale de cette pause est le début d'impression, près de 10 ans après la création de ce blog (en 2004 sur une autre plateforme de blogs), que la mission de ce blog - faire prendre conscience du caractère injuste et dangereux de l'accumulation de dette publique - est en passe d'être accomplie. Il aura fallu que la plus grave crise financière depuis 1929 conduisent nos voisins d'Europe du Sud dans le mur, puis le retour à la réalité des socialistes après leur retour au pouvoir, pour que l'opinion publique française semble enfin convaincue de la nécessité du retour à l'équilibre des finances publiques et qu'après avoir augmenté drastiquement les impôts, il faut maintenant rééquilibrer l'effort avec des baisses de dépenses publiques.

Cet article de l'expansion, par exemple, ainsi que les commentaires laissés à sa suite, me laissent de l'espoir que des actions fortes en ce sens pourront, et devront, maintenant - enfin - être menées.

Je ne prétends pas avoir initié ce changement d'opinion publique, mais si j'ai pu un peu y contribuer, via mes 25 680 visiteurs depuis décembre 2006 (date du déménagement du site sur canalblog ; chiffre hors lecteurs de mes articles publiés aussi sur AgoraVox), alors cela m'indique que je peux maintenant me consacrer à d'autres missions avec le sentiment du devoir accompli.

Je continuerai peut-être à bloguer un peu occasionnellement sur ce sujet, mais je souhaite d'ores et déjà remercier tous mes lecteurs et en particuliers ceux d'entre-vous qui ont posté des commentaires sur ce blog !

Ciao

Nono Ladette

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27 septembre 2012

Conjuguer austérité et croissance, par Nathan Lewis

Je vous invite à lire cet article, trouvé sur 24hgold, qui explique le grand écart fait par nos gouvernements entre la tentative de relance en 2009-2010 puis la rigueur imposée depuis 2011 essentiellement sous forme de hausses d'impôts (et ce n'est pas fini!) et propose une troisième voie que je préconise aussi : simplification drastique des impôts et taxes, simplification drastique de nos services et administrations publics et ainsi créer un environnement favorable aux entrepreneurs. C'est la seule voie pour se tirer par le haut de la crise dans laquelle nous sommes. Seule remaqrue de ma part sur cet article : je doute fort qu'un impôt sur le revenu proportionnel de 18% et une TVA de 12% suffisent à financier les services publics français.

 

Conjuguer austérité et croissance, par Nathan Lewis

Les dirigeants Européens disent aujourd’hui vouloir conjuguer croissance et austérité. Tout cela peut sembler bien beau mais, en réalité, ils n’ont aucune idée de comment y parvenir.

En 2008, j’écrivais que l’attitude typique des gouvernements médiocres aux problèmes économiques serait de combiner “austérité” et “stimulus.” Ce sont là exactement les termes qu’ils utilisent aujourd’hui. Ils ne sont même pas capables d’inventer de nouveaux termes et utilisent toujours les mêmes, génération après génération.


Je ne pensais pas qu’ils puissent faire mot pour mot ce que j’avais prédit.


Les gouvernements rebondissent entre stratégies d’austérité et de stimulus, et commencent finalement à découvrir qu’elles sont toutes deux vouées à l'échec.


Stimulus signifie généralement augmentation des dépenses gouvernementales. Tôt ou tard, les gens finissent par découvrir qu’il tend à favoriser le gaspillage et les capitalistes de copinage et à entraîner l’explosion de la dette du gouvernement, après quoi le système politique se tourne à nouveau vers des mesures d’austérité.


Austérité est synonyme d’une augmentation des taxes et d’une diminution des dépenses. Plus les taxes augmentent, plus on réalise que personne ne veut d’une réduction des dépenses, tout particulièrement si l’économie s’effondre en raison de taxes trop élevées. Les seules réductions de dépenses qui voient le jour tendent à aller au détriment des secteurs les plus bénéfiques à la société, alors que le gaspillage et les pots-de-vin des capitalistes de copinage continuent sans répit. L’affaissement de l’économie entraîne une baisse des recettes fiscales et le déficit gouvernemental continue de se creuser.


Le public finit après un certain temps par se plaindre du fait que les services les plus importants souffrent de réductions de dépenses, dans le même temps que le nombre de bureaucrates augmente de plus belle. Les capitalistes de copinage – aujourd’hui, les industries bancaire et militaire – reçoivent toujours des pluies de financements injustifiées. Les taxes, déjà bien trop élevées, continuent d’augmenter – comme si notre problème provenait d’une trop faible taxation ! L’économie s’effrite et le public fait entendre sa voix. En réponse, le gouvernement s’empresse de déclarer qu’il est impossible de réduire les dépenses, ne serait-ce qu’un petit peu, et se lance à nouveau dans une politique de stimulus.


Et qu’est donc le résultat de tout cela ? Plus de dépenses (dues au stimulus), et plus de taxes (dues à l’austérité), ce qui finit par laisser place à un climat économique moribond et entraîner des défauts souverains, comme nous avons pu le voir récemment.


Quelle pourrait bien être la solution à tout cela ? Que signifie conjuguer austérité et croissance ?


Je suggère une stratégie différente : une diminution des taxes (pour venir en aide à l’économie), accompagnée d’une réduction des dépenses (pour faire face au problème du déficit).


Une diminution des taxes devrait dans un premier temps prendre la forme d’une réforme de l’impôt, qui se révèlerait probablement fiscalement neutre en termes de recettes fiscales en pourcentage du PIB. En d’autres termes, il s’agirait d’une solution de type flat-tax telle qu’en ont mis en place de nombreux gouvernements au cours de ces dix dernières années et dont les résultats se sont toujours avérés positifs.


Peut-être le gouvernement ou son électorat désirerait-il même aller plus loin que cela et décide de réduire à la fois les recettes fiscales et les dépenses gouvernementales en pourcent du PIB. En revanche, une stratégie de fiscalité neutre peut, à elle seule, déjà permettre d’accomplir beaucoup.


La réduction des dépenses gouvernementales devrait se concentrer sur le maintien des services gouvernementaux les plus demandés, mais de manière plus efficace et moins coûteuse. Le nombre d’employés du gouvernement devrait être réduit jusqu’à ce qu’il suffise au maintien de ces services et leur compensation devrait être à la fois réaliste et pérenne. Certains services de santé (comme Medicare) devraient être restructurés afin d’apporter un service équivalent à moindre coût.


Les primes accordées aux capitalistes de copinage devraient être réduites ou, mieux encore, éliminées.


Pourquoi un électeur se plaindrait-il de telles mesures ? Les citoyens disposeraient d’un meilleur système de taxes et des mêmes services, et souffriraient de bien moins de gaspillage et de vol de la part de leur gouvernement. Une telle réforme du système de taxation serait bénéfique à l’économie et la réduction du gaspillage par le gouvernement libèrerait des ressources qui pourraient être redirigées vers le secteur privé productif, qui à son tour pourrait créer plus d’emplois.


Politiquement, il est bien plus simple de réduire les dépenses du gouvernement lorsque le secteur privé est en pleine expansion ou lorsqu’un meilleur système de taxation lui en offre le potentiel. Les entrepreneurs se rendront vite compte que le vent a tourné en leur faveur.


Cette stratégie n’a rien de nouveau. C’est la même que celle que Margaret Thatcher et Ronald Reagan ont tenté de mettre en place dans les années 1980.


C’est cette même stratégie qu’ont utilisé les dirigeants Japonais après la restauration Meiji en 1868. L’ancien code fiscal fut remplacé par un système minimaliste qui permit au gouvernement de tirer ses recettes fiscales d’un simple impôt foncier. Le reste de ses revenus provenait de taxes sur l’alcool.


Les dirigeants Japonais éliminèrent ensuite les bureaucrates dont ils n’avaient pas besoin en mettant en place une grande purge.


Ils introduisirent également une nouvelle devise nationale, le yen, qui fut lié à l’or et fixé à une valeur égale à celle du dollar (1/20,67e d’une once d’or).


Qu’en a-t-il découlé ? La première ère d’expansion industrielle au Japon. Aujourd’hui encore, près de 150 ans après que ces réformes aient été mises en place, le Japon demeure le seul pays ethniquement non-Européen à être considéré comme étant une économie développée.


Comment un gouvernement pourrait-il aujourd’hui mettre en place une telle stratégie ? Prenons l’exemple de la Grèce :

 

1)      Faire défaut et restructurer la dette de son gouvernement. Les erreurs du passé ont des conséquences et il est aujourd’hui nécessaire pour ceux qui les ont rendues possibles de comptabiliser les pertes. L’incapacité de la Grèce à accéder à un financement de sa dette lui sera bénéfique en termes d’implémentation de réformes des dépenses.

 

2)     Placer les banques insolvables sous administration et restructurer leurs dettes afin qu’elles puissent redevenir solvables et soient à nouveau capitalisées. Cela ne devrait rien coûter au gouvernement.


3)     Mettre en place une réforme du système de taxation en instaurant par exemple un système de flat-tax avec taux de base de 18%, et une TVA d’environ 12% (contre 23% aujourd’hui). Nul besoin de quoi que ce soit d’autre.


4)     Mettre en place une réforme des dépenses, en préservant les services les plus utiles et éliminant les dépenses inutiles, les compensations trop généreuses et toute forme d’avantage attribué aux capitalistes de copinage.


5)     Maintenir une devise stable et fiable, ce qui pourrait revenir à conserver l’euro, tout en refusant l’ingérence des autres nations Européennes dans ses affaires domestiques. L’euro pourrait un jour ne plus être stable ou digne de confiance, auquel cas une autre solution devrait être envisagée.

 

‘Dans vos rêves’, me direz-vous. Et alors ? Pour qu’un plan puisse être mis en place, avec ou sans succès, il faut déjà en avoir un. Il est clair que ma stratégie soit meilleure que le rebondissement incessant entre austérité et stimulus que semblent aujourd’hui adopter les gouvernements.


Aussi irréaliste que cela puisse paraître, le gouvernement parvient parfois à accomplir de telles prouesses. Bien souvent, il y parvient en pleine crise. D’une crise, nous en disposons aujourd’hui en Grèce. Il semble que le timing soit parfait.

 

 

 

Nathan Lewis

 

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24 septembre 2012

Pour une progressivité de la TVA

Ce matin, j'ai pris ma plume et j'ai écrit au premier ministre :

M le premier ministre,
vous réfléchissez actuellement à trouver le meilleur moyen de compenser la perte de recette pour la sécurité sociale d'une baisse des cotisations pesant sur le travail, et je m'en réjouis.
A priori, vous privilégiez une augmentation de la CSG, taxe proportionnelle, car la TVA est perçue comme une taxe dégressive, dont le taux serait plus faible pour les riches que pour les pauvres.
Je ne sais pas si c'est exact (il me semble que les produits de première nécessité sont taxés à 5,5% ou moins alors que les produits de loisirs sont à 19,6%), mais je vous propose de la rendre nettement progressive. Par exemple en éxonérant de TVA tous les biens de première nécessité (aliments frais, énergie de base, transports collectifs) ainsi que les produits verts et en augmentant à au moins 25% le taux normal sur les autres produits, comme dans les pays Nordiques.
Par rapport à la CSG, la TVA a l'avantage de ne pas peser directement sur les revenus : elle correspond à une sorte de dévaluation compétitive qui nous est absolument nécessaire, alors que nos voisins ont fait de considérables efforts qui ont réduit notre compétitivité relative, si on veut éviter une baisse des salaires en France.

Cordialement

On verra s'il la lit...

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01 août 2012

Super Mario Draghi bluffe-t-il ?

 

Super Mario Draghi est de retour. Il lui aura suffi de deux petites phrases et d'un ton un peu martial - "Dans le cadre de son mandat, la BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant"-, pour faire rebondir les bourses, réduire les taux d'intérêt à long terme de l'Espagne et l’Italie et renforcer le cours de l'euro. Reste à savoir ce que la Banque centrale européenne va vraiment faire, car son gouverneur n'a rien dit de précis. Or si les attentes sont nombreuses, Mario Draghi n'est évidemment pas prêt à toutes les satisfaire. Pas moins de six moyens d'action sont en débat pour résoudre la crise. Pourrait-il y recourir?

 

1/ Réduire les taux directeurs et débloquer des liquidités

  • Facilité 5/5 : la BCE l’a déjà fait
  • Efficacité 1/5 : si les banques prêtent peu, c’est parce que la demande de crédit des entreprises et des consommateurs est faible et que les banques sont prudentes, pas parce que les taux directeurs sont hauts
  • Probabilité et timing : Au vu de ses déclarations de la semaine dernière, la BCE devrait annoncer au minimum des mesures dans ce sens dès jeudi 2 août avec une baisse du taux de base de 0,25 points et un nouveau LTRO (Long Term Refinancing Operation) avec des conditions assouplies.

 

2/ Renforcer la surveillance bancaire

  • Facilité 4/5 : C’est une des avancées qui a fait l’unanimité lors du sommet des 28 et 29 juin : la mission de surveillance des banques européennes sera donnée à la Banque Centrale Européenne. Elle pourra ainsi décider de recapitaliser les banques qui en ont besoin.
  • Efficacité 2/5 : Ceci réduira le risque de faillite des banques et donc écartera le risque d’un « bank run » européen. Néanmoins, ce ne sera pas suffisant pour résoudre la crise européenne.
  • Probabilité et timing : A moins d’une catastrophe, il faudra du temps (6 mois, 1 an ?) avant que les politiciens s’accordent sur les modalités de son fonctionnement.

 

3/ Restructurer les dettes publiques

  • Facilité 2/5 : fait pour la Grèce après 2 ans de négociations
  • Efficacité 3/5 : cela a l’avantage de faire face à la réalité. Mais celle-ci est tellement dure à admettre que les Etats (et entreprises et consommateurs et électeurs) endettés vont préférer poursuivre autant que possible la fuite en avant : attendre de voir si les mesures prises précédemment sont suffisantes pour résoudre la crise et/ou étaler ce retour à la réalité dans le temps en monétisant la dette, c’est-à-dire la diluer dans une inflation élevée sur le long-terme via la création de monnaie ex-nihilo (à partir de rien) par les banques (centrales ou privées).
  • Probabilité et timing : Une deuxième restructuration de la dette grecque, impliquant cette fois les créanciers publics, constatant une perte de l’ordre de 100 milliards d’euros sur l’argent prété depuis 2 ans, sera probablement inévitable dans les mois qui viennent. Elle pourrait s’assortir d’une sortie de la Grèce de la zone Euro.

 

4 / Racheter des titres d’emprunt d’état sur le marché secondaire

  • Facilité 4/5 : elle l’a déjà fait mais cela plaît peu aux orthodoxes allemands car cela réduirait les incitations pour ces pays de restructurer plus profondément leur administration et autres réformes.
  • Efficacité 2/5 : Cela bénéficie aux banques qui ont l’option de revendre leurs titres plus facilement, et donc indirectement aux Etats qui empruntent. Mais cela n’a pas réglé la crise jusqu’ici.
  • Probabilité et timing : Au vu de ses déclarations de la semaine dernière, la BCE pourrait annoncer des mesures dans ce sens dès jeudi 2 août. Ou alors son annonce de la semaine dernière était du bluff (ce sur quoi je parie) et il annoncerait qu’elle les prendra si nécessaire / si les taux réclamés par le marché à l’Italie et l’Espagne dépassent un certain seuil / si le FESF est activé. La BCE peut-elle prendre une décision à une majorité alors que l’Allemagne fait partie de la minorité qui la refuse ? Réponse jeudi.

 

5 / Racheter des obligations d’entreprises sur le marché secondaire

  • Facilité 4/5 : La BCE pourrait choisir cette fois-ci de financer directement l’économie privée, ce qui n’est pas interdit par ses statuts. Il sera seulement délicat de choisir quelles entreprises financer sans en favoriser certaines.
  • Efficacité 3/5 : L’efficacité de cette mesure est pour l’instant inconnue mais pourrait être supérieure au financement indirect via les titres d’états détenus par les banques.
  • Probabilité et timing : La probabilité est faible car ce n’a jamais été fait. Mais, au vu de ses déclarations de la semaine dernière, la BCE pourrait annoncer des mesures dans ce sens dès jeudi 2 août ou annoncer qu’elle les prendra si nécessaire / si les taux réclamés par le marché à l’Italie et l’Espagne dépassent un certain seuil / si le FESF est activé.

 

6/ Accorder une licence bancaire au MES pour qu’il achète des titres d’emprunt d’état sur le marché primaire = finance l’Espagne et l’Italie à taux faible

  • Facilité 1/5 : Il me semble que ceci est la ligne rouge que les allemands ne franchiront JAMAIS, même sous une menace immédiate de défaut ou sortie de l’euro d’un grand pays, car cela signifierait signer un chèque en blanc à tous les mauvais payeurs d’Europe pour l’avenir !
  • Efficacité 3/5 : les pays bénéficiaires resteraient dans la zone euro et ne feraient pas défaut. En réduisant ces risques qui a court-terme paralysent les investisseurs, cela pourrait relancer la croissance. Mais ce serait une monétisation des dettes : l’inflation ferait fondre les économies des épargnants et les taux d’emprunt des pays d’Europe seraient nivelés pour le long-terme à taux élevés.
  • Probabilité et timing : Je pense que l’Allemagne préfèrera sortir de la zone Euro plutôt qu’accepter cela. C’est contraire à ses principes les plus fondamentaux. La France n’y aurait pas intérêt non plus d’ailleurs, car l’Etat français aurait encore plus de mal à boucler ses comptes avec des taux plus élevés.

 

En fait, il n’y a qu’un résultat qui sera de nature à résoudre la crise européenne : que les comptes nationaux - soldes publics et soldes extérieurs (exportations - importations) - redeviennent excédentaires dans tous les pays d’Europe du Sud où ils ont été excessivement déficitaires dans le passé. Ce n’est évidemment pas facile. Ce sera atteint par une restructuration plus profonde des administrations publiques et une hausse des taxes sur le revenu et la consommation. Un plan de relance budgétaire en Europe du Nord contribuerait aussi (avec l’objectif que tous les pays convergent vers un déficit public de 3% en 2014, puis vers 0% tous ensemble trois ans plus tard, au lieu de l’objectif officiel de 0% dès que possible).

 

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29 juin 2012

Accord européen historique !

Il aura fallu que Mario Draghi, le seul dirigeant du sud de l'Europe crédible aux yeux d'Angela Merkel, lui fasse réaliser que la zone Euro allait exploser si elle ne faisait rien, pour qu'elle signe un accord historique : les Etats du sud acceptent que l'Allemagne supervise désormais la gestion de leurs comptes publics en échange de prêts à des taux raisonnables du FESF (garanti par l'ensemble des Etats européens, en premier lieu l'Allemagne bien-sûr).
 
On a donc fait un pas intelligent, à la fois vers plus d'intégration et de coordination bancaire et budgétaire en Europe et vers une mutualisation modérée des dettes, le FESF se substituant aux marchés financiers pour préter aux Etats.
 
"Nous n'avons pas dévié de notre schéma antérieur: prestations, contreparties, conditionnalité et contrôle" a déclaré Angela Merkel. Qu'est-ce que cela signifie ?
  • Prestations : le FESF va prêter aux Etats en difficulté à un taux raisonnable
  • Contrepartie & Conditionnalité : ces Etats vont mettre en oeuvre les mesures que l'Allemagne juge appropriées (réformes du marché du travail, des retraites...)
  • Contrôle : les créanciers (comme l'Allemagne) doivent pouvoir vérifier que ces mesures sont bien mises en place
Concrètement, la porte est maintenant ouverte à des émissions spéciales de l'Espagne et l'Italie, entre autres, auprès du FESF, pour couvrir tout ce que le marché ne lui prête pas à un taux raisonnable (disons inférieur à 5%). C'est un premier pas vers une monétisation de ces dettes : il y aura plus d'euros en circulation. Mais comme il n'y a pas de croissance en Europe, ceci alimentera l'inflation et cela permettra peut-être d'éviter le défaut de l'Espagne.
 
 
Voici précisément ce qu'a dit Angela Merkel ce vendredi 29 juin au matin sur les prêts aux Etats du sud :
 
D'éventuels achats de dette souveraine de pays en difficulté par les fonds de soutien de l'Union européenne devront être soumis à des conditions imposées aux pays concernés, a déclaré vendredi la chancelière allemande, Angela Merkel.

«Nous avons pris d'importantes décisions la nuit dernière», a déclaré Angela Merkel. «Premièrement, nous nous sommes mis d'accord pour que, si des pays ont besoin que les mécanismes du FESF et du MES achètent des obligations sur le marché primaire ou secondaire, des conditions soient mises en place comme suit: le rapport national sera présenté à la Commission et sur cette base, nous conclurons un protocole d'accord dans lequel figurera un calendrier.»

«La 'troïka' EU-FMI assurera ensuite la supervision, comme c'est toujours le cas avec le FESF et le MES, afin que les conditions soient respectées.»
 
«Cela serait le cas si l'Espagne ou l'Italie, au vu de la charge de leurs intérêts, avaient recours à de tels instruments», a poursuivi la chancelière.

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03 mai 2012

Sans croissance (inflationniste), point de salut !

Le choix du vote pour le second tour est difficile pour beaucoup d'entre nous. Ne pas choisir ? Choisir une personne ? Choisir un programme ? Faire confiance ? Je souhaite partager avec vous quelques réflexions.

Sur la dette, il faut faire face à la réalité : l'austérité atteint ses limites. En contractant soudainement la demande dans toute l'Europe, ces plans ont entraîné le retour d'une récession (illustrée par le retour sous la barre des 50 points de l'indice PMI manufacturier), en particulier en Europe du Sud, qui rend proportionnellement encore plus insoutenable la dette accumulée. Rendons-nous à l'évidence : l'Espagne, aussi bien les banques privées que l'Etat, "victime" de l'explosion de sa bulle immobilière et d'une accumulation extraordinaire de déficits extérieurs, ne pourra pas rembourser la totalité de sa dette. Elle fera un défaut partiel, peut-être pas de 75% comme la Grèce, mais beaucoup plus important en valeur pour les banques européennes.

La Banque Centrale Européenne a déjà sorti son "bazooka" : des prêts de 1000 milliards d'euros aux banques européennes pour re-financer l'économie. Mais, si cela a ralentit la chute, cela n'a pas permis le rebond espéré et dès que l'économie n'est plus soutenue, elle s'essoufle.

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Face à cela, quelles pourront être les solutions pour rebondir ? S'il n'y en a pas, une importante force depressive causera la chute des dominos (Italie, puis France, puis Allemagne...) les uns après les autres. Les autres Etats européens ou le FMI pourraient intervenir en venant prêter à l'Espagne via le Mecanisme Européen de Stabilité. Mais il n'est pas sur qu'ils aient la solidité et la force frappe suffisante.

Il ne reste plus qu'une seule solution, monétaire : la Banque Centrale Européenne devra créer des euros, "faire tourner la planche à billets", pour investir dans des projets d'infrastructure et aussi racheter des devises étrangères pour faire baisser le cours relatif de l'euro. Ainsi, grâce à l'inflation, les dettes contractées deviendront relativement soutenables. Certes, tous les produits importés deviendront plus cher et notre pouvoir d'achat sera globalement réduit (c'est inévitable) mais notre balance commerciale pourra se rétablir et nos emplois être sauvés. C'est la manière la moins brutale de s'en sortir.

Il faut donc pour cela faire plier le consensus allemand (selon lequel la croissance ne peut venir que de la modération des salaires et de la facilitation des licenciements pour les entreprises) et changer les statuts de la Banque Centrale Européenne, lui donnant la mission additionnelle de favoriser la croissance et le plein emploi en plus de la stabilité monétaire. Cela n'a rien de révolutionnaire, c'est simplement ce que font les banques centrales de référence (Etats-Unis, Royaume-Uni, Suisse...) et on se demande bien pourquoi la BCE ferait exception. C'est la bataille que François Hollande propose de mener.

Par ailleurs, je suis convaincu qu'il n'appliquera pas ses promesses les plus à gauche, comme créer 60000 postes dans l'éducation (il s'arrêtera après 12000 la première année à cause du déficit) et le retour de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans sera limité à des cas très rares. Il ne gouvernera pas beaucoup plus à gauche que Sarkozy ces dernières années.

Ajoutez à cela l'ignoble haine des étrangers manifestée par le "candidat sortant" pour ratisser sur les terres de Le Pen et voilà, mon choix est fait pour dimanche.

Bon vote à tous.

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21 avril 2012

Comparatif des programmes : Nonaladette contre les candidats

Je reprends le modèle du dossier "le comparatif des programmes" publié par le Monde dans son édition du Mardi 17 avril. Sur chaque thème, je préciserai quel candidat (parmi Bayrou, Hollande, Le Pen et Sarkozy) est le plus proche de ce que je souhaite.

  • Réduction des déficits, combien :

Programme : que ceux qui ont creusé la dette la remboursent ! Traduction : ramener la dette publique à son niveau d'il y a 30 ans (env 30% du PIB) en 20 ans. Ceci suppose un retour à un excédent significatif sur longue période (donc un excédent de 3% du PIB les bonnes années) en lieu et place de l'actuel déficit de 5%. Les comptes publics doivent revenir en éxcédent dès 2014.

Candidat proche : Bayrou, même s'il ne veut faire que 60% de l'ajustement que je souhaite. A l'opposé, Sarkozy prétend que les mesures qu'il a déjà prises suffiront pratiquement et Hollande qu'il suffit de faire payer un peu les riches. Pour ces deux affirmations, je n'ai qu'un commentaire : "bullshit" !

  • Réduction des déficits, comment :

Programme : Alignement des taux de TVA sur les pays nordiques : taux normal 25%, taux réduit de 9% limité à des produits de première nécessité, culturels et verts (nourriture, livres, vélos, premiers x kwh des factures d'énergie...) applicables au 1er juillet 2013 (l'anticipation de hausse des prix boostera la demande d'ici là). Avantages : effort limité pour chacun car réparti sur tous les acteurs de la société : hausse partiellement absorbée/répercutée par les entreprises, contribution des produits importés au financement public, pression à la hausse sur les salaires, hausse du PIB nominal et baisse relative de la dette publique.

Réduction des dépenses publiques via une hausse considérable de la productivité des services publics (plus de transparence dans les dépenses publiques, utilsation des technologies récentes pour une dématérialisation et simplification accélérée des procédures, RGPP renforcée, suppression des doublons et des services publics qui ne peuvent justifier leur ratio efficacité/coût, rôle des associations dans les services publics renforcé...). Une fois que cette réduction permet d'atteindre un excédent de 3% du PIB, on commencera à diminuer les cotisations sociales pour favoriser l'emploi.

Candidat proche : 1/ Bayrou, seul a proposer d'augmenter la TVA pour réduire les déficits. 2/ Sarkozy, qui propose l'augmenter la TVA mais en réduisant les cotisations sociales immédiatement, ce qui ne réduira pas le déficit.

 

  • Règle d'or dans la constitution : Oui bien-sûr, comme Bayrou et Sarkozy.
 
  • TVA sociale : oui comme décrit ci-dessus, mais en deux temps. Candidat proche : Sarkozy
 
  • Réforme fiscale : Fusionner CSG et Impôt sur le Revenu pour en faire un grand impôt progressif individualisé. Suppression du quotient familial compensée par la hausse des allocations familiales et surtout des services publics à la petite enfance (places en crèche et garderie avec des horaires compatibles avec la vie professionnelle des parents) : l'aide de l'Etat aux familles ne doit pas être plus élevée pour les familles les plus riches, c'est un comble ! Revenus du capital taxés comme revenus du tavail (y compris suppression du PEA qui encourage la spéculation non imposable à court-terme sur les actions). Candidat proche : Hollande. 

 

  • Taxe carbone : pas sur la production (on ne peut pas taxer les usines françaises plus lourdement que les chinoises) mais la consommation des produits polluants (taxe spécifique ou TVA plus élevée). Harmonisation européenne, puis hausse régulière des taxes sur les carburants, taxe modérée sur tous les vols aériens en Europe. Candidat proche : Bayrou.

 

  • Chômage : Exonération de charges pendant deux ans pour le recrutement d'un chômeur par les PME. Développer l'apprentissage et l'alternance au lieu des stages pour que les entreprises contribuent à la formation des jeunes au lieu d'en abuser. Candidat proche : Bayrou.

 

  • Fléxibilité du travail : Favoriser la réduction individuelle du temps de travail décidée par les salariés, via la progressivité de la CSG intégrée à l'IR et des négociations au niveau branche et entreprise dans les limites fixées par la loi. Candidat proche : Sarkozy.
 
  • Formation : soutenir les enfants en difficulté, revaloriser les filières professionnelles pour réconcilier formations de jeunes et besoins des entreprises, renforcer la formation continue. Candidats proches : un peu tous : match nul.

 

  • Lutte contre la pauvreté : Logements sociaux réservés aux familles très pauvres et/ou en situation de détresse (SDF, logement insalubre, violences familiales...) et rapprochés des services publics de réinsertion. Vente au prix du marché ou réalignement des loyers sur le prix du privé en 5 ans pour les autres ménagent occupant des logements sociaux. Réfléchir à l'instauration d'une allocation universelle en lieu et place de toutes les allocations sociales conditionnées (allocations familiales, logement, bourses, RSA, PPE...) et qui nécessitent des millions de fonctionnaires pour fonctionner. Candidat proche : aucun !

 

  • Santé : Hausse de la productivité des services de santé grâce à de meilleus appareils de mesure connectés (à l'hopital et à la maison). Supression du numerus clausus des médecins. Candidats proches : Bayrou et Hollande.

Résultat du match :

Bayrou : 6 points

Sarkozy : 3,5 points

Hollande : 2 points

Le Pen : 0 points

Vous savez donc pour qui je voterai au premier tour. Et pour qui je vous invite à voter.

Pour le deuxième tour, tout reste ouvert. Je pense que Bayrou ne soutiendra jamais Sarkozy. Par contre, il pourrait négocier avec Hollande son soutien implicite ("j'appelle à voter contre Sarkozy") contre une "centrisation" du programme socialiste (réduction plus rapide du déficit, abandon des mesures extrémistes type 75% d'impôt et embauche massive de fonctionnaires, etc) qui arrangerait d'ailleurs ce dernier car son programme est inaplicable vu l'état des finances publiques. Bayrou serait donc pour Hollande une bonne excuse pour revenir à la réalité. 

Enfin, si j'étais candidat à l'élection présidentielle, j'aimerais ajouter, dans le domaine économico-environnemental, de grands projets pour relancer l'Europe, financés par emprunt. Et en particulier la conception puis la construction du meilleur réseau de transport possible pour le XXIe siècle pour les marchandises et les personnes (rapide et consommant peu d'énergie), en combinant les savoirs de la logistique, de la physique et de l'informatique. Cela pourrait prendre la forme, par exemple, d'un réseau de tunnels sous vide qui transporterait des véhicules sans chauffeur à travers l'Europe à 1000Km/h.

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16 avril 2012

Déficits des candidats

Cer article aurait pu être sur leur déficit de réalisme, de vérité, de crédibilité.

Mais je vais juste partager un lien vers un article du Monde avec des graphiques montrant les projections de déficits et dette publics des trois principaux candidats (désolé pour Mélenchon et Le Pen).

 

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07 février 2012

Création et partage des richesses

Création et partage des richesses
Par Jérémie T. Rostan

Source : http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-creation-et-partage-des-richesses.aspx?article=3797817410G10020&redirect=false&contributor=J%C3%A9r%C3%A9mie+T.+Rostan

Tout le monde rêve d’un système idéal dans lequel la création de richesses serait incitée par les récompenses qu’elle offrirait  tout en assurant qu’elle bénéficie à la communauté entière, et notamment aux plus pauvres. Or, ce miracle existe : c’est l’économie de marché. L’intervention gouvernementale, elle, ne fait qu’enrayer son mécanisme. 

 

Ludwig von Mises faisait ainsi remarquer que le capitalisme, loin d’être une jungle où les plus forts prospèrent aux dépens des plus faibles, constitue un gigantesque système d’externalités positives, au sens où la population générale bénéficie gratuitement de la recherche concurrentielle de profits par les entrepreneurs. 

 

Depuis l’essor de la libre entreprise au XIXº siècle, les salaires réels ont été démultipliés, et cela pour un temps de travail diminué, et une population accrue. Les biens de consommation se sont constamment diversifiés et démocratisés, améliorant la qualité de la vie. Une vaste classe moyenne est apparue, qui regroupe désormais l’essentiel de la population, et la pauvreté d’aujourd’hui n’exclut pas un confort inconnu aux plus riches d’alors : eau courante et électricité, télévision et automobile, lave-linge…

 

Mais, comment les travailleurs d’aujourd’hui peuvent-ils être à ce point plus productif qu’il y a deux siècles ? Rien d’autre que le fait que leurs services aient été toujours mieux mis à profit. 

 

Notre niveau de vie – s’il dépend évidemment pour partie de nos efforts, tient avant tout à un phénomène qui nous dépasse. En effet, nous bénéficions du fait que ceux qui cherchent à faire des profits ont besoin, à cette fin, d’améliorer sans cesse la productivité du travail qu’ils nous achètent pour produire des marchandises de qualité croissante à des coûts décroissants.  

 

Le livreur de chez Domino’s n’est pour rien dans l’idée même du service qu’il offre, non plus que dans la constitution ni la gestion si complexe des capitaux que, sans le savoir, il met en mouvement. Et le client n’est pour rien non plus dans le fait qu’il puisse, pour si peu, mobiliser tant de ressources et s’offrir un tel dîner. 

 

Beaucoup croient encore que les capitalistes « exploitent » leur monde, les travailleurs ne recevant qu’une partie du produit de leur travail, le reste étant indûment accaparé sous la forme de profits. Mais, c’est l’inverse qui est vrai : ce sont ceux qui poursuivent le profit qui n’en bénéficient que marginalement. En rendant le travail plus productif, les entreprises mieux organisées, les produits moins coûteux et de meilleure qualité, ils sont le moteur d’un enrichissement qu’ils doivent partager pour que les fruits leur en reviennent. 

 

Mieux encore, cet effort des plus aptes à la création de richesse profite nécessairement le plus à ceux qui y sont le moins habiles par eux-mêmes. 

 

À moins qu’il ne soit extrait par la force publique, tout enrichissement est ainsi, d’une manière ou d’une autre, et malheureusement de moins en moins perceptible à mesure que l’activité économique se complexifie, à la fois mérité et partagé.

 

C’est pourquoi la taxation des plus riches, c’est-à-dire de ceux qui produisent le plus de richesses, ainsi que des entreprises qu’ils font prospérer, se fait à terme aux dépens de ceux qui bénéficient des emplois qu’elles créent, de la productivité qu’elles élèvent via des investissements plus nombreux, et des revenus réels qu’elles augmentent grâce à une hausse de la production.   

 

Jérémie Rostan enseigne la philosophie et l'économie à San Francisco. Il est l'auteur, en plus de nombreux articles pour mises.org et le quebecois libre, de guides de lecture aux travaux de Condillac et de Carl Menger, ainsi que d'un ouvrage , Le Capitalisme et sa Philosophie, et de la preface a la reedition de l'ethique de la liberte de Rothbard (Belles Lettres)

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03 février 2012

Revoluzione ! Mario Monti réforme l'Italie à grand pas

J'aime ce commentaire de Gaspard Koenig :

http://www.atlantico.fr/decryptage/mario-monti-liberalisation-italie-explosion-rentes-privileges-economie-gaspard-koenig-272304.html?page=0,0&google_editors_picks=true

Conséquence, la récession que l'Italie va connaître en 2012, causée par les plans de rigueur adoptés fin 2011, sera suivie par une croissance forte grâce à cette libéralisation. Et dès 2013 les comptes publics seront en excédent et le pays commencera à réduire sa dette.

La crise de la dette publique Italienne serait-elle déjà finie ? Il semblerait : les investisseurs ne demandent plus que 3% pour préter à l'Italie à 2 ans contre plus de 7% il y a 2 mois.

2012-02-03 12h19_04

 

Pour autant la crise de la zone euro dans son ensemble n'est pas finie car le Portugal pourrait faire défaut comme la Grèce : les investisseurs réclament près de 20% pour lui préter à 2 ans !

2012-02-03 12h23_21

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01 janvier 2012

Voeux 2012

Chers lecteurs,

Je vous adresse mes meilleurs vœux pour 2012 !

La santé, le bonheur d’être parmi vos proches, voici ce que je peux vous souhaiter de bon cœur. Par contre pour le pouvoir d’achat des français, 2012 sera sûrement l’année du retour à la réalité. Le budget de cette année est le premier depuis des décennies qui commence à le réduire nettement : réduction des dépenses de santé, réduction des prestations sociales réelles (augmentation inférieure à l’inflation), hausse de l’impôt sur le revenu et sur la fortune (via le gel discret des barèmes nominaux), hausse de la TVA d’1,5 points sur de nombreux produits et services, suppression du prêt à taux zéro dans l’ancien, suppression de la niche fiscale Scellier, contribution exceptionnelle des hauts revenus, hausse de l’impôt sur les sociétés (temporaire) et hausse du prélèvement sur les plus-values (de 19% à 24%).

Et ce n’est que le début. Le gouvernement l’a avoué : l’effort nécessaire est de "100 milliards d'euros pour arriver à 0 déficit en 2016". Il ne faut pas s’attendre à ce que la réduction des déficit publics vienne d’une croissance miracle. Il faut les réduire même si (et surtout si) la croissance est faible. Quand le retour à la réalité sera terminé, notre pouvoir d’achat aura baissé d’environ 20% par rapport au niveau de 2010, sachez-le.

A partir de là, on pourra retrouver le chemin d’une croissance moyenne et d’une baisse du chômage, car les coûts du travail en France seront rapprochés de la valeur ajoutée de ce travail, la valeur créée par la production en France. En fait, pour retrouver le chemin de la croissance, c’est simple : il faut produire plus. Des produits industriels dans nos usines, oui mais pas seulement. Produisons plus de produits et services du XXIe siècle : des jeux vidéos, des applications mobiles, des livres…


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02 novembre 2011

La Banque Centrale Européenne bientôt en faillite ?

Le référendum surprise que Papandreou va soumettre au peuple grec fait soudain ressortir un scénario qui avait pourtant été écarté il y a une semaine : un défaut brutal et unilatéral de la Grèce. Dans ce cas, toutes les institutions qui ont prêté de l'argent à la Grèce pourraient perdre 100% de leurs créances. Or, la Banque Centrale Européenne (BCE), qui a des capitaux propres de 81 Mds€, détient directement au moins 50 Mds€ de dette grecque. Par ailleurs, elle a aussi prêté des liquidités à des banques grecques... avec pour garantie de la dette publique grecque pour 145Mds€ (source Obliginvest) ! Si ces titres perdent toute leur valeur la BCE serait donc en faillite virtuelle. Pour qu'elle puisse continuer à fonctionner elle aurait deux options (comme le décrit Les Echos), qui une fois de plus diviseraient l'Europe : soit être recapitalisées par les Etats (ce que l'Allemagne favorisera), soit créer de la monnaie (ce que les pays surendettés privilégieront). Encore une fois, ce serait une lutte entre les vieux épargnants et les jeunes endettés !

Qui gagnerait à votre avis ?

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28 octobre 2011

La zone euro sauvée ?

Chers lecteurs,

J’espère que vous aussi, à la lecture de mon article du 7 octobre « Crise de la dette : le pire n’est pas certain » qui, alors que le CAC40 cotait 2800 points, dévoilait le scénario optimiste qui s’est en grande partie réalisé depuis. Le CAC cote maintenant 3400 points, soit une hausse de plus de 20% ! Il est maintenant temps de prendre ses bénéfices.

Que s’est-il passé ces trois dernières semaines ?

Comme prévu, les représentants des banques européennes, pressés par le couple franco-allemand, ont accepté de prendre leurs pertes sur l’essentiel de la dette grecque avec une décote de 50% de la valeur faciale et un décalage dans le temps des remboursements (soit une décote supérieure à deux tiers en valeur actualisée). Chose intéressante : la dette rachetée par la Banque Centrale Européenne ne devrait elle pas subir de décote à ma connaissance. C’est important car cela veut dire que les états – qui auraient dû recapitaliser la BCE si elle avait subi des pertes importantes – ne sont pas floués par cet accord, au contraire des banques, c’est rare ! Ils ont aussi accepté d’augmenter le capital des banques, soit en faisant appel à des fonds (publics ou privés), soit en conservant une part accrue de leurs bénéfices en réserve (c’est le cas des banques françaises). Les niveaux de capital exigés seront en principe suffisants pour couvrir le défaut grec bien-sûr, mais aussi la décote potentielle sur les dettes portugaises, espagnoles et italiennes. S’ils sont atteints, ils protègeraient donc le reste de l’Europe d’un effet de contagion et de chute des dominos. De plus, l’effet de levier et la fonction d’assurance attribuée au Fonds Européen de Stabilité Financière permettront aux pays européens de trouver plus facilement des financements. Il n’y aurait donc plus d’obstacle à ce que la croissance de l’économie et des profits des entreprises reprennent ses droits. C’est ce que les marchés ont acheté ce jeudi en portant les actions dans leur ensemble en hausse de plus de 6%, et même 20% pour les banques françaises.

Après l’euphorie

Pour autant, doit-on enfin considérer que la crise de la dette est derrière nous et que tous les problèmes sont réglés, comme les marchés l’on déjà fait à tort lors de la création du fonds de stabilisation le 10 mai 2010 : +10% pour le CAC40 entre le 7 et le 12 mai 2010 , puis –11% entre le 12 et le 25 mai ; et surtout lors du second plan de sauvetage de la Grèce le 21 juillet 2011 : +4% entre le 19 et 22 juillet, puis -27% les deux mois suivants) ? Plusieurs risques perdurent. Tout d’abord, les détails de la participation « volontaire » des banques ne sont pas connus. En coulisses, ils pourraient préparer des subtilités en leur faveur que le grand public ne pourra jamais comprendre (relatifs à quels titres sont pris en compte dans le calcul du ratio de fonds propres, à la fois en tant que capital et en tant que dette pondérée). Ensuite, vous remarquerez que l’accord a été signé par les représentants des banques, pas par toutes les banques. Pour entrer en vigueur, il faut qu’au moins 80% des banques détentrices de dette grecque acceptent de prendre leur perte. Ce qui veut dire que près de 20% des banques peuvent refuser cet accord et ainsi continuer d’espérer recevoir 100% des créances prévues. Et quelque chose me dit que plus de 20% des banques voudront faire partie de ces 20% ! Ceci pourrait conduire à l’échec de cette négociation et à un défaut plus brutal décrété par la Grèce.

Enfin, un des risques majeurs est que les conditions économiques et politiques ne permettent pas de réduire la dette publique restante en Grèce mais aussi au Portugal, en Espagne, en Italie, en France et aux Etats-Unis pour ne citer qu’eux ! Hormis la décote grecque, l’accord Européen du 26 octobre n’a en réalisé fait que poser une perfusion (de plus) à un malade : le mal (la dette) est toujours là ! Tant que les déficits publics n’auront pas été résorbés (par la hausse de la productivité des services publics et par la croissance, les deux vont ensemble), les perspectives de croissance resteront très faibles et les risques d’insoutenabilité de la dette très forts.

L’Europe a aussi une autre option pour rendre sa dette soutenable : augmenter artificiellement les recettes publiques futures nominales par de l’inflation. Il faudrait pour cela changer le mandat de la Banque Centrale Européenne, qui s’est auto-fixé l'objectif unique d'une inflation légèrement inférieure à 2%, en objectif de 3% à moyen-terme et en y ajoutant la croissance et l’emploi comme la Reserve Federale américaine. Mais pour cela, il faudrait que les jeunes endettés reprennent le pouvoir politique sur les vieux épargnants qui nous ont floués.

Aux urnes, citoyens !

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19 octobre 2011

Comment recapitaliser les banques françaises

L'idée de recapitaliser les banques européennes est maintenant assez largement acceptée par les responsables européens qui vont préciser comment ils comptent faire ce weekend lors du sommet européen de Bruxelles.

Mais de combien les banques françaises ont-elles besoin ? Quel est l'enjeu ? Vous savez qu'une banque peut prêter de l'argent qu'elle n'a pas... avec une certaine limite. En effet si les emprunteurs ne remboursent pas la totalité de leur dette et que la banque n'a aucun matelas de sécurité, elle fait faillite. Il est donc communément admis par la communauté financière (via les règles de Bâle III) qu'une banque ne doit pas prêter plus de 11 fois ses capitaux propres, ou dit autrement en renversant la fraction, que ses capitaux propres doivent être d'au moins 9% de ses engagements. Et les banques françaises en sont particulièrement loin, comme le montre Jean-Pierre Chevallier dans un récent article.

Pou respecter les normes bancaires, la Société Générale devrait multiplier par 4,5 ses fonds propres, c'est-à-dire les augmenter de 80 milliards d'euros (!), la Banque Postale par 3,2 (+10 milliards "seulement"), le Credit Agricole par 3 (+92 milliards d'euros!) et la BNP par 2,5 (+100 milliards !!). Ces montants sont collossaux ! Cela correspond aux recettes de l'Etat français sur une année ! Et c'est très largement supérieur à la collecte brute en assurance vie sur une année (217,3 milliards en 2010). Si les banques faisaient appel à l'épargne privée, ce serait soit une ponction dévastatrice sur l'argent en circulation dans l'économie, soit une prise de contrôle des banques françaises par les fonds souverains du Qatar et de Singapour par exemple, ou par des méchants hedge funds anglo-saxons.

Cela se fera donc essentiellement par hausse des dettes publiques, nationales ou via le FESF, afin d'être neutre sur l'économie à court-terme. Cela se fera probablement sur des montants inférieurs, car les banques et l'Etat continueront d'abuser d'artifices pour prétendre que leurs capitaux propres sont supérieurs à ce qu'ils sont (en conisdérant des prêts comme des capitaux propres). Néanmoins, il faudra bien rembourser ces dettes et cet apport ne créera pas de richesses nouvelles, il corrigera juste les erreurs du passé. On comprend ainsi quel numéro d'équilibristes les politiques vont devoir jouer, à quelques mois d'élections majeures, pour faire passer la pilule sans que le peuple ne se rende compte de la baisse de pouvoir d'achat qui l'attend indéniablement ! Bon courage !

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12 octobre 2011

Fiscalité : mon programme pour 2012

Oui je sais je ne suis pas un politicien, mais l'avatange d'avoir un blog c'est qu'on peut y écrire ce qu'on veut et se prendre pour qui on veut, alors pourquoi pas?

Les priorités qui devraient être celles de notre futur président sont à mon sens :

1/ Ramener le taux de chômage a un niveau acceptable (<7%)

2/ Maximiser le pouvoir d'achat par heure travaillée à long-terme (pour que chacun puisse choisir soit d'être plus riche soit de travailler moins)

Ces deux objectifs on en commun de nécessiter la création d'emplois par des entreprises (de préférence qualifiés et bien payés pour le 2e cas). Comment encourager cela ? La fiscalité a un grand rôle a jouer. Une baisse des prélèvements ? Certes cela attirerait des entreprises mais cela nécessiterait une baisse des dépenses publiques pour ne pas creuser le déficit, c'est donc un autre sujet. En raisonnant à services publics inchangés, on peut encourager des créations d'emplois à travers de la simplicité, du sens politique et du sens économique. 

De la simplicité

En remplacement des prélèvements actuels qui pèsent sur le travail (en résumé on part d'un salaire brut en plus duquel l'employeur paie 48% mais dont on ne touche que 76% en raisons des charges sociales diverses et variées, mais il faut ensuite retrancher l'impôt sur le revenu l'année suivante en déduisant les niches fiscales pour investissements immobiliers, la femme de ménage et la nounou et encore je simplifie grandement la réalité...), je propose de réduire le nombre d'impôts et taxes existants et de ne conserver que les suivants : impôt sur les revenus (remplaçant l'actuel impôt sur le revenu, les taxes sur les plus values et l'ensemble des charges sociales) avec prélèvement à la source. Pour les aides à domicile, on paierait un montant net et l'employé recevrait un complément de revenu de l'Etat (type RSA). Et si l'Etat pense qu'il n'y a pas assez de logements, qu'il en construise tout simplement !

Avantages : Simplification de la paie dans les entreprises, simplification extrème de la collecte des charges sociales, simplification de la gestion financière des ménages. Et qui dit simplification dit économies de coûts qui permettent une baisse des impôts (toutes choses égales par ailleurs) ! Ce système permettrait aussi d'instaurer une plus grande progressivité, en particulier dans les charges sociales qui sont aujourd'hui dégressives (alors que cela représente la première source d'argent pulic, les hauts revenus paient moins en % que les bas revenus !) et y compris dans les plus values boursières et immobilières (les faibles revenus paieraient 0 et les hauts revenus beaucoup).

Pour autant, avec cet exercice on se rendra compte que l'essentiel des ressources publiques est directement puisé sur le travail des gens. Ne devrait-on pas plutôt taxer des comportements que l'on souhaite décourager ?

De la simplicité et du sens politique

Je propose aussi de renforcer le tôle de la TVA. Savez-vous que dans les pays nordiques, que l'on cite souvent en exemple, le taux de TVA est de 25% ? Et connaissez-vous le taux réduit au Danemark ? 25% aussi ! En France, on a un taux plein à 19,6%, un taux réduit à 5,5% et même un taux super réduit à 2,1%. Je n'ai pas pu trouver de statistique précise, mais nul doute que 90% des recettes de TVA proviennent du taux normal. Pourquoi donc se compliquer à obliger les entreprises et l'adiminstration fiscale à collecter de la TVA à 5,5% et à 2,1% ? Choisissez, soit 0 soit un taux significatif ! Je propose donc d'éxonérer de TVA la plupart des produits soumis aux taux réduits.

Avantages : Simplification de l'administration de nombreuses PME, simplification de la collecte des taxes. Et qui dit simplification dit économies de coûts qui permettent une baisse des impôts (toutes choses égales par ailleurs) ! Ce système permettrait aussi d'instaurer une plus grande progressivité dans la TVA. J'en profite pour rappeler que même si le taux de TVA sur chaque produit est aujourd'hui le même quelque soit le revenu, le taux moyen effectivement payé dépend lui très nettement du revenu. En effet, un ménage modeste dépense un tiers de ses revenus dans son loyer, un tiers dans ses achats de première nécessité et un tiers pour le reste ; un ménage aisé dépense 90% de ses revenus pour le reste. Or le taux de TVA est de 0% sur les loyers, 5,5% sur les biens de premières nécessité et 19,6% sur le reste. Un ménage modeste paie donc en moyenne 8% ; un ménage aisé 18%. Avec ma proposition, on pourrait augmenter cet écart, cette progressivité. 

J'ai écrit la plupart car pour certains produits taxés à 5,5%, on peut considérer qu'un taux plus élevé devrait s'appliquer. Sur la restauration par exemple, on pourrait ainsi soit utiliser un taux de l'ordre de la moitié du taux normal, soit éxonérer la nourriture mais taxer au taux normal les boissons hors eaux.

C'est là qu'entre en jeu le sens politique : on veut inciter les gens à boire de l'eau à table plutôt que du soda (qu'il soit sucré ou à l'aspartame d'ailleurs) : appliquons un taux de TVA élevé au soda et éxonérons l'eau. De même éxonérons de TVA les vélos et taxons les voitures, etc. La TVA peut ainsi supporter la politique de santé publique, de la ville... mais aussi bénéficier habilement à nos industries locales et à nos emplois.

De la simplicité et du sens économique

En conclusion, comme l'a fait l'Allemagne avec succès il y a quelques années, il serait souhaitable, pour encourager la création d'emplois, de réduire les charges sociales et la fiscalité sur le travail en augmentant en contrepartie les taxes sur la consommation, comme la TVA en particulier surtout sur les produits dont on souhaite réduire la consommation. On conserverait ainsi les taxes spécifiques sur le tabac, l'alcool et les produits pétroliers, qui s'apparentent à des taux de TVA "super-élevés". Le retour au travail des chômeurs et des exclus serait par ailleurs encouragé par des prelèvements très faibles sur les bas revenus.

Selon la même logique, on pourrait aussi attirer et soutenir des PME en croissance en introduisant de la progressivité dans l'Impôt sur les Sociétés, par exemple 15% pour le premier million d'euros de bénéfice chaque année. Une fois atteint une plus grande taille, elles n'auront aucun mal à payer un taux de 33% sur les millions suivants.

Chers lecteurs, que pensez-vous de ces pistes ?

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07 octobre 2011

Crise de la dette : le pire n'est pas certain

Le bundestag a bien voté l'élargissement du Fonds Européen de Stabilité Financière le 29 septembre et les récalcitrants n'ont pas été assez nombreux pour destabiliser la majorité d'Angela Merkel. Le plan d'aide à la Grèce peut donc continuer comme prévu : les derniers 8 milliards du plan voté en 2010 seront versés en novembre et donc la Grèce ne devrait pas être contrainte au défaut dans les mois qui viennent. Quant au plan voté le 21 juillet 2011, il semble qu'il ne soit plus suffisant au regard des anticipations boursières auto-réalisatrices de l'été : l'effondrement des bourses a effrayé les acteurs de l'économie réelle et déclenché une récession. Il sera donc probablement modifié pour alléger un peu plus la dette de la Grèce. 

Mais finalement, ce défaut bien anticipé et préparé pourrait ne pas avoir les effets dramatiques redoutés. En effet, j'écrivais le 7 septembre : "la faillite de la Grèce représentera de grosses pertes pour les banques européennes. Mais la plupart pourraient survivre après une recapitalisation". Or, l'appel de Christine Lagarde du mois d'août (qui était aussi le point 1 de mon plan d'action du 20 juillet) a finalement été entendu par les responsables européens au mois d'octobre (ah, l'administration ça prend du temps...) : les banques fragiles vont êtres préventivement recapitalisées. Ainsi, le défaut partiel de la Grèce (environ la moitié de sa dettes serait annulée), négocié avec les partenaires et les créancier et admis comme étant la meilleure solution pour tous, pourra être décidé sans risque systémique : pas de faillite de banque soudaine, pas de "credit-crunch" (assèchement du crédit vers l'économie réelle par les banques), pas de "bank run" (retraits massifs des épargnants de leurs comptes bancaires). L'économie réelle, forte des fondamentaux de ses entreprises (les profits 2011 sont proches des plus hauts historiques) pourrait finalement rebondir.

C'est le scénario optimiste. Il implique que le défaut grec ne fera pas boule de neige. Sa réalisation dépend donc de la réduction du déficit portugais car c'est le maillon suivant dans la chaîne qui pourrait causer des problèmes à l'Espagne. Mettez-donc ce lien dans vos favoris : http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND&n=y# c'est le taux des emprunts d'état portugais à 2 ans. A 17% il reflètent une probabilité non négligeable d'un défaut souverain. S'ils tendent vers un taux normal (<10%), cela renforcera la probabilité du scénario optimiste... et du rebond des marchés actions.

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