26 novembre 2009
Dubaï au bord de la faillitte
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/11/25/04016-20091125ARTFIG00338-l-emirat -de-dubai-au-bord-de-la-faillite-.php
"Lesté de 80 milliards de dollars de dettes, Dubaï semble au bord de la faillite. Mercredi, l'une des holdings les plus importantes de l'émirat, Dubaï World, propriétaire via ses filiales immobilières, du gigantesque complexe hôtelier construit sur une île artificielle en forme de palmier, a demandé à ses créanciers un sursis pour renégocier l'intégralité de ses dettes, soit 59 milliards de dollars ! Il ne compte plus rien rembourser avant le 30 mai"
Il faut dire, quand on créé des îles artificielles en forme de palmier, il faut pas s'étonner !
Cela vous inspire quoi ? Les faillites d'Etats vont-elles déjà commencer ? En chaine ? Sommes-nous ce matin à l'aube d'un nouveau krach boursier ?
14 novembre 2009
L'économie mondiale a redémarré
Depuis deux ans et demi, je suis plutôt prudent, voire pessimiste, quant à l'évolution de l'économie (bien m'en a pris, comme ça, je n'ai pas perdu d'argent en bourse). Mais aujourd'hui, quelle est la situation économique est quelle est son évolution ? Depuis le printemps, cette analyse est particulièrement difficile. Cependant je décèle - depuis peu - quelques signes positifs solides.
L'activité économique (en particulier la production industrielle) rebondit effectivement, après une chute d'une immense ampleur (par exemple en France environ +4-5% en 6 mois après -15% les 6 mois précédents). Quelle part de ce rebond est due aux plans de relance, français et étrangers ? Plus de la totalité. Peuvent-ils être prolongés longemps ? Assurément non, quelques mois tout au plus. La croissance sera-t-elle auto-entretenue quand ils s'arrêteront ? Grande interrogation !
Les facteurs qui militent pour un retour en récession :
1/ Le chômage, qui atteint un niveau élevé, et qui continue d'augmenter. Le nombre de chômeurs en fin de droits (typiquement en France ceux qui ne trouvent plus d'emploi depuis plus de 18 mois), commence tout juste à augmenter. Aux Etats-Unis, Obama vient d'ailleurs de décider d'allonger leurs droits pour éviter une explosion sociale.
2/ Corrolaire du chômage, le moral des ménages et leur volonté potentielle d'épargner plutôt que de consommer. Pour l'instant, ils continuent de dépenser à peu près autant qu'avant (et même plus en France).
3/ La fragilité des banques. Aux Etats-Unis les banques sont très décentralisées et de nombreux financements de PME viennent de banques régionales. Or elles font faillite les unes après les autres, au fur et à mesure que leurs actifs immobiliers (en durs ou sous forme de prêts) perdent leur valeur. Aux dernières nouvelles (23 octobre), 106 banques américaines ont déjà fermé leurs portes cette année. En Europe, c'est moins grave car on a été plus raisonnables. Mais en Chine, les banques sont incitées par le gouvernement central à prêter beaucoup, sans trop regarder si les emprunteurs rembourseront. Bombe à retardement ?
Ces aspects négatifs sont conjoncturels. Il y a des facteurs plus structurels qui militent pour un retour de la croissance :
1/Le seul moteur de la croissance économique, hormis les variations de court-terme liés à la confiance évoqués ci-dessus, c'est la hausse de la productivité. Pourquoi ? Quand on parle de croissance économique on parle de la croissance du Produit Intérieur Brut. Et le PIB, c'est quoi ? Pour faire simple c'est l'ensemble de nos revenus (et donc à fortiori, de ce que l'on consomme, épargne et désepargne s'équilibrant à peu près). Et ce que l'on consomme, c'est ce que l'on produit (forcément).
En trois lignes, nous venons d'établir une égalité aussi fondamentale qu'évidente en économie : PRODUCTION = CONSOMMATION. Pour augmenter notre consommation, il faut augmenter notre production. Et comme - hormis les variations de court-terme - la quantité de travail par actif est à peu près stable dans le temps, le seul moyen d'augmenter sa production, c'est d'augmenter sa productivité.
Les ménages peuvent bien ne pas avoir confiance à court-terme, les gains de productivité réalisés cette année - en particulier aux Etats-Unis - sont énormes ! En 6 mois, d'avril à septembre, le PIB a augmenté d'1%, mais le nombre d'heures travaillées a baissé de 3% ! La productivité, la valeur créée par chaque heure de travail, a ainsi augmenté de 4% ! 4% en 6 mois, c'est du jamais vu depuis... 1965 !!
Dans la pratique, cela veut dire que certaines activités peu productives ont été arrêtées. Maintenant il faut voir dans quelle mesure, et quel délai, elles pourront être remplacées par de nouvelles activités plus productives. Mais cela se traduira tôt ou tard en croissance du PIB. En France, par contre, la productivité - moins transparente - a augmenté d'environ 1% sur la période, après avoir diminué d'autant les 6 mois précédents. N'attendez donc pas que la croissance française soit proche de celle des Etats-Unis au cours des prochains années.
2/ Parmi les indicateurs économiques, il y en a un que j'aime bien : le Baltic Dry Index, qui calcule la moyenne des prix pratiqués par les transporteurs de matières premières (céréales, minéraux...) sur les principales routes maritimes mondiales. Pourquoi je l'aime bien ? C'est un vrai indicateur de l'économie réelle. Contrairement au prix du pétrole, il ne mesure pas ce que les opérateurs de marchés pensent qu'il va se passer, il mesure ce que les entreprises font.
Seuls trois paramètres l'influencent : le prix du pétrole, l'offre de transport, la demande de transport. Les deux premiers étant assez bien connus, il s'avère que le Baltic Dry Index est un indicateur de la demande de matières premières, indicateur avancé de l'évolution de l'économie. Pas de spéculation, pas d'anticipation, seulement de l'économie réelle. Et effectivement, il s'était effrondré fin 2008, juste avant les marchés boursiers, avant de remonter fortement de janvier à mai, suivi avec 2 mois de retard par les marchés. Ensuite il a temporisé alors que les marchés ont monté. Mais depuis début octobre, il a doublé et a de nouveau dépassé (en termes d'évolution relative) les marchés boursiers. Pour moi c'est un deuxième signe fort d'une vraie reprise.
Celle-ci reste menacée, clairement, mais elle est bien réelle, et - qui sait - pourrait enfin relancer des investissements qui auto-alimenteraient la croissance future, sans l'aide des Etats...
Après cette analyse économique, je suis aussi obligé, en tant qu'être humain, d'avancer une analyse sociale/sociétale partant de ce paradoxe : l'économie est repartie, mais trouver un emploi est plus dur que jamais ! Avec le temps je commence à croire que la prise de contrôle du monde par les quelques dirigeants des grandes entreprises mondiales est, sinon organisée, en tous cas bien réelle.
Regardez Goldman Sachs, la grande machine à bulles : elle a vendu des crédits subprimes, tout en spéculant sur les marchés qu'ils allaient s'effondrer, de sorte qu'elle soit gagnante dans tous les cas de figure. Pendant que Goldman Sachs n'a cessé de faire des prodits, la crise a éliminé trois de ses principaux concurrents (Bear Sterns, Merrill Lynch & Lehman Brothers) et affaibli les autres (Citigroup, Bank of America, UBS...), tout en augmentant la valeur de "son marché" : la vente d'obligations publiques (le financement des déficits publics). Lisez cet article, vous verrez qu'en plus une part non négligeable des dirigeants de l'administration publique américaine sont des anciens de Goldman. Faits indépendants ? Rien n'est moins sur.
De manière plus générale, les déficits publics supplémentaires nés de la crise, couplés à la compétition internationale qui empêche d'augmenter les impôts, vont forcer les Etats et sécurités sociales à réduire leurs dépenses sociales, au profit du profit des entreprises, qui pourraient rapidement retrouver leur niveau exceptionnel de 2007.
Et pendant ce temps dans la vraie vie, on râle mais personne ne proteste vraiment. Même si certains écrivent sur leur blog ou dans les journaux pour dénoncer cela, cela n'a guère d'impact. Je ne comprends pas pourquoi les chômeurs en fin de droits, ainsi que les jeunes chômeurs qui n'ont jamais eu de droits, ne sont pas dans la rue à protester ? Y a-t-il besoin d'une étincelle ? Par ce que sur le fond, les raisons justifiant des comportements extrêmes sont évidentes.
02 novembre 2009
Plus de 1000 visiteurs en octobre !
1283 exactement, et pour mon modeste petit blog, cela constitue une première et donc un record !
Merci à tous les visiteurs en en particulier à ceux qui ont laissé des commentaires! Qu'ils soutiennent, complètent ou critiquent mes notes, ils sont tous appréciés !
27 octobre 2009
Quel est le grand emprunt ?
Celui de 30 Mds€ qui finance le futur (recherche, infrastructures, développement durable...) ?
Ou celui de 175 Mds€ qui finance le passé (le déficit public) ?
21 octobre 2009
Les Européens mettent Paris en garde contre les déficits
Lu dans Le Monde :
"La politique budgétaire française est de nouveau dans le collimateur des dirigeants européens. Le commissaire chargé des affaires économiques et monétaire, Joaquin Almunia, a indiqué, mardi 20 octobre, au Luxembourg, qu'il avait l'intention d'examiner de près la façon dont les Français ont suivi, ou pas, les recommandations faites par les Vingt-Sept au moment de l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif à leur encontre, en avril.
Cette évaluation risque, en pleine récession, de tourner au bras de fer entre Paris et Bruxelles. Les partenaires européens de la France avaient demandé au gouvernement, au printemps, de ramener le déficit en deçà de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012. Or, depuis, Paris a repoussé cet objectif à 2015. La France prévoit un déficit public de 8,2 % cette année, contre 3,7 % en Allemagne, puis de 8,5 % l'an prochain.
Les dépenses annoncées au fil des jours par l'Elysée, tout comme le projet de grand emprunt, incitent à la plus grande vigilance à Bruxelles. Dès lundi soir au Luxembourg, face à ses collègues de la zone euro, la ministre de l'économie française, Christine Lagarde, a été invitée à préciser ses intentions, quelques heures avant d'aller présenter le projet de loi de finance à l'Assemblée nationale. En marge de cette visite éclair au Luxembourg, elle s'est gardée de commenter ce sujet embarrassant pour le gouvernement. A ses yeux, le début de la consolidation doit aller de pair avec le retour de la croissance et des créations d'emplois, au mieux à l'horizon 2011.
A l'issue de la réunion, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe (le groupe des pays de la zone euro), a lancé une mise en garde à peine voilée à Paris : "Si un ou deux pays, en particulier s'il s'agit de grands pays, s'éloignent d'une politique vertueuse, des Etats voisins plus petits auront de grandes difficultés à expliquer à leur opinion publique pourquoi ils devraient respecter pleinement le pacte de stabilité", a-t-il lancé. A ses côtés, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a invité les Européens à s'en tenir à une "stricte observance" du seul instrument collectif de discipline budgétaire. Pour lui, le déficit de chaque pays devrait être réduit d'au moins un point de pourcentage dès 2011.
A Bruxelles, les eurocrates examinent comment appliquer le pacte de stabilité à des pays comme la France, l'Espagne, l'Irlande et la Grèce, dont le dérapage des comptes publics et l'endettement prennent des proportions "préoccupantes" [...] la Banque centrale européenne (BCE) pourrait menacer de remonter ses taux d'intérêt si les pays de la zone euro laissaient trop filer leurs déficits. Concernant la France, certains experts sont d'avis que la Commission européenne n'aura pas d'autre choix, si la situation budgétaire devait continuer à se dégrader, que d'avancer dans la procédure de déficit excessif, ouvrant la porte à d'éventuelles sanctions. "Techniquement, la France pourrait être visée par une telle mesure dès la fin de l'année, mais la Commission pourrait hésiter, car, politiquement, cela n'est peut-être pas très judicieux vis-à-vis de Nicolas Sarkozy", dit un expert financier. D'autres considèrent que l'exécutif européen pourrait choisir de temporiser, tout en formulant de nouvelles recommandations plus contraignantes à la France."
La Commission Européenne aurait peur de Sarkozy tellement il est génial ?
19 octobre 2009
"25 départements français sont au bord de la faillite"
Selon Arnaud Montebourg. Et oui il n'y a pas que la Californie ! Le président du Conseil général de Saône-et-Loire a traduit le gouvernement en justice afin de récupérer 800.000 euros, facture due au transfert de compétences aux départements dont les recettes ont été asséchées par la crise. Le député PS s'en explique et critique vivement la suppression de la taxe professionnelle.
Source : l'Expansion.com
Article amendé le 16/10/2009 à 12h15
Quel est l'état des finances du département de Saône-et-Loire ?
La crise nous a mis dans le fossé. Les recettes des droits de mutation ont diminué de 10 millions d'euros en 2008 et de 22 millions cette année. Et pendant ce temps, les dépenses sociales (RMI, RSA ? APA, protection de l'enfance, etc.) explosent. Résultat, il me manque aujourd'hui 25 millions d'euros pour boucler mon budget.
Le Premier ministre François Fillon a exhorté le mois dernier les collectivités locales à réduire leurs dépenses. Que lui répondez-vous ?
L'Etat a fait des conseils généraux des quais de déchargement de ses compétences
C'est déjà fait ! En 2008, quand j'ai pris la présidence du Conseil général, j'ai pris de nombreuses mesures pour réduire le train de vie de la collectivité. Ce plan nous a permis d'économiser 10 millions d'euros. Cette année, nous avons réduit de 30% les aides aux communes rurales, nous avons supprimé les subventions aux clubs sportifs professionnels ainsi qu'à de trop nombreux programmes culturels. Nous avons également transféré aux communes les subventions des cantines des ecoles puisque c'est de leur responsabilité. A ce rythme, je ne suis pas sûr que le transport scolaire reste gratuit encore très longtemps...
Ces coupes dans les subventions ne sont pas très "sociales"...
Je n'ai plus le choix, car je n'ai plus d'argent ! En France, 25 départements sont actuellement en cessation de paiement, au bord de la faillite. Cette situation nous oblige à couper dans les dépenses non obligatoires, malheureusement y compris dans les dépenses sociales. La conséquence est que nous, élus, nous portons atteinte à nos valeurs, a nos convictions et au contrat passé avec les électeurs. Cette perte de liberté signifie la fin de la décentralisation.
François Fillon a notamment déploré que les collectivités locales recrutent trop de fonctionnaires...
C'est incroyable ! je rappelle à Monsieur Fillon que sur les cinq dernières années, 90% des recrutements des collectivités locales sont dus aux transferts de compétences de l'Etat, comme les agents des collèges ou les anciens agents des DDE en charge de l'entretien des routes nationales transférées dans leur quasi totalité aux départements. L'Etat a fait des conseils généraux des quais de déchargement de ses compétences sans compensation financière.
Nicolas Sarkozy paiera très cher politiquement la réforme de la taxe professionnelle
C'est pourquoi vous réclamez aujourd'hui 800.000 euros à l'Etat ?
C'est en effet la facture liée à la création de postes suite aux transferts de compétences de l'Etat sur un an. J'ai écrit au Premier ministre François Fillon en ce sens, demandant au gouvernement de répondre à ses obligations constitutionnelles. Suite à son refus, je l'ai traduit devant le Conseil d'Etat. En outre, j'ai décidé de ne plus faire de crédit à l'Etat : nous avons par exemple cessé de financer la construction de la dernière route nationale du département, le train de vie des centres d'information et d'orientation, le Centre départemental d'accès au droit, et nous ne payerons plus pour les dépenses de RSA non compensées par l'Etat.
Quelle est votre position sur la réforme de la taxe professionnelle ?
Cette réforme va mettre les collectivités locales en faillite dès 2010. Dans le projet de loi de finances adopté en commission à l'Assemblée, le cadeau de 8 milliards d'euros n'est compensé que de moitié. Soit un manque à gagner de 4 milliards. Les départements n'auront plus le pouvoir fiscal, ils ne pourront plus s'endetter. Ils devront donc encore plus réduire leurs dépenses sociales, malheureusement les plus nécessaires à la population. Cette réforme est un acte inconséquent, surtout en période de crise. Les présidents des groupes UMP de l'Assemblée nationale et du Sénat, M. M. Copé et Longuet, ont demandé à Nicolas Sarkozy de repousser cette réforme de la taxe professionnelle après 2010. Il s'y refuse. Je crois que son inconséquence est à la mesure de l'irresponsabilité et de la folie pure que représente cette reforme.. Mais il lui en cuira de s'en prendre a la liberté de nos provinces, il le paiera très cher politiquement.
17 octobre 2009
Pas de prime à la cuve cette année
Depuis quelques années, la France subventionnait de fait les émissions de CO2, mais il fallait aider les ménages se chauffant au fioul à faire face à une augmentation de son prix. "L'aide à la cuve est une aide ponctuelle, justifiée par une situation exceptionnelle sur les marchés pétroliers", souligne-t-on au ministère de l'Economie.
Cette prime sera supprimée cette année, parce que les caisses sont vides et que le prix du fioul domestique a baissé à 57,9 centimes d'euros le litre en septembre 2009, contre 83,3 centimes sur l'ensemble de l'année 2008 et 65 centimes en 2007 et 2006.
Dans l'esprit de la taxe carbone, il faut maintenant que ces ménages soient incités à changer leur chauffage pour un système plus respectueux de l'environnement.
16 octobre 2009
Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches
Je me reconnais dans cette citation, lue sur Agoravox. Pour ceux, comme les économistes de l’Ecole autrichienne qui croient encore dans la libre entreprise, il faut rappeler les paroles de Ludwig Von Mises lui-même : « Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches. »
Etre libéral ce n'est pas protéger les puissants, au contraire.
Dans le même article, j'aime bien aussi : "au lieu de changer le pansement, il vaudrait mieux penser le changement"
15 octobre 2009
La Belgique veut taxer ses banques pour réduire son déficit
Un an après avoir volé au secours de ses banques ébranlées par la crise, la Belgique leur demande de renvoyer l'ascenseur et les met à contribution pour réduire ses déficits creusés par les aides massives apportées au secteur financier. A partir de 2012, elles devront verser une "prime de garantie" de 0,15% sur le montant des dépôts et de l'épargne.
La suite sur l'Expansion.com : http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/la-belgique-taxe-ses-banques-pour-reduire-son-deficit_203591.html?XTOR=EPR-175
Déficit de l'Unedic de 4Mds€ en 2010
Après 1 Md€ en 2009.
L'Unedic prévoit 3,6Mds€ de déficit en 2010 mais basé sur des hypothèses que je trouve trop optimistes. Message officiel :
"Le déficit de l'assurance chômage pourrait atteindre 3,6 milliards d'euros en 2010 en raison de la poursuite de la montée du chômage malgré la reprise de l'activité, prévient mercredi l'Unedic.
L'organisme qui assure la gestion de l'assurance chômage s'attend par ailleurs à un déficit de 902 millions d'euros cette année, selon le communiqué publié à l'issue d'une réunion de son bureau consacrée à sa nouvelle prévision d'équilibre financier.
Le déficit cumulé de l'assurance chômage atteindrait ainsi 5,9 milliards d'euros au 31 décembre de cette année et 9,5 milliards un an plus tard.
Ces prévisions sont fondées sur l'hypothèse d'une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 2,2% cette année suivie d'un retour à la croissance (+1,1%) en 2010.
Cette évolution de l'activité irait de pair avec une contraction de l'emploi salarié de 413.000 postes en 2009 et une augmentation du nombre des chômeurs de 509.000. Pour 2010, les projections de l'Unedic font état de 75.000 suppressions de postes mais d'une réduction de 22.000 du nombre de chômeurs."
14 octobre 2009
Le dogme du bouclier fiscal remis en cause par un rapport parlementaire
Il y a encore quelques personnes responsables à l'UMP. Pour l'instant elles n'arrivent pas à convaincre le président, mais elle y travaillent, sous la pression naissante de l'opinion...
C'est une brèche dans le dogme érigé par Nicolas Sarkozy sur le bouclier fiscal, en fonction duquel un contribuable ne doit pas verser au fisc plus de 50 % de ses revenus au titre des impôts directs et des contributions sociales, incluant la CSG et la CRDS. Dans un rapport présenté mercredi 14 octobre à la présidence de l'Assemblée nationale, le président (UMP) de la commission des lois, Jean-Luc Warsmann, demande de retirer la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) des impositions prises en compte dans le bouclier fiscal. Pour M. Warsmann, cette mesure est justifiée par l'ampleur "exceptionnelle" de la dette sociale. "Lutter contre cette dette est une cause nationale qui suppose la solidarité de tous, explique le rapport. La CRDS se distingue de l'impôt. Sa seule raison d'être est le remboursement de la dette sociale."
Assurer le financement de la dette sociale est "un devoir moral", analyse le rapport de la commission des lois. "Plus on attend, plus le coût sera élevé", prévient M. Warsmann. Le rapport y consacre un chapitre entier et un ensemble de propositions. Il suggère de "transférer de droit tout déficit constaté" en fin d'exercice ou supérieur à 10 milliards d'euros dans la loi de financement de la Sécurité sociale à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) et de prévoir une ressource nouvelle destinée à couvrir son remboursement.
Il n'est pas courant que la commission des lois s'empare du domaine économique. Aussi faut-il voir dans cette "contribution" un geste politique. Selon un des membres du groupe UMP, qui appuie la démarche de M. Warsmann, "c'est la preuve qu'aujourd'hui, dans la majorité, les responsables sérieux, pas les ultradétracteurs ni les ultragroupies, comprennent qu'on est arrivé à un point de rupture".
On voit mal, dès lors, comment la question de l'assouplissementdu bouclier fiscal pourrait ne pas être au cœur de la prochaine discussion budgétaire. "Si derrière, des collègues souhaitent baser des amendements sur cette contribution, je les soutiendrai naturellement", lâche M.Warsmann. S'ajoutant au débat sur les niches fiscales, c'est tout un pan de la politique économique de M.Sarkozy qui est de plus en plus contesté.
Article complet sur Le Monde.fr : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/14/le-dogme-du-bouclier-fiscal-remis-en-cause-par-un-rapport-parlementaire_1253668_823448.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20091014-%5Bzonea%5D
13 octobre 2009
Réduction des déficits en vue chez nos voisins
Avec le début d'une reprise de la croissance économique s'ouvre une nouvelle période : après avoir joué un rôle contracyclique et permis d'éviter un choc trop violent et rapide, l'Etat peut - et doit - reprendre petit à petit le contrôle de ses finances publiques. Il doit réduire des dépenses et augmenter des impôts. Certains pays ont déjà agit (comme l'Irlande), les grands pays comparables au nôtre commencent maintenant. Et il va être intéressant de les observer.
En Allemagne, Angela Merkel a été réélue, avec pour programme notamment de réduire le déficit.
Au Royaume-Uni, où s'ouvre la campagne électorale des legislatives, Gordon Brown annonce des cessions d'actifs, donc des privatisations, à hauteur de 16 Mds£ (env 17 Mds€) pour dégager du cash et donc réduire la dette. Gouvernement actuel et opposition s'accordent sur la necessité de geler les salaires des fonctionnaires pendant un an (hormis les moins payés).
La Lettonie est dans une situation plus contrainte : elle doit réduire ses dépenses publiques de 500 millions de lats (env 700 millions d'euros) pour obtenir un prêt du FMI de 7 Mds€ qui lui permettrait de recommencer à investir pour la croissance future. Et elle veut rejoindre la zone euro en 2012. Je trouve que le premier ministre Valdis Dombrovskis a trouvé une bonne formulation pour justifier cette rigueur budgétaire : "La Lettonie a le choix entre deux scénarios économiques possibles: "mauvais ou pire", a-t-il déclaré mercredi. Le mauvais c'est de réduire les salaires des fonctionnaires de 35% et les pensions de retraite (déjà faibles) de 20%. Au même titre que la Lituanie qui a elle aussi un taux de change fixe avec l'euro, elle réfléchit d'ailleurs aux avantages que pourrait apporter une dévaluation de sa monnaie...
En France ? Oh, non chez nous tout va bien, si si promis. On ne se soucie pas de ces problèmes. Dans notre royaume, sa Majesté avait promis de faciliter l'entrée des jeunes dans la vie active, c'est chose faite. A 23 ans on peut maintenant devenir président du plus grand quartier d'affaires d'Europe ! Et sur un tout autre sujet (quoique...) le parlement va voter une loi contre le tourisme sexuel dans quelques mois : heureusement on a des spécialistes au gouvernement ! Tout va bien je vous dis.
Pédagogie de la dette
Voici un lien avec des explications claires sur déficit et dette.
http://www.educnet.education.fr/comptes/etat/dette/accueildette.htm
11 octobre 2009
"Il faudra augmenter toutes les taxes et baisser toutes les dépenses"
Chat (intéressant, très réaliste) du jeudi 8 octobre sur LeMonde.fr avec l'économiste Jacques Delpla :
09 octobre 2009
L'utimatum climatique
Pour que le sommet de Copenhague soit un succès pour la planète, signez l'appel lancé par 11 ONG : l'ultimatum climatique.
http://www.copenhague-2009.com/
Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».
Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.
Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.
S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.
L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.
Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.
Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.
Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.
Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.
Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique
08 octobre 2009
Les trois quarts des pays européens épinglés pour déficits excessifs
Lu sur l'Expansion.com :
"La Commission européenne a enclenché mercredi la première étape de procédures pour déficits excessifs contre neuf nouveaux pays, portant à 20 le nombre de pays épinglés pour dérapage de leurs finances publiques.
Les déficits européens ont explosé depuis l'an dernier. La Commission Européenne prévoit qu'ils atteignent 6,5% l'an prochain dans la zone euro, contre 0,6% encore en 2007. Quant à la dette, elle devrait atteindre 83,8% du PIB en 2010, selon Bruxelles, contre 66% en 2007. Soit bien au-delà des 60% normalement autorisés par le Pacte de stabilité.
Face à cette situation alarmante, les Européens s'efforcent d'agir. Réunis jeudi à Göteborg, en Suède, les ministres des Finances de l'UE se sont mis d'accord sur la nécessité de mettre fin aux plans de relance quand la croissance reviendra, de prendre plus de mesures de consolidation budgétaire et de mener des réformes structurelles dès que possible. Mais ils sont divisés sur l'idée de fixer d'ores et déjà une date butoir en 2011 pour commencer l'effort budgétaire, alors que la situation économique est encore fragile en Europe.
Certains pays dévoilent cependant dès maintenant des mesures d'austérité, comme les Pays-Bas, qui ont annoncé une réduction de 20% de leurs dépenses publiques à partir de 2011. Les conservateurs britanniques, qui se préparent à revenir au pouvoir au printemps 2010, promettent aussi une cure d'austérité dans le secteur public. D'autres Etats en revanche se montrent peu favorables à une réduction drastique des dépenses, comme la France."
07 octobre 2009
"Non à la dette" sur La Chaine Parlementaire !
J'ai participé en direct à un débat : "Dette qui va payer l'addition", mardi 6 octobre, et la vidéo est visible ici : http://www.lcpan.fr/emission/77124/video
Qu'en pensez-vous ?
Voici un texte que j'avais préparé pour l'émission (avec le débat, je n'ai pas pu le présenter tel quel) :
Je suis un jeune choqué par la manière dont la génération actuelle gère l'argent public, choqué par l'accumulation sans fin de dette. J’ai d’ailleurs créé un blog pour en parler : www.NonALaDette.fr.
Pourquoi choqué ? D'abord j'aimerais rappeler que la génération des baby-boomers a hérité du pays le moins endetté parmi les grands pays comparables (dette < à 20% du PIB). Aujourd'hui elle va quitter la vie active en laissant une dette supérieure au PIB ! Elle nous laisse des impayés de 1500 Mds€ à rembourser pour elle ! Si cette dette avait servi à préparer notre avenir (éducation, recherche, infrastructures...) on pourrait accepter d’en hériter, mais en réalité l’essentiel de ces emprunts a financé son train de vie !
Nous héritons de la dette, et donc bien sûr de ses charges d’intérêts : nous payons déjà 50 Mds€ par an le train de vie passé de nos parents… autant d’argent en moins pour des services publics aujourd’hui ! Et ce chiffre augmentera de 4Mds€ par an, selon les prévisions du gouvernement.
Enfin - pour que le tableau soit complet - nous n’avons pas encore commencé à payer leurs vieux jours : les dépenses de retraites et de santé vont nettement augmenter quand les baby-boomers seront à la retraite ! Ils auraient donc dû avoir des comptes publics en excédent au cours des 30 dernières années pour pouvoir supporter des déficits entre 2020 et 2040. Hélas, cette génération a fait strictement l'inverse.
05 octobre 2009
Les baby-boomers sont des voleurs !
Je vais avoir l'honneur d'intervenir dans l'émission Ca vous regarde sur La Chaine Parlementaire - Assemblée Nationale, prévue ce mardi soir 6 octobre à 19h50, sur le thème : "Dette : qui va payer l'adition ?" (bien-sûr !)
Merci à Valérie Brochard de m'avoir invité via ce blog.
A cette occasion, je recopie ici mon "article fondateur" sur ce blog, version actualisée en 2007 de mon premier coup de gueule public contre la dette des baby-boomers, posté le 06/11/2004 sur le forum Economie et social de Lemonde.fr. Aujourd'hui, je mets juste à jour un chiffre, la dette, passée de 1000 Mds€ à 1400Mds !
Les baby-boomers sont des voleurs ! Par laxisme et lâcheté, ils se sont accordés des services publics couteux sans en payer le coût par leurs impôts. Ils ont pillé les ressources de l'Etat à long terme et généré une dette inimaginable par accumulation de déficits publics. Ceux qui protestent dès que les impôts augmentent, dès que quelqu'un essaie de réduire les dépenses de l'Etat et ceux qui réclament des dépenses supplémentaires sont les principaux responsables.
Jeunes, vous comme moi savez ce qui s'est passé : nos parents ont collectivement accumulé une dette publique de plus de 1400 milliards d'euros, qui génère plus de 50 milliards d'euros de charges d'intérêts chaque année. Autant de milliards d’euros qu’on ne peut plus utiliser pour notre éducation, notre défense, notre justice, notre culture ni nos dépenses personnelles ! Si nos parents n'avaient pas vécu au dessus de leurs moyens ces 30 dernières années, il suffirait que les impôts prélevés par l'Etat soient chaque année de 200 milliards au lieu de 250 ! Pour le même service public !
Nous payons 50 milliards par an le train de vie passé de nos parents.
Et nous n’avons pas encore commencé à payer leurs vieux jours, qui coûteront bien plus : le papy-krach arrive ! Dans cette perspective, l'équité intergénérationnelle aurait supposé des comptes publics massivement en excédent au cours des 30 dernières années pour pouvoir encaisser des déficits entre 2020 et 2040.
Si les baby-boomers avaient simplement omis de mettre cet argent de côté, où avaient dépensé pour préparer notre avenir (éducation, recherche, infrastructures...) on pourrait leur pardonner. Au contraire, non seulement cette génération n'a pas mis de côté mais elle a fait strictement l'inverse : elle a emprunté pour financer son train de vie, ses prestations sociales, ses administrations publiques obsolètes. Elle a eu beau privatiser des entreprises à tours de bras, encaissant ainsi des centaines de milliards d'euros, cela n'a pas suffit et elle s'est endettée de plus de 1400 milliards d'euros supplémentaires. Cette génération nous a pris en otages : elle pense qu'une fois à la retraite on ne pourra plus remettre en cause ses généreuses pensions pour lesquelles elle n’a pourtant pas assez cotisé.
Nous, nous ne vivrons pas au dessus de nos moyens, nous ne vivrons pas non plus à hauteur de nos moyens, mais en dessous, étant donné qu'une part importante de nos revenus sera désormais destinée à couvrir les intérêts de leur dette. Ces pilleurs se sont servis les premiers dans le plat et tout ce qu'ils nous laissent, c'est la vaisselle et les pots cassés ! Et encore je ne parle pas des autres "cadeaux" dont nous héritons : le chômage de masse, la pollution, le changement climatique, l’épuisement des matières premières (pétrole, métaux, fertilité des sols...), etc.
Jusqu’ici les jeunes n’ont pas manifesté leur désaccord avec cette attitude. Mais il n’est pas trop tard : si on réagit assez tôt, on pourra diminuer les effets de cette injustice. Sinon, on se laissera condamner, les jeunes d'aujourd'hui et de demain, à payer plus d'impôts pour moins de services publics. Les entreprises de demain devront payer plus d'impôts aussi. Et dans un contexte de mondialisation totale on sait que cela fera partir encore un peu plus d'emplois. On se dirige vers un scénario merveilleux : plus de chômage, plus d'impôts, moins de revenus pour tout le monde ! C'est ce qui est en train de se passer et ce à quoi il faut mettre un terme.
Militons pour une augmentation immédiate des impôts couplée à une vaste diminution des dépenses, jusqu'à atteindre l’excédent budgétaire, c’est à dire le début du remboursement de leur dette.
04 octobre 2009
Retour sur le budget 2009
L'an dernier, à la même période, voici ce que j'écrivais concernant le budget 2009 : "Vraisemblablement, le budget conservera un déficit de l'ordre de 2,7% du PIB en 2009 et 2010 (avant une réduction en 2011)"
Quel optimiste j'ai été ! On va dépasser 8% !
01 octobre 2009
Le déficit de la Sécu est hors de contrôle
Bien que la hausse des dépenses sociales soit la plus faible depuis des années, le déficit de la Sécurité Sociale s'envole à 24 Mds€ cette année en raison de la baisse de la masse salariale sur laquelle sont assises les cotisations (après 10,5 Mds€ en 2008 et 20 Mds€ prévus pour cette année au mois de juin, alors que la croissance a pourtant été révisée à la hausse depuis par le gouvernement !). Cette tendance donnerait 33,6 Mds€ pour 2010.
Mais le gouvernement demande des efforts aux malades et aux épargnants pour ralentir la hausse du déficit :
Ø Hausse du forfait hospitalier de 16 à 18€,
Ø Abaissement de 35% à 15% du taux de remboursement de certains médicaments au faible "service médical rendu" (devrait rapporter 145 millions d'euros)
Ø Remise en cause de l'exonération de prélèvements sociaux dont bénéficiaient jusqu'alors certains contrats d'assurance-vie en cas de décès du bénéficiaire (devrait rapporter 270 millions d'euros)
Ø Les plus-values réalisées lors de la cession de valeurs mobilières seront soumises aux prélèvements sociaux (12,1%) dès le premier euro
Ø Les abus en matière d'arrêts de travail vont continuer d'être poursuivis
Ø Le gouvernement pourrait par ailleurs modifier le dispositif des affections de longue durée (ALD). Il s'agirait d'en faire sortir plus facilement certains patients, pris en charge à 100 %, dès lors que leur guérison est acquise.
Ø D'autre part, la taxation des retraites-chapeaux, ce système de rémunération des hauts dirigeants, doit augmenter.
Avec toutes ces mesures, le gouvernement devrait "contenir" le déficit à 30,6 Mds€. Elles représentent donc des économies de 3 Mds€. Vous ne les trouvez pas cool ? Hélas, mauvaise nouvelle, il faudra encore faire 10 fois plus que ces économies à partir de 2011 pour boucher ce trou de 30Mds€ ! Car même avec la meilleure maîtrise acceptable, les dépenses augmentent de 3% par an. Or la masse salariale n'a aucune chance d'augmenter significativement plus vite au cours des prochaines années.