Je reprends le modèle du dossier "le comparatif des programmes" publié par le Monde dans son édition du Mardi 17 avril. Sur chaque thème, je préciserai quel candidat (parmi Bayrou, Hollande, Le Pen et Sarkozy) est le plus proche de ce que je souhaite.

  • Réduction des déficits, combien :

Programme : que ceux qui ont creusé la dette la remboursent ! Traduction : ramener la dette publique à son niveau d'il y a 30 ans (env 30% du PIB) en 20 ans. Ceci suppose un retour à un excédent significatif sur longue période (donc un excédent de 3% du PIB les bonnes années) en lieu et place de l'actuel déficit de 5%. Les comptes publics doivent revenir en éxcédent dès 2014.

Candidat proche : Bayrou, même s'il ne veut faire que 60% de l'ajustement que je souhaite. A l'opposé, Sarkozy prétend que les mesures qu'il a déjà prises suffiront pratiquement et Hollande qu'il suffit de faire payer un peu les riches. Pour ces deux affirmations, je n'ai qu'un commentaire : "bullshit" !

  • Réduction des déficits, comment :

Programme : Alignement des taux de TVA sur les pays nordiques : taux normal 25%, taux réduit de 9% limité à des produits de première nécessité, culturels et verts (nourriture, livres, vélos, premiers x kwh des factures d'énergie...) applicables au 1er juillet 2013 (l'anticipation de hausse des prix boostera la demande d'ici là). Avantages : effort limité pour chacun car réparti sur tous les acteurs de la société : hausse partiellement absorbée/répercutée par les entreprises, contribution des produits importés au financement public, pression à la hausse sur les salaires, hausse du PIB nominal et baisse relative de la dette publique.

Réduction des dépenses publiques via une hausse considérable de la productivité des services publics (plus de transparence dans les dépenses publiques, utilsation des technologies récentes pour une dématérialisation et simplification accélérée des procédures, RGPP renforcée, suppression des doublons et des services publics qui ne peuvent justifier leur ratio efficacité/coût, rôle des associations dans les services publics renforcé...). Une fois que cette réduction permet d'atteindre un excédent de 3% du PIB, on commencera à diminuer les cotisations sociales pour favoriser l'emploi.

Candidat proche : 1/ Bayrou, seul a proposer d'augmenter la TVA pour réduire les déficits. 2/ Sarkozy, qui propose l'augmenter la TVA mais en réduisant les cotisations sociales immédiatement, ce qui ne réduira pas le déficit.

 

  • Règle d'or dans la constitution : Oui bien-sûr, comme Bayrou et Sarkozy.
 
  • TVA sociale : oui comme décrit ci-dessus, mais en deux temps. Candidat proche : Sarkozy
 
  • Réforme fiscale : Fusionner CSG et Impôt sur le Revenu pour en faire un grand impôt progressif individualisé. Suppression du quotient familial compensée par la hausse des allocations familiales et surtout des services publics à la petite enfance (places en crèche et garderie avec des horaires compatibles avec la vie professionnelle des parents) : l'aide de l'Etat aux familles ne doit pas être plus élevée pour les familles les plus riches, c'est un comble ! Revenus du capital taxés comme revenus du tavail (y compris suppression du PEA qui encourage la spéculation non imposable à court-terme sur les actions). Candidat proche : Hollande. 

 

  • Taxe carbone : pas sur la production (on ne peut pas taxer les usines françaises plus lourdement que les chinoises) mais la consommation des produits polluants (taxe spécifique ou TVA plus élevée). Harmonisation européenne, puis hausse régulière des taxes sur les carburants, taxe modérée sur tous les vols aériens en Europe. Candidat proche : Bayrou.

 

  • Chômage : Exonération de charges pendant deux ans pour le recrutement d'un chômeur par les PME. Développer l'apprentissage et l'alternance au lieu des stages pour que les entreprises contribuent à la formation des jeunes au lieu d'en abuser. Candidat proche : Bayrou.

 

  • Fléxibilité du travail : Favoriser la réduction individuelle du temps de travail décidée par les salariés, via la progressivité de la CSG intégrée à l'IR et des négociations au niveau branche et entreprise dans les limites fixées par la loi. Candidat proche : Sarkozy.
 
  • Formation : soutenir les enfants en difficulté, revaloriser les filières professionnelles pour réconcilier formations de jeunes et besoins des entreprises, renforcer la formation continue. Candidats proches : un peu tous : match nul.

 

  • Lutte contre la pauvreté : Logements sociaux réservés aux familles très pauvres et/ou en situation de détresse (SDF, logement insalubre, violences familiales...) et rapprochés des services publics de réinsertion. Vente au prix du marché ou réalignement des loyers sur le prix du privé en 5 ans pour les autres ménagent occupant des logements sociaux. Réfléchir à l'instauration d'une allocation universelle en lieu et place de toutes les allocations sociales conditionnées (allocations familiales, logement, bourses, RSA, PPE...) et qui nécessitent des millions de fonctionnaires pour fonctionner. Candidat proche : aucun !

 

  • Santé : Hausse de la productivité des services de santé grâce à de meilleus appareils de mesure connectés (à l'hopital et à la maison). Supression du numerus clausus des médecins. Candidats proches : Bayrou et Hollande.

Résultat du match :

Bayrou : 6 points

Sarkozy : 3,5 points

Hollande : 2 points

Le Pen : 0 points

Vous savez donc pour qui je voterai au premier tour. Et pour qui je vous invite à voter.

Pour le deuxième tour, tout reste ouvert. Je pense que Bayrou ne soutiendra jamais Sarkozy. Par contre, il pourrait négocier avec Hollande son soutien implicite ("j'appelle à voter contre Sarkozy") contre une "centrisation" du programme socialiste (réduction plus rapide du déficit, abandon des mesures extrémistes type 75% d'impôt et embauche massive de fonctionnaires, etc) qui arrangerait d'ailleurs ce dernier car son programme est inaplicable vu l'état des finances publiques. Bayrou serait donc pour Hollande une bonne excuse pour revenir à la réalité. 

Enfin, si j'étais candidat à l'élection présidentielle, j'aimerais ajouter, dans le domaine économico-environnemental, de grands projets pour relancer l'Europe, financés par emprunt. Et en particulier la conception puis la construction du meilleur réseau de transport possible pour le XXIe siècle pour les marchandises et les personnes (rapide et consommant peu d'énergie), en combinant les savoirs de la logistique, de la physique et de l'informatique. Cela pourrait prendre la forme, par exemple, d'un réseau de tunnels sous vide qui transporterait des véhicules sans chauffeur à travers l'Europe à 1000Km/h.