17 octobre 2009
Pas de prime à la cuve cette année
Depuis quelques années, la France subventionnait de fait les émissions de CO2, mais il fallait aider les ménages se chauffant au fioul à faire face à une augmentation de son prix. "L'aide à la cuve est une aide ponctuelle, justifiée par une situation exceptionnelle sur les marchés pétroliers", souligne-t-on au ministère de l'Economie.
Cette prime sera supprimée cette année, parce que les caisses sont vides et que le prix du fioul domestique a baissé à 57,9 centimes d'euros le litre en septembre 2009, contre 83,3 centimes sur l'ensemble de l'année 2008 et 65 centimes en 2007 et 2006.
Dans l'esprit de la taxe carbone, il faut maintenant que ces ménages soient incités à changer leur chauffage pour un système plus respectueux de l'environnement.
09 octobre 2009
L'utimatum climatique
Pour que le sommet de Copenhague soit un succès pour la planète, signez l'appel lancé par 11 ONG : l'ultimatum climatique.
http://www.copenhague-2009.com/
Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».
Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.
Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.
S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.
L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.
Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.
Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.
Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.
Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.
Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique
11 septembre 2009
Taxe carbone : les gagnants et les perdants
Le mécanisme de la taxe carbone est désormais connu : on versera aux ménages une somme forfaitaire (en fonction du nombre de personnes dans le foyer), ce qui revient à dire : "voici ce que vous avez le "droit" de polluer, soit 4 à 5 tonnes par an. Si vous polluez moins vous économisez, si vous polluez plus vous payez".
Le montant actuel peut paraitre peu incitatif (quelques euros par mois au maximum même si on réduit nettement sa pollution), mais tout le monde a bien compris qu'il augmentera fortement, et que les investissements en isolation des logements et en voitures moins polluantes seront de plus en plus rentables.
Je copie ci-dessous une infographie très bien faite du Monde.fr : on peut y voir que les ménages les plus pauvres (les moins pollueurs) recevront plus en chèque vert que ce qu'il paieront en taxe carbone, à l'inverse les plus riches (les plus pollueurs) seront contributeurs nets. Cette taxe renforce donc la progressivité des prélèvements obligatoires.
Je souhaite à cette taxe une longue vie et une forte augmentation (qui bénéficiera encore plus aux pauvres selon le système défini) !
30 juillet 2009
Vive la contribution climat énergie !
Qu'elle s'applique aussi à l'électricité (difficile de dire si le nucléaire est plus propre que le charbon d'une part ; la mauvaise isolation des logements oblige la production d'électricité avec du charbon et du fioul lors des soirées d'hiver), ainsi qu'aux entreprises, et qu'elle soit la plus élevée possible !
J'avais émis des propositions dans ce sens sur ce blog, proposant d'augmenter la TVA et la TIPP (la consommation en général, et la consommation de carburants émettant des gaz a effet de serre en particulier, étant la cause des pollutions). La contribution climat énergie augmenterait de 5% par an : c'est en ligne avec mes idées.
Ajout du 30 juillet : Une des objections faites à la contribution climat énergie est qu'elle serait très coûteuse pour les ruraux qui ont des grandes maisons à chauffer et qui utilisent beaucoup leurs voitures. Ma première réponse est : tant mieux ! Car ce mode de vie est celui qui consomme le plus d'énergie. Cependant, il n'y a pas que l'écologie dans la vie, et c'est aussi une question de société. Pour répartir plus équitablement la contribution climat énergie, pourquoi ne pas augmenter aussi la taxe d'habitation, plus liée aux prix des logements (donc à leur surface et leur situation) mais moins à leur consommation d'énergie ?
De mon point de vue, il faudra que cela permettre de réduire de 20% d'ici 2020 le nombre de voitures pour réduire de 50% les émissions liées au transport routier en France, et demander à l'Europe de faire de même.
Et en plus, militer pour la mise en place au niveau mondial d'une taxe sur les billets d'avions qui financera les organisations internationales (ONU, OMC, Banque Mondiale, FMI...) et des programmes humanitaires mondiaux.
20 juin 2009
Desertec
En voilà une bonne idée : la fondation Desertec, soutenue par de nombreuses entreprises, veut créer un réseau de centrales solaires entre l'Europe, le Maghreb et le Moyen-Orient. L'idée, puiser l'énergie (évidemment renouvelable) du soleil là où elle est - dans les déserts - pour l'acheminer vers les villes. Le projet Desertec pourrait ainsi fournir à l'Europe 15% de sa consommation totale d'électricité !
06 avril 2009
Baisse de la consommation d'énergie
Il faut voir aussi les bons côtés de la crise : elle entraîne une baisse conjoncturelle (essentiellement dans l'industrie) de la consommation d'énergie selon une étude du ministère de l'Energie publiée lundi. "En données corrigées, la consommation de tous les types d'énergie s'affiche en baisse en février : charbon (-3,3%), pétrole (-2,6%), gaz naturel (-5,5%) et électricité (-6,4%)". Ce qui permet une réduction des émissions de CO2 de 3,9% sur le mois.
En attendant la baisse structurelle de la consommation (des logements notamment)...
06 janvier 2009
Stop aux pics de consommation d'électricité
La consommation française d'électricité a atteint un nouveau record historique lundi 5 janvier 2009 à 19h, à 90 200 mégawatts (MW).
Le dernier maximum historique de consommation avait été enregistré le lundi 17 décembre 2007 à 18H58, avec un pic à 88 960 MW, qui faisait suite à un précédent record de 86 280 MW le 27 janvier 2006.
La consommation pourrait même culminer à près de 91 000 MW mardi et mercredi, selon les prévisions de RTE (Réseau de Transport d’Electricité), à cause de la vague de froid. "Les températures enregistrées aujourd'hui sont inférieures de 5°C aux normales saisonnières, remarquait RTE.
Vers 19h en semaine, quand les français rentrent du travail, la consommation d'électricité effectue un bond rapide, car ils utilisent de plus en plus de chauffage et d'appareils électriques, mais aussi parce que la surface des logements ne cesse d'augmenter. La consommation en période de pointe progresse ainsi chaque année plus fortement que la consommation moyenne.
Or, les seuls moyens de production d'électricité capables de faire face à des pics aussi intenses et soudains sont les turbines à combustion au fioul, au gaz et au charbon. Vous suivez donc le raisonnement d'EDF (consultez leur programmation pluriannuelle des investissements de production électrique) : cette tendance se prolongeant, il faut investir dans de nouvelles centrales... au charbon et au fioul, fortement émettrices de gaz à effet de serre ! C'est quand-même triste au XXIe siècle !
La maîtrise de la consommation d'énergie concourra donc "à la lutte contre le changement climatique", indique RTE. Le gestionnaire de réseau invite les Français "à mieux maîtriser leur consommation d'électricité, notamment au moment de ces pointes de consommation, entre 18h et 20h". Il conseille notamment d'éteindre la lumière et de moduler la température dans les pièces inoccupées chauffées à l'électricité, de fermer les volets la nuit, d'utiliser les appareils électroménagers (lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, etc.) après 20h, voire même idéalement entre 2h et 4h du matin, où la consommation étant la plus basse de la journée, la production nucléaire et hydroélectrique, à zéro CO2, suffit. Un petit effort pour la planète svp !
03 février 2008
Il y a un an, sur NonALaDette.fr
Dans l'article intitulé "Vers une hausse des prix agricoles ?", je vous annonçais avant tous les grands médias l'augmentation du prix des produits alimentaires qui s'est effectivement produite fin 2007. J'écrivais : "Les cours des céréales ont commencé à augmenter en 2005 et 2006, mais cela pourrait n'être que le début d'un très gros problème".
En un an, les prix des céréales ont nettement augmenté : stabilité pour le Maïs qui avait fortement augmenté dès 2006, mais +56% pour le soja et +76% pour le blé ! Et ils ne sont pas les seuls, votre petit déjeuner va bientôt vous couter plus cher aussi : sur les seuls 6 derniers mois le sucre a pris 16% et le cacao et le café +13%. Cette tendance lourde va se poursuivre. En effet, pendant l'année 2007 de très nombreux pays exportateurs de denrées alimentaires ont décidé de réduire leurs exportations (soit par quotas, soit par taxes) ce qui amène moins d'offre sur le marché mondial et est donc un moteur de la hausse des prix.
La seule bonne nouvelle dans tous ça c'est la forte hausse du revenu des agriculteurs producteurs de céréales (+98% en 2007 après +44% en 2006, c'est presque aussi rapide que Sarkozy!) qui peuvent désormais vivre de leurs revenus sans subventions.
20 janvier 2008
Hausse de la consommation d'électricité en France en 2007
Alors que nous consommions 30 TWh par an au début des années 50, en 2007 nous avons utilisé 480,3 TWH, selon le bilan annuel de Réseau de Transport d'Electricité (RTE).
Par rapport à 2006, notre consommation brute n'augmente que de 0,4% grâce à un hiver particulièrement doux début 2007 (économies de chauffage) et un été frais (économies de climatisation), et malgré un mois de décembre froid. Hors ce "bénéfice climatique", la consommation augmente de 2,2%, alors même qu'elle avait baissé de 0,2% en 2006 ! Ainsi la croissance de la consommation énergétique a été plus forte que la croissance économique. Cette évolution d'une année sur l'autre se décompose en :
- une baisse de 1,4% dans la grande industrie, conforme à la tendance des années précédentes
- une hausse de 1% dans les PME-PMI et surtout
- une hausse de 2,6% dans le gros du morceau "la clientèle raccordée en basse tension (clientèle domestique, professionnels, services publics, éclairage public, divers tertiaire), dont la consommation augmente d'environ 2,6% en valeur corrigée des aléas climatiques" selon le rapport.
Pour info, la production d'électricité française provient à 77% de centrales nucléaires, à 12% d'énergie hydraulique (barrages), à 1% (seulement!) d'autres sources renouvelables (dont la moitié éolien) et enfin à 10% d'énergie thermique, c'est-à-dire à base de pétrole, charbon ou gaz, la seule émettant des gaz à effet de serre.
La seule aussi, à pouvoir augmenter rapidement sa production pour faire face à un pic de demande. Or la consommation globale augmente, mais pas aussi vite que la "consommation de pointe", comme l'illustre le nouveau record de consommation à un instant donné (88960 MW) établi en décembre dernier plusieurs soirs de suite autour de 19h (prouvant que c'est la consommation des ménages chez eux qui est responsable). Cette tendance aux pics de plus en plus élevés se poursuivra selon RTE : "à horizon 2020 [...] une augmentation forte des consommations de pointe".
Quelles en sont les conséquences ? Pierre Gadonneix, Président Directeur Général d'EDF, cité sur mon blog en juin dernier : "La croissance de la demande appelle des investissements massifs, notamment dans la production" nous lance-t-il pour justifier "la construction de nouvelles centrales thermiques à flamme pour 900 millions d'euros". Ceci complète le programme de "modernisation" (l'emploi de ce terme n'engage que lui) et de renforcement des capacités de production du groupe, présenté en octobre 2005 avec la remise en service de quatre unités de production au fioul (!) et la rénovation de plusieurs centrales au charbon pour un investissment de 920 M€ !
Bref, si nous n'arrivons pas à diminuer notre consommation d'énergie, en particulier dans les périodes de pointe (pourquoi pas en ajoutant aux alertes météo des alertes énergie type : "en raison du grand froid et du pic de consommation à venir éteignez votre chauffage entre 18h30 et 19h30 ce soir"), nous émettrons toujours plus de gaz à effets de serre, alors que notre objectif, rappelons-le, est de les diviser par quatre d'ici à 2050.
14 janvier 2008
La consommation d'électricité augmente encore
Passé de 30 TWh en 1950 à environ 500 TWh de nos jours, notre consommation d'électricité continue d'augmenter, alors qu'il faudrait la réduire. Ainsi, Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a enregistré le lundi 17 décembre 2007 à 19h00 un pic de consommation d’électricité de 88 960 MW (à comparer aux précédents records ci-dessous). En plus, tous les soirs jusqu'au jeudi 20 décembre nous avons dépassé le précédent record de 86280 MW.
Bien qu'on ne puisse reprocher à personne d'avoir allumé son chauffage en rentrant chez lui ces soirs là, le fait que ce record soit établi le soir et à cause d'un froid particulier nous rappelle deux choses :
- C'est la consommation des ménages qui a entrainé ce pic (et non l'industrie). Et c'est pour répondre à ces pics qu'EDF est en train d'investir des milliards dans des centrales à charbon, au pétrole et au gaz, augmentant ainsi nos émissions de gaz à effet de serre.
- Il y a des contraintes à prendre en compte dans nos choix de tous les jours pour consommer moins d'énergie, notamment vivre dans des logements moins grands et mieux isolés, et utiliser des appareils électriques plus économes en énergie.




