Voici une liste des principales dettes à risque avec leur montant et leur dévaluation potentielle. Pour cette dernière donnée, j'ai estimée le risque de défaut + de dévaluation de la nouvelle monnaie qui serait nécessaire pour que l'économie de ces pays puisse rebondir, compte-tenu de l'écart de productivité qui les sépare des pays de l'Euro-Nord.

Encours total d’obligations publiques en zone euro de 5 413 milliards €

Grèce 328 Mds€, risque 200 Mds€ (60%)

Portugal 160 Mds€, risque 80 Mds€ (50%)

Irlande 148 Mds€, risque 40 Mds€ (30%)

Espagne 638 Mds€, risque 320 Mds€ (50%)

Italie 1843 Mds€, risque 600 Mds€ (30%)

A retenir : la faillite de la Grèce représentera de grosses pertes pour les banques européennes. Mais la plupart pourraient survivre après une recapitalisation (voire une nationalisation), au même titre que les faillites du Portugal et de l'Irlande, les trois étant assez bien réparties sur l'ensemble du territoire européen (dette Grèce sourtout détenue par les Allemands, dette Portugaise par les Espagnols et dette Irlandaise par les Britanniques). Ce scénario est maintenant considéré comme probable dans les mois qui viennent (au moins pour la Grèce) et explique la baisse des cours des actions bancaires. En revanche, les entreprises n'ayant pas besoin des banques pour fonctionner pourraient voir leurs cours rebondir si la contagion s'arrête là.

Par contre, le défaut de l'Etat espagnol mettrait à genoux les banques espagnoles (ce sont elles qui détiennent l'essentiel de la dette publique), déjà fragilisées par le défaut Portugais, qui ne pourrait donc a fortiori être recapitalisées par leur Etat. L'Espagne aura donc besoin d'une dévaluation massive pour soutenir son économie qui se serait alors effondrée. Néanmoins, d'une part un défaut de l'Etat espagnol parait peu probable (les taux à deux ans restent en-dessous de 4%), dans ce pays c'est surtout les dettes privées qui sont importantes (et donc le pays ne devrait à priori connaître que des faillites de banques isolées) et d'autre part ces conséquences seraient surtout limitées à l'Espagne.

Enfin, un défaut de l'Italie, dont la dette publique représente bien plus que la Grèce, le Portugal, l'Iralnde et l'Espagne réunis et est détenue par de nombreuses banques en Europe, s'ajoutant au défaut de ces derniers, serait catastrophique : il déclencherait des faillites massives avec pour conséquence une baisse colossale du PIB Européen ! Ce qui déclencherait sûrement un défaut de la France...

Au regard de cette analyse, je pense donc que l'Europe devrait, pour rassurer les marchés (c'est-à-dire nous tous) et redonner confiance en l'avenir, laisser la Grèce sortir de l'Euro et dévaluer et porter son attention sur l'Italie (et dans une moindre mesure l'Espagne) : démontrer que ces deux grands pays de doivent absolument pas faire faillite et que tout sera fait pour l'éviter.