27 octobre 2009
Quel est le grand emprunt ?
Celui de 30 Mds€ qui finance le futur (recherche, infrastructures, développement durable...) ?
Ou celui de 175 Mds€ qui finance le passé (le déficit public) ?
21 octobre 2009
Les Européens mettent Paris en garde contre les déficits
Lu dans Le Monde :
"La politique budgétaire française est de nouveau dans le collimateur des dirigeants européens. Le commissaire chargé des affaires économiques et monétaire, Joaquin Almunia, a indiqué, mardi 20 octobre, au Luxembourg, qu'il avait l'intention d'examiner de près la façon dont les Français ont suivi, ou pas, les recommandations faites par les Vingt-Sept au moment de l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif à leur encontre, en avril.
Cette évaluation risque, en pleine récession, de tourner au bras de fer entre Paris et Bruxelles. Les partenaires européens de la France avaient demandé au gouvernement, au printemps, de ramener le déficit en deçà de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012. Or, depuis, Paris a repoussé cet objectif à 2015. La France prévoit un déficit public de 8,2 % cette année, contre 3,7 % en Allemagne, puis de 8,5 % l'an prochain.
Les dépenses annoncées au fil des jours par l'Elysée, tout comme le projet de grand emprunt, incitent à la plus grande vigilance à Bruxelles. Dès lundi soir au Luxembourg, face à ses collègues de la zone euro, la ministre de l'économie française, Christine Lagarde, a été invitée à préciser ses intentions, quelques heures avant d'aller présenter le projet de loi de finance à l'Assemblée nationale. En marge de cette visite éclair au Luxembourg, elle s'est gardée de commenter ce sujet embarrassant pour le gouvernement. A ses yeux, le début de la consolidation doit aller de pair avec le retour de la croissance et des créations d'emplois, au mieux à l'horizon 2011.
A l'issue de la réunion, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe (le groupe des pays de la zone euro), a lancé une mise en garde à peine voilée à Paris : "Si un ou deux pays, en particulier s'il s'agit de grands pays, s'éloignent d'une politique vertueuse, des Etats voisins plus petits auront de grandes difficultés à expliquer à leur opinion publique pourquoi ils devraient respecter pleinement le pacte de stabilité", a-t-il lancé. A ses côtés, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a invité les Européens à s'en tenir à une "stricte observance" du seul instrument collectif de discipline budgétaire. Pour lui, le déficit de chaque pays devrait être réduit d'au moins un point de pourcentage dès 2011.
A Bruxelles, les eurocrates examinent comment appliquer le pacte de stabilité à des pays comme la France, l'Espagne, l'Irlande et la Grèce, dont le dérapage des comptes publics et l'endettement prennent des proportions "préoccupantes" [...] la Banque centrale européenne (BCE) pourrait menacer de remonter ses taux d'intérêt si les pays de la zone euro laissaient trop filer leurs déficits. Concernant la France, certains experts sont d'avis que la Commission européenne n'aura pas d'autre choix, si la situation budgétaire devait continuer à se dégrader, que d'avancer dans la procédure de déficit excessif, ouvrant la porte à d'éventuelles sanctions. "Techniquement, la France pourrait être visée par une telle mesure dès la fin de l'année, mais la Commission pourrait hésiter, car, politiquement, cela n'est peut-être pas très judicieux vis-à-vis de Nicolas Sarkozy", dit un expert financier. D'autres considèrent que l'exécutif européen pourrait choisir de temporiser, tout en formulant de nouvelles recommandations plus contraignantes à la France."
La Commission Européenne aurait peur de Sarkozy tellement il est génial ?
19 octobre 2009
"25 départements français sont au bord de la faillite"
Selon Arnaud Montebourg. Et oui il n'y a pas que la Californie ! Le président du Conseil général de Saône-et-Loire a traduit le gouvernement en justice afin de récupérer 800.000 euros, facture due au transfert de compétences aux départements dont les recettes ont été asséchées par la crise. Le député PS s'en explique et critique vivement la suppression de la taxe professionnelle.
Source : l'Expansion.com
Article amendé le 16/10/2009 à 12h15
Quel est l'état des finances du département de Saône-et-Loire ?
La crise nous a mis dans le fossé. Les recettes des droits de mutation ont diminué de 10 millions d'euros en 2008 et de 22 millions cette année. Et pendant ce temps, les dépenses sociales (RMI, RSA ? APA, protection de l'enfance, etc.) explosent. Résultat, il me manque aujourd'hui 25 millions d'euros pour boucler mon budget.
Le Premier ministre François Fillon a exhorté le mois dernier les collectivités locales à réduire leurs dépenses. Que lui répondez-vous ?
L'Etat a fait des conseils généraux des quais de déchargement de ses compétences
C'est déjà fait ! En 2008, quand j'ai pris la présidence du Conseil général, j'ai pris de nombreuses mesures pour réduire le train de vie de la collectivité. Ce plan nous a permis d'économiser 10 millions d'euros. Cette année, nous avons réduit de 30% les aides aux communes rurales, nous avons supprimé les subventions aux clubs sportifs professionnels ainsi qu'à de trop nombreux programmes culturels. Nous avons également transféré aux communes les subventions des cantines des ecoles puisque c'est de leur responsabilité. A ce rythme, je ne suis pas sûr que le transport scolaire reste gratuit encore très longtemps...
Ces coupes dans les subventions ne sont pas très "sociales"...
Je n'ai plus le choix, car je n'ai plus d'argent ! En France, 25 départements sont actuellement en cessation de paiement, au bord de la faillite. Cette situation nous oblige à couper dans les dépenses non obligatoires, malheureusement y compris dans les dépenses sociales. La conséquence est que nous, élus, nous portons atteinte à nos valeurs, a nos convictions et au contrat passé avec les électeurs. Cette perte de liberté signifie la fin de la décentralisation.
François Fillon a notamment déploré que les collectivités locales recrutent trop de fonctionnaires...
C'est incroyable ! je rappelle à Monsieur Fillon que sur les cinq dernières années, 90% des recrutements des collectivités locales sont dus aux transferts de compétences de l'Etat, comme les agents des collèges ou les anciens agents des DDE en charge de l'entretien des routes nationales transférées dans leur quasi totalité aux départements. L'Etat a fait des conseils généraux des quais de déchargement de ses compétences sans compensation financière.
Nicolas Sarkozy paiera très cher politiquement la réforme de la taxe professionnelle
C'est pourquoi vous réclamez aujourd'hui 800.000 euros à l'Etat ?
C'est en effet la facture liée à la création de postes suite aux transferts de compétences de l'Etat sur un an. J'ai écrit au Premier ministre François Fillon en ce sens, demandant au gouvernement de répondre à ses obligations constitutionnelles. Suite à son refus, je l'ai traduit devant le Conseil d'Etat. En outre, j'ai décidé de ne plus faire de crédit à l'Etat : nous avons par exemple cessé de financer la construction de la dernière route nationale du département, le train de vie des centres d'information et d'orientation, le Centre départemental d'accès au droit, et nous ne payerons plus pour les dépenses de RSA non compensées par l'Etat.
Quelle est votre position sur la réforme de la taxe professionnelle ?
Cette réforme va mettre les collectivités locales en faillite dès 2010. Dans le projet de loi de finances adopté en commission à l'Assemblée, le cadeau de 8 milliards d'euros n'est compensé que de moitié. Soit un manque à gagner de 4 milliards. Les départements n'auront plus le pouvoir fiscal, ils ne pourront plus s'endetter. Ils devront donc encore plus réduire leurs dépenses sociales, malheureusement les plus nécessaires à la population. Cette réforme est un acte inconséquent, surtout en période de crise. Les présidents des groupes UMP de l'Assemblée nationale et du Sénat, M. M. Copé et Longuet, ont demandé à Nicolas Sarkozy de repousser cette réforme de la taxe professionnelle après 2010. Il s'y refuse. Je crois que son inconséquence est à la mesure de l'irresponsabilité et de la folie pure que représente cette reforme.. Mais il lui en cuira de s'en prendre a la liberté de nos provinces, il le paiera très cher politiquement.
17 octobre 2009
Pas de prime à la cuve cette année
Depuis quelques années, la France subventionnait de fait les émissions de CO2, mais il fallait aider les ménages se chauffant au fioul à faire face à une augmentation de son prix. "L'aide à la cuve est une aide ponctuelle, justifiée par une situation exceptionnelle sur les marchés pétroliers", souligne-t-on au ministère de l'Economie.
Cette prime sera supprimée cette année, parce que les caisses sont vides et que le prix du fioul domestique a baissé à 57,9 centimes d'euros le litre en septembre 2009, contre 83,3 centimes sur l'ensemble de l'année 2008 et 65 centimes en 2007 et 2006.
Dans l'esprit de la taxe carbone, il faut maintenant que ces ménages soient incités à changer leur chauffage pour un système plus respectueux de l'environnement.
16 octobre 2009
Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches
Je me reconnais dans cette citation, lue sur Agoravox. Pour ceux, comme les économistes de l’Ecole autrichienne qui croient encore dans la libre entreprise, il faut rappeler les paroles de Ludwig Von Mises lui-même : « Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches. »
Etre libéral ce n'est pas protéger les puissants, au contraire.
Dans le même article, j'aime bien aussi : "au lieu de changer le pansement, il vaudrait mieux penser le changement"
15 octobre 2009
La Belgique veut taxer ses banques pour réduire son déficit
Un an après avoir volé au secours de ses banques ébranlées par la crise, la Belgique leur demande de renvoyer l'ascenseur et les met à contribution pour réduire ses déficits creusés par les aides massives apportées au secteur financier. A partir de 2012, elles devront verser une "prime de garantie" de 0,15% sur le montant des dépôts et de l'épargne.
La suite sur l'Expansion.com : http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/la-belgique-taxe-ses-banques-pour-reduire-son-deficit_203591.html?XTOR=EPR-175
Déficit de l'Unedic de 4Mds€ en 2010
Après 1 Md€ en 2009.
L'Unedic prévoit 3,6Mds€ de déficit en 2010 mais basé sur des hypothèses que je trouve trop optimistes. Message officiel :
"Le déficit de l'assurance chômage pourrait atteindre 3,6 milliards d'euros en 2010 en raison de la poursuite de la montée du chômage malgré la reprise de l'activité, prévient mercredi l'Unedic.
L'organisme qui assure la gestion de l'assurance chômage s'attend par ailleurs à un déficit de 902 millions d'euros cette année, selon le communiqué publié à l'issue d'une réunion de son bureau consacrée à sa nouvelle prévision d'équilibre financier.
Le déficit cumulé de l'assurance chômage atteindrait ainsi 5,9 milliards d'euros au 31 décembre de cette année et 9,5 milliards un an plus tard.
Ces prévisions sont fondées sur l'hypothèse d'une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 2,2% cette année suivie d'un retour à la croissance (+1,1%) en 2010.
Cette évolution de l'activité irait de pair avec une contraction de l'emploi salarié de 413.000 postes en 2009 et une augmentation du nombre des chômeurs de 509.000. Pour 2010, les projections de l'Unedic font état de 75.000 suppressions de postes mais d'une réduction de 22.000 du nombre de chômeurs."
14 octobre 2009
Le dogme du bouclier fiscal remis en cause par un rapport parlementaire
Il y a encore quelques personnes responsables à l'UMP. Pour l'instant elles n'arrivent pas à convaincre le président, mais elle y travaillent, sous la pression naissante de l'opinion...
C'est une brèche dans le dogme érigé par Nicolas Sarkozy sur le bouclier fiscal, en fonction duquel un contribuable ne doit pas verser au fisc plus de 50 % de ses revenus au titre des impôts directs et des contributions sociales, incluant la CSG et la CRDS. Dans un rapport présenté mercredi 14 octobre à la présidence de l'Assemblée nationale, le président (UMP) de la commission des lois, Jean-Luc Warsmann, demande de retirer la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) des impositions prises en compte dans le bouclier fiscal. Pour M. Warsmann, cette mesure est justifiée par l'ampleur "exceptionnelle" de la dette sociale. "Lutter contre cette dette est une cause nationale qui suppose la solidarité de tous, explique le rapport. La CRDS se distingue de l'impôt. Sa seule raison d'être est le remboursement de la dette sociale."
Assurer le financement de la dette sociale est "un devoir moral", analyse le rapport de la commission des lois. "Plus on attend, plus le coût sera élevé", prévient M. Warsmann. Le rapport y consacre un chapitre entier et un ensemble de propositions. Il suggère de "transférer de droit tout déficit constaté" en fin d'exercice ou supérieur à 10 milliards d'euros dans la loi de financement de la Sécurité sociale à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) et de prévoir une ressource nouvelle destinée à couvrir son remboursement.
Il n'est pas courant que la commission des lois s'empare du domaine économique. Aussi faut-il voir dans cette "contribution" un geste politique. Selon un des membres du groupe UMP, qui appuie la démarche de M. Warsmann, "c'est la preuve qu'aujourd'hui, dans la majorité, les responsables sérieux, pas les ultradétracteurs ni les ultragroupies, comprennent qu'on est arrivé à un point de rupture".
On voit mal, dès lors, comment la question de l'assouplissementdu bouclier fiscal pourrait ne pas être au cœur de la prochaine discussion budgétaire. "Si derrière, des collègues souhaitent baser des amendements sur cette contribution, je les soutiendrai naturellement", lâche M.Warsmann. S'ajoutant au débat sur les niches fiscales, c'est tout un pan de la politique économique de M.Sarkozy qui est de plus en plus contesté.
Article complet sur Le Monde.fr : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/14/le-dogme-du-bouclier-fiscal-remis-en-cause-par-un-rapport-parlementaire_1253668_823448.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20091014-%5Bzonea%5D
13 octobre 2009
Réduction des déficits en vue chez nos voisins
Avec le début d'une reprise de la croissance économique s'ouvre une nouvelle période : après avoir joué un rôle contracyclique et permis d'éviter un choc trop violent et rapide, l'Etat peut - et doit - reprendre petit à petit le contrôle de ses finances publiques. Il doit réduire des dépenses et augmenter des impôts. Certains pays ont déjà agit (comme l'Irlande), les grands pays comparables au nôtre commencent maintenant. Et il va être intéressant de les observer.
En Allemagne, Angela Merkel a été réélue, avec pour programme notamment de réduire le déficit.
Au Royaume-Uni, où s'ouvre la campagne électorale des legislatives, Gordon Brown annonce des cessions d'actifs, donc des privatisations, à hauteur de 16 Mds£ (env 17 Mds€) pour dégager du cash et donc réduire la dette. Gouvernement actuel et opposition s'accordent sur la necessité de geler les salaires des fonctionnaires pendant un an (hormis les moins payés).
La Lettonie est dans une situation plus contrainte : elle doit réduire ses dépenses publiques de 500 millions de lats (env 700 millions d'euros) pour obtenir un prêt du FMI de 7 Mds€ qui lui permettrait de recommencer à investir pour la croissance future. Et elle veut rejoindre la zone euro en 2012. Je trouve que le premier ministre Valdis Dombrovskis a trouvé une bonne formulation pour justifier cette rigueur budgétaire : "La Lettonie a le choix entre deux scénarios économiques possibles: "mauvais ou pire", a-t-il déclaré mercredi. Le mauvais c'est de réduire les salaires des fonctionnaires de 35% et les pensions de retraite (déjà faibles) de 20%. Au même titre que la Lituanie qui a elle aussi un taux de change fixe avec l'euro, elle réfléchit d'ailleurs aux avantages que pourrait apporter une dévaluation de sa monnaie...
En France ? Oh, non chez nous tout va bien, si si promis. On ne se soucie pas de ces problèmes. Dans notre royaume, sa Majesté avait promis de faciliter l'entrée des jeunes dans la vie active, c'est chose faite. A 23 ans on peut maintenant devenir président du plus grand quartier d'affaires d'Europe ! Et sur un tout autre sujet (quoique...) le parlement va voter une loi contre le tourisme sexuel dans quelques mois : heureusement on a des spécialistes au gouvernement ! Tout va bien je vous dis.
Pédagogie de la dette
Voici un lien avec des explications claires sur déficit et dette.
http://www.educnet.education.fr/comptes/etat/dette/accueildette.htm