Je vais avoir l'honneur d'intervenir dans l'émission Ca vous regarde sur La Chaine Parlementaire - Assemblée Nationale, prévue ce mardi soir 6 octobre à 19h50, sur le thème : "Dette : qui va payer l'adition ?" (bien-sûr !)

Merci à Valérie Brochard de m'avoir invité via ce blog.

A cette occasion, je recopie ici mon "article fondateur" sur ce blog, version actualisée en 2007 de mon premier coup de gueule public contre la dette des baby-boomers, posté le 06/11/2004 sur le forum Economie et social de Lemonde.fr. Aujourd'hui, je mets juste à jour un chiffre, la dette, passée de 1000 Mds€ à 1400Mds !

Les baby-boomers sont des voleurs ! Par laxisme et lâcheté, ils se sont accordés des services publics couteux sans en payer le coût par leurs impôts. Ils ont pillé les ressources de l'Etat à long terme et généré une dette inimaginable par accumulation de déficits publics. Ceux qui protestent dès que les impôts augmentent, dès que quelqu'un essaie de réduire les dépenses de l'Etat et ceux qui réclament des dépenses supplémentaires sont les principaux responsables.

Jeunes, vous comme moi savez ce qui s'est passé : nos parents ont collectivement accumulé une dette publique de plus de 1400 milliards d'euros, qui génère plus de 50 milliards d'euros de charges d'intérêts chaque année. Autant de milliards d’euros qu’on ne peut plus utiliser pour notre éducation, notre défense, notre justice, notre culture ni nos dépenses personnelles ! Si nos parents n'avaient pas vécu au dessus de leurs moyens ces 30 dernières années, il suffirait que les impôts prélevés par l'Etat soient chaque année de 200 milliards au lieu de 250 ! Pour le même service public !

Nous payons 50 milliards par an le train de vie passé de nos parents.

Et nous n’avons pas encore commencé à payer leurs vieux jours, qui coûteront bien plus : le papy-krach arrive ! Dans cette perspective, l'équité intergénérationnelle aurait supposé des comptes publics massivement en excédent au cours des 30 dernières années pour pouvoir encaisser des déficits entre 2020 et 2040.

Si les baby-boomers avaient simplement omis de mettre cet argent de côté, où avaient dépensé pour préparer notre avenir (éducation, recherche, infrastructures...) on pourrait leur pardonner. Au contraire, non seulement cette génération n'a pas mis de côté mais elle a fait strictement l'inverse : elle a emprunté pour financer son train de vie, ses prestations sociales, ses administrations publiques obsolètes. Elle a eu beau privatiser des entreprises à tours de bras, encaissant ainsi des centaines de milliards d'euros, cela n'a pas suffit et elle s'est endettée de plus de 1400 milliards d'euros supplémentaires. Cette génération nous a pris en otages : elle pense qu'une fois à la retraite on ne pourra plus remettre en cause ses généreuses pensions pour lesquelles elle n’a pourtant pas assez cotisé.

Nous, nous ne vivrons pas au dessus de nos moyens, nous ne vivrons pas non plus à hauteur de nos moyens, mais en dessous, étant donné qu'une part importante de nos revenus sera désormais destinée à couvrir les intérêts de leur dette. Ces pilleurs se sont servis les premiers dans le plat et tout ce qu'ils nous laissent, c'est la vaisselle et les pots cassés ! Et encore je ne parle pas des autres "cadeaux" dont nous héritons : le chômage de masse, la pollution, le changement climatique, l’épuisement des matières premières (pétrole, métaux, fertilité des sols...), etc.

Jusqu’ici les jeunes n’ont pas manifesté leur désaccord avec cette attitude. Mais il n’est pas trop tard : si on réagit assez tôt, on pourra diminuer les effets de cette injustice. Sinon, on se laissera condamner, les jeunes d'aujourd'hui et de demain, à payer plus d'impôts pour moins de services publics. Les entreprises de demain devront payer plus d'impôts aussi. Et dans un contexte de mondialisation totale on sait que cela fera partir encore un peu plus d'emplois. On se dirige vers un scénario merveilleux : plus de chômage, plus d'impôts, moins de revenus pour tout le monde ! C'est ce qui est en train de se passer et ce à quoi il faut mettre un terme.

Militons pour une augmentation immédiate des impôts couplée à une vaste diminution des dépenses, jusqu'à atteindre l’excédent budgétaire, c’est à dire le début du remboursement de leur dette.