05 août 2009
Rien n'a changé ?
Nous venons de subir une crise d'une ampleur inconnue depuis les années 1930. Et il semble, selon les marchés financiers qui dépassent de nouveaux records annuels tous les jours, que tout est en train de repartir : les entreprises publient des résultats meilleurs que prévu, les traders vont de nouveau obtenir des primes meilleures que prévues, la décroissance du PIB est moins grave qu'attendue, etc. Tout cela après que les Etats (c'est-à-dire nous les peuples) se soient endettés par milliers de milliards de dollars pour renflouer les banques.
Ca fait réfléchir : il y a quelque chose qui cloche sacrément dans ce système. Et - collectivement - on s'est fait rouler comme des glands, tout en souriant !
D'ailleurs, où ont disparu les altermondialistes ?
Monde étrange...
Plus de détail sur les rémunérations des banquiers de Wall Street en 2008 (supérieurs aux résultats de leurs banques !) ici : http://www.denissto.eu/node/146
03 août 2009
La dette publique et son coût
Cette fois, « il y a urgence » car « la France approche d'une zone très dangereuse », a souligné le 23 juin le premier président de la Cour des Comptes, Philippe Séguin, en présentant le rapport sur la « situation et les perspectives des finances publiques ». La France a affronté la crise dans une situation déjà très dégradée, avec un déficit structurel (hors effets de la conjoncture) estimé à 3,5 % de PIB (contre 1,4 % pour la zone euro). Ensuite parce que l'impact de la récession provoque une « dégradation sans précédent », avec un déficit qui sera supérieur à 7 % du PIB cette année et qui se situera encore au-delà de 6 % du PIB en 2012, même avec le retour d'une croissance soutenue. La dette approcharait alors 90% du PIB et son coût (les interêts) augmenterait de plus de 20 milliards.
Personnellement, je ne pense pas à un retour à une croissance de plus de 1%. Le déficit tendra vers 10% tant qu'on aura pas décidé de le réduire activement. La dette aura dépassé 100% du PIB avant 2012. Son coût augmentera d'au moins 40 milliards, à près de 5% du PIB (environ 100 milliards par an).
Dit autrement, en ne réduisant pas le déficit aujourd'hui, on l'augmente de 40 milliards par an structurellement. On créé une "dette à venir", qui s'ajoute à l'actuelle.
Philippe Séguin appelle dès lors à un « effort drastique de réduction des dépenses », de 70 milliards d'euros d'ici à 2012 (pour supprimer le déficit structurel). Personnellement je crois que la réduction du déficit structurel implique un effort proche de 150 milliards, à répartir entre baisse des dépenses et hausse des impôts.
Et il ajoute que « l'idée selon laquelle la France s'en tirerait mieux que ses voisins est trompeuse. Les lendemains risquent d'y être pires qu'ailleurs ».
