30 juin 2009
La dette publique de la France atteint 1413 milliards d'euros
La dette publique de la France (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) a augmenté de 86,5 milliards d'euros au premier trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent pour atteindre 1.413,6 milliards, soit "approximativement" 72,9% du PIB, a annoncé mardi l'Insee.
La dette brute des administrations publiques, calculée selon les critères de Maastricht, a ainsi augmenté de 4,8 points de PIB par rapport à la fin décembre 2008, précise l'Institut national de la Statistique.
Selon les dernières prévisions du ministère du Budget, la dette publique est désormais attendue à 77% du PIB à la fin 2009, 83% du PIB en 2010, 86% du PIB en 2011 et 88% du PIB en 2012, en lien avec l'envolée du déficit public et la crise économique qui frappe la France.
Le gouvernement tablait initialement dans son projet de budget 2009 sur une dette à 66% à la fin de cette année.
Source : L'Expansion
23 juin 2009
Le Rapport 2009 de la Cour des Comptes
22 juin 2009
Repenser le déficit ? Non merci.
Quand un problème le dérange, Nicolas Sarkozy propose souvent de le regarder sous un autre angle, qui lui est plus favorable. Cet après-midi le président a appelé les parlementaires réunis en congrès à Versailles à "changer radicalement la façon de poser le problème" du déficit public : il faut selon lui "distinguer le mauvais déficit" – bureaucratie, frais de fonctionnement – du "bon déficit", causé par les dépenses "jouant un rôle d'amortisseur social" et finançant l'avenir, lesquelles justifient un emprunt national.
Je suis en total désaccord avec cela. On peut certes distinguer les mauvaises dépenses publiques - bureaucratie, inefficacité des services publics - des bonnes dépenses publiques - notamment celles jouant un rôle d'amortisseur social - mais rien ne justifie de les financer par l'emprunt (c'est-à-dire les impôts et les taxes de demain) : elle doivent être financées par les impôts et les taxes d'aujourd'hui !
Attendre qu'une forte croissance viennent combler spontanément le déficit est un leurre irresponsable. Il n'a rien de nouveau (pratiqué depuis 35 ans en France), mais il doit cesser. Seules les dépenses d'investissements peuvent être financées par l'emprunt, mais ça ne représente pas 140 milliard d'euros par an !!! 10 ou 20 tout au plus !
Continuons à penser avec notre logique, pas celle de l'omni-président !
Le déficit public de la France atteindra entre 7 et 7,5% du PIB en 2009
...et sera "probablement" équivalent en 2010 tandis que celui de la Sécu devrait atteindre 30 milliards également en 2010, a déclaré dimanche le ministre du Budget Eric Woerth.
Si vous êtes lecteur régulier de NonALaDette, cette information ne vous étonnera pas puisqu'elle était publiée ici dès le 4 mars : "Soit un total [de déficit public] d'au moins 120 [milliards d'euros], et plus vraisemblablement 130 ou 140 au vu des derniers chiffres", puis précisée le 4 avril :
"mes prévisions de déficit 2009 :
- 100 Mds€ pour l'Etat (+75%), en ligne avec la prévision officielle
- 20 Mds€ pour les organismes de sécurité sociale (multiplié par 22 !), dont 20 Mds€ de déficit pour le régime général de la sécurité sociale et à peu près l'équilibre pour l'assurance chômage et les retraites complémentaires
- 15 Mds€ pour les administrations publiques locales (+36%, en prenant pour hypothèse que le chiffre 2008 sera révisé à 11 Mds€, contre 8,6 estimé aujourd'hui par l'INSEE)
Total déficit public 2009 = 135 Mds€, soit 7,2% du PIB (qui baissera de 1950 à environ 1880 Mds€ : baisse du PIB réel de 3% - un des plus faibles reculs en occident - et baisse des prix moyenne de 0,5%)
La dette publique déjà à 1327,1 Mds€ à la fin de 2008, soit 68% du PIB, atteindra 1460 Mds€, soit plus de 77% du PIB dès la fin de 2009."
Deux mois et demi après, l'information devient officielle. Pour l'instant, grâce à notre appartenance à la zone euro (suffisemment solide pour empêcher le taux d'interêt auquel emprunte l'Etat français d'exploser), cela n'a pas de conséquence à court-terme sur notre niveau de vie. La dette reste soutenable et la situation semble pouvoir perdurer quelques années, le temps d'attendre la reprise, pense-t-on au gouvernement : "Le déficit de l'Etat, en 2010, se réduira", prédit Eric Woerth, "parce que les recettes fiscales seront un peu meilleures" grâce à la "légère croissance" et aux "plans de relance".
En réalité, il faudrait une très très forte croissance pour réduire les déficits de 140 milliards, objectif minimum pour revenir à l'équilibre, mais il faudrait en réalité revenir bien au-dessus pour rembourser les excès passés... Une forte réduction de notre niveau de vie, privé via une hausse des impôts, ou public via une réduction des services publics, sera inévitable, en plus d'une optimisation maximale des dépenses publiques.
20 juin 2009
Desertec
En voilà une bonne idée : la fondation Desertec, soutenue par de nombreuses entreprises, veut créer un réseau de centrales solaires entre l'Europe, le Maghreb et le Moyen-Orient. L'idée, puiser l'énergie (évidemment renouvelable) du soleil là où elle est - dans les déserts - pour l'acheminer vers les villes. Le projet Desertec pourrait ainsi fournir à l'Europe 15% de sa consommation totale d'électricité !
19 juin 2009
Les dépenses de fonctionnement de l'Elysée ont augmenté de 21,7 % en 2008
On a trouvé une partie (symbolique) de la hausse du déficit !
"Pas de restriction budgétaire à l'Elysée. Quand le budget de l'Etat a augmenté de 2,8 % en 2008 par rapport à l'année précédente, celui de la présidence de la République a connu une progression de 18,5 %. Les dépenses de fonctionnement enregistrent, quant à elles, une croissance de 21,7 %.
La loi de finances initiale avait prévu une dotation de 101,157 millions d'euros. Malgré les 9,2 millions de crédits complémentaires votés fin 2008, le montant total des dépenses exécutées en fin d'exercice – dotation d'investissement comprise – s'élève à 113,182 millions d'euros, soit un dépassement de 2,8 millions, selon le document "Pouvoirs publics" figurant en annexe du projet de loi de règlement des comptes de 2008.
"La présidence de la République s'engage à publier chaque année, à compter de 2008, un rapport retraçant l'utilisation des fonds alloués à son fonctionnement", avait promis le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, lors du vote du budget, se portant garant de la "transparence" la plus totale.
Les cinq pages de "description des charges" qui accompagnent la présentation des comptes restent succinctes. Ainsi le même flou continue-t-il à entourer les effectifs de l'Elysée et le coût des fonctionnaires mis à disposition.
Poursuivant le travail d'investigation méthodique engagé depuis sept ans, René Dosière, député (app.PS) de l'Aisne, apporte bon nombre d'éclaircissements. Les charges de fonctionnement courantes (26 millions d'euros) font un bond de 51,2 % par rapport à l'année précédente.
"Leur évolution est largement dépendante de la très forte augmentation de l'activité de la présidence", indique le rapport budgétaire en guise d'explication, qui se félicite que la mise en concurrence des fournisseurs ait permis de contenir les dépenses. Ainsi, le coût par convive de la garden-party du 14-Juillet a-t-il été ramené, selon le document, de 76,22 euros en 2007 à 67,45 euros en 2008.
"Le lecteur en conclut que la garden-party coûte moins cher, relève M. Dosière. La réalité est exactement contraire puisqu'elle a coûté plus cher : 474 523 euros en 2008 contre 419 213 en 2007, soit + 13,4 %. Ce que ne dit pas le rapport, c'est que le nombre d'invités est passé de 5 500 à 7 050."
Les déplacements (16,3 millions d'euros) augmentent de 26,3 %. Sans pour autant que soient levées toutes les incertitudes concernant ce poste. La facturation des vols effectués avec les moyens de l'Escadron de transport, d'entraînement et de calibration (Etec) ne correspond pas, en effet, à leur coût réel.
M. Dosière s'interroge sur la sous-estimation des dépenses et, pour certains déplacements officiels, sur le nombre de participants et l'ampleur des moyens mobilisés. Pas moins de 311 personnes accompagnaient M. Sarkozy lors de son voyage en Chine, en novembre 2007, pour lequel avaient été affrétés 3 Airbus, un Falcon 900 et un Mystère 50 médicalisé.
Le député n'hésite pas à mettre en doute la "régularité" et la "sincérité" du budget présenté, allant jusqu'à parler de "manipulations budgétaires". Ainsi s'étonne-t-il de l'inscription de recettes, pour un montant de 2,4millions d'euros, afin d'éviter de faire apparaître un déficit budgétaire, alors que celles-ci "présentent un caractère incertain et non conforme aux règles".
Pour M. Dosière, la "description" des dépenses de l'Elysée présentée dans ce document budgétaire relève de la "politique de communication"."
Article paru dans l'édition du Monde du 17.06.09.
16 juin 2009
Le déficit de la Sécu explose à 20 milliards
"La commission des compte de la Sécurité sociale évalue à 20,1 milliards d'euros le déficit 2009 du régime général, deux fois plus que l'an dernier. "
"Pour relativiser ces chiffres, on peut les rapporter au budget total du régime général, qui dépasse 300 milliards d'euros, et relever que le «trou de la Sécu» reste moins profond que celui de l'État… La branche maladie (Cnam) reste la plus déficitaire à - 9,4 milliards d'euros, contre - 4,4 milliards en 2008. La branche vieillesse (Cnav) enregistre un trou de 7,7 milliards, après 5,6 milliards l'an dernier. "
"C'est bien l'effondrement des ressources qui explique ces déficits. Les recettes de la Sécu sont très dépendantes de la masse salariale qui, devrait reculer de 1,25 % en 2009. "
Source : Le Figaro
Rien à ajouter.
15 juin 2009
Le déficit de l'Etat explose à 72 milliards à fin avril
Il fut un temps pas si lointain où nous trouvions inacceptable un déficit de 40 milliards par an. En seulement 4 mois, l'Etat vient de dépenser 72 milliards de plus que ses recettes ! L'an dernier à la même date, c'était 45 milliards (année qui s'est terminée à 66 milliards).
Les recettes se sont effondrées de plus de 25% ! Un petit tiers de cette baisse est dûe à un décalage dans le temps (l'Etat a choisi de prélever plus tard aux entreprises certaines sommes pour éviter des faillites en série). Ceci mis à part, les recettes diminuent quand-même de près de 20%. C'est énorme ! Doit-on réduire les services publics d'autant ?
Dans le détail, l'Etat a perçu 25 milliards de moins que l'an dernier :
7 milliards de décalage temporaire
12 milliards d'Impôt sur les Sociétés
5 milliards de TVA
"Le projet de loi de finance rectificative pour 2009, adopté en avril par le Parlement, prévoit un déficit record de 104 milliards d'euros cette année mais ce chiffre risque d'être revu à la hausse au vu de la baisse plus forte que prévu de l'activité pendant les trois premiers mois de l'année.
Le gouvernement a officialisé cette semaine sa nouvelle prévision d'une croissance de -3% cette année, au lieu de -1,5% précédemment, ce qui entraînera mécaniquement une baisse des recettes. Les prévisions pour le budget seront discutées à l'occasion du débat d'orientation budgétaire dont l'ouverture est programmée le 30 juin à l'Assemblée nationale."
Source : L'Expansion
