22 juin 2009
Le déficit public de la France atteindra entre 7 et 7,5% du PIB en 2009
...et sera "probablement" équivalent en 2010 tandis que celui de la Sécu devrait atteindre 30 milliards également en 2010, a déclaré dimanche le ministre du Budget Eric Woerth.
Si vous êtes lecteur régulier de NonALaDette, cette information ne vous étonnera pas puisqu'elle était publiée ici dès le 4 mars : "Soit un total [de déficit public] d'au moins 120 [milliards d'euros], et plus vraisemblablement 130 ou 140 au vu des derniers chiffres", puis précisée le 4 avril :
"mes prévisions de déficit 2009 :
- 100 Mds€ pour l'Etat (+75%), en ligne avec la prévision officielle
- 20 Mds€ pour les organismes de sécurité sociale (multiplié par 22 !), dont 20 Mds€ de déficit pour le régime général de la sécurité sociale et à peu près l'équilibre pour l'assurance chômage et les retraites complémentaires
- 15 Mds€ pour les administrations publiques locales (+36%, en prenant pour hypothèse que le chiffre 2008 sera révisé à 11 Mds€, contre 8,6 estimé aujourd'hui par l'INSEE)
Total déficit public 2009 = 135 Mds€, soit 7,2% du PIB (qui baissera de 1950 à environ 1880 Mds€ : baisse du PIB réel de 3% - un des plus faibles reculs en occident - et baisse des prix moyenne de 0,5%)
La dette publique déjà à 1327,1 Mds€ à la fin de 2008, soit 68% du PIB, atteindra 1460 Mds€, soit plus de 77% du PIB dès la fin de 2009."
Deux mois et demi après, l'information devient officielle. Pour l'instant, grâce à notre appartenance à la zone euro (suffisemment solide pour empêcher le taux d'interêt auquel emprunte l'Etat français d'exploser), cela n'a pas de conséquence à court-terme sur notre niveau de vie. La dette reste soutenable et la situation semble pouvoir perdurer quelques années, le temps d'attendre la reprise, pense-t-on au gouvernement : "Le déficit de l'Etat, en 2010, se réduira", prédit Eric Woerth, "parce que les recettes fiscales seront un peu meilleures" grâce à la "légère croissance" et aux "plans de relance".
En réalité, il faudrait une très très forte croissance pour réduire les déficits de 140 milliards, objectif minimum pour revenir à l'équilibre, mais il faudrait en réalité revenir bien au-dessus pour rembourser les excès passés... Une forte réduction de notre niveau de vie, privé via une hausse des impôts, ou public via une réduction des services publics, sera inévitable, en plus d'une optimisation maximale des dépenses publiques.
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