28 avril 2009
Pouvoir d'achat en hausse ?
Une
question me taraude suite à la publication de bons chiffres de consommation des
ménages en France (hausse de 1,1% de la consommation des ménages en produits
manufacturés en mars, annoncée vendredi par l'Insee. Ce chiffre meilleur que
prévu permet d'arriver à une légère progression de 0,4% sur l'ensemble du
premier trimestre, après un recul de 0,6% sur les trois derniers mois de 2008).
Bref en plein dans la crise et alors que des dizaines de milliers perdent leur
emploi, la consommation (en volume, c'est-à-dire le nombre de "trucs"
qu'on achète) reste stable, après avoir augmenté de 2,1% à 2,6% par an depuis
2003 - comme le montre le tableau - (et en réalité c'est à peu près le rythme
connu depuis deux siècles).
Ma question est : comment notre pouvoir d'achat serait-il en baisse alors que
l'on s'achète de plus en plus de trucs (des mètres carrés pour se loger, des équipements pour le logement, de l'éducation, des frais de santé, des loisirs...) ?!
10 avril 2009
Taux du livret A : quelle bande de nazes !
J'inclus le gouvernement et les journalistes. Car on peut lire de gros mensonges, dans l'Expansion notamment (mais on retrouve la même erreur ailleurs) : "le taux du livret A sera ramené à 1,75% au 1er mai, au lieu de 2,5% actuellement. L'application du mode de calcul automatique du taux, qui dépend en particulier de l'inflation, aurait même dû faire passer la rémunération du Livret A à 1%. Mais le gouvernement a décidé de donner un coup de pouce pour "contribuer à un meilleur financement de l'économie française et aux objectifs du plan de relance".
Mais bien sûr, quel généreux gouvernement ! La réalité se trouve pourtant dans Le Monde : "Le taux du Livret A est susceptible d'être ajusté deux fois par an, début février et début août. Si, au 15 avril et au 15 octobre, la Banque de France "estime que la variation de l'inflation ou des marchés monétaires est très importante", son gouverneur, Christian Noyer, peut désormais proposer à Bercy la révision du taux, respectivement au 1er mai ou au 1er novembre suivants. "
Mais rien n'oblige le gouvernement à mettre en oeuvre cette proposition !! La refuser aurait été un coup de pouce !
06 avril 2009
Baisse de la consommation d'énergie
Il faut voir aussi les bons côtés de la crise : elle entraîne une baisse conjoncturelle (essentiellement dans l'industrie) de la consommation d'énergie selon une étude du ministère de l'Energie publiée lundi. "En données corrigées, la consommation de tous les types d'énergie s'affiche en baisse en février : charbon (-3,3%), pétrole (-2,6%), gaz naturel (-5,5%) et électricité (-6,4%)". Ce qui permet une réduction des émissions de CO2 de 3,9% sur le mois.
En attendant la baisse structurelle de la consommation (des logements notamment)...
04 avril 2009
Déficit public 2008 (premiers résultats)
L'INSEE a publié le 31 mars les premiers résultats complets du déficit public de 2008 : http://insee.fr/fr/indicateurs/indic_conj/donnees/doc_idconj_37.pdf.
Celui-ci ressort à 66,2 milliards d'euros (Mds€), soit 3,4% du PIB (contre 51,7 Mds€, soit 2,7% en 2007). C'est supérieur aux précédentes estimations officielles (3,2%) mais inférieur à la mienne qui était de 3,7%. Je dois d'ailleurs revoir celle-ci en baisse de 0,2 points car j'avais oublié d'y inclure les excédents des régimes de retraite complémentaire et du régime de l’assurance-chômage.
Les chiffres publiés ne me semblent pas intégrer la totalité de la dégradation de l'activité des derniers mois de 2008 : ils seront probablement revus légèrement à la hausse pour s'établir finalement à 68 ou 69 Mds€, soit 3,5% du PIB.
Surprenant en effet : le déficit des administrations publiques locales ne se serait dégradé que de 0,9 Mds€ en 2008 - alors que leurs ressources liées aux transactions immobilières se sont effondrées - quand il s'était creusé de 4,6 Mds€ en 2007, année de forte croissance. Ces données décentralisées mettent probablement plus de temps à remonter à l'INSEE...
La dégradation du déficit de l'Etat (+15 Mds€), dû à l'effondrement des recettes de TVA, de TIPP et d'Impôt sur les Sociétés en fin d'année, explique l'essentiel de la dégradation de comptes publics.
Enfin, le déficit de l'ensemble des organismes de sécurité sociale ne se serait dégradé que de 0,5 Mds€ sur 2008 versus 2007, grâce aux fortes créations d'emplois courant 2007 : la dégradation du régime général de la sécurité sociale (1 Mds€) a été en partie compensée par l'amélioration de la situation de l'assurance chômage début 2008.
J'en profite pour souligner la remarquable vertu de la gestion financière de cette branche. Ses dépenses d'indemnisation du chômage étant en baisse au cours des dernières années elle aurait pu, si elle avait raisonné comme le reste des administrations publiques, abaisser les cotisations dès que son déficit annuel s'est transformé en excédent début 2006. Au contraire, elle a résisté aux pressions en mettant en avant son "déficit cumulé" - c'est-à-dire sa dette - de 13 Mds€, qu'il fallait résorber avant de vouloir être plus généreux. Elle a ainsi dégagé un excédent remarquable de plus de 6 Mds€ en 2007, puis 4 Mds€ en 2008 et ramené son déficit cumulé à 5 Mds€ (donc réduit sa dette de 60%). Elle se retrouve maintenant dans une situation beaucoup plus saine et solide pour affronter la crise que celle du reste des administrations publiques : dans le même temps - de 2006 à 2008 - la sécu creusait sa dette de 30 Mds€ et l'Etat... de 182 Mds€ !
Pour la petite histoire, en 2008 les dépenses publiques totales de la France ont dépassé pour la première fois la barre des 1000 milliards, à 1027,7 Mds€ (+3,7%, après +4% en 2007).
Je remets à jour mes prévisions de déficit 2009 :
- 100 Mds€ pour l'Etat (+75%), en ligne avec la prévision officielle
- 20 Mds€ pour les organismes de sécurité sociale (multiplié par 22 !), dont 20 Mds€ de déficit pour le régime général de la sécurité sociale et à peu près l'équilibre pour l'assurance chômage et les retraites complémentaires
- 15 Mds€ pour les administrations publiques locales (+36%, en prenant pour hypothèse que le chiffre 2008 sera révisé à 11 Mds€, contre 8,6 estimé aujourd'hui par l'INSEE)
Total déficit public 2009 = 135 Mds€, soit 7,2% du PIB (qui baissera de 1950 à environ 1880 Mds€ : baisse du PIB réel de 3% - un des plus faibles reculs en occident - et baisse des prix moyenne de 0,5%)
La dette publique déjà à 1327,1 Mds€ à la fin de 2008, soit 68% du PIB, atteindra 1460 Mds€, soit plus de 77% du PIB dès la fin de 2009.
C'est ce qu'on appelle être sur une mauvaise pente.
Pour info : voici l'évolution de ces ratios depuis 2001 (publiés par lINSEE).


