NON A LA DETTE !!

Non à la dette publique ! Non à la dette écologique ! Oui à des politiques pour préparer l'avenir !

17 juillet 2008

Le taux du Livret A à 4%, enfin !

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J'ai beaucoup écrit sur ce sujet depuis le mois de janvier, quand le gouvernement avait décidé de ne pas appliquer le mode de calcul automatique inventé quelques années auparavant par le gouvernement Villepin pour dépolitiser ce taux. Ce calcul fixait alors le taux du livret A à 4%, mais le gouvernement avait choisi de ne le relever qu'à 3,5% (et 4,25% aui lieu de 5% pour le Livret d'Epargne Populaire), invoquant des circonstances exceptionnelles. Il avait aussi et surtout mis en place en catastrophe un nouveau calcul automatique, moins favorable d'un demi-point aux petits épargnants.

Aujourd'hui, avec l'envolée de l'inflation et des taux interbancaires, le nouveau mode de calcul donne 4% pour le livret A... et le gouvernement l'applique. C'est à moitié une bonne nouvelle : d'un côté les banques auraient souhaité le limiter à 3,75% donc le gouvernement a résisté à ces pressions ; de l'autre l'ancien mode de calcul aurait donné un taux de 4,5% (et donc 5,5% pour le LEP) donc on se fait toujours arnaquer.

Cela dit, si le gouvernement voulait invoquer des circonstances exceptionnelles, il y aurait plus matière aujourd'hui que le 17 janvier (la veille, rappelez-vous du début du krach au moment de l'affaire Kerviel) quand les choses n'allaient finalement pas si mal. Depuis, le CAC40 a perdu près de 25% et les doutes sur la solvabilité des banques sont allées croissants. L'Euribor, taux interbancaire à court-terme, a flambé à 5,4%, très au-dessus -ce qui est anormal - du taux directeur de la BCE, ce qui prouve que les banques manquent de liquidités (car elles sont prêtes à payer très cher pour en avoir). Et cette hausse du taux du livret A va pénaliser les banques commerciales françaises car elle va nous inciter tous à laisser moins de liquidités chez notre banquier (sur notre compte courant rémunéré à ... 0%) pour les placer plutôt sur nos livrets A et d'Epargne Populaire. Donc seules les banques aujourd'hui autorisées à distribuer le livret A vont en bénéficier, au détriment des autres. Heureusement pour elles, dès le 1er janvier prochain, la distribution du livret A sera libéralisée et cela pourra leur amener des liquidités bienvenues.

En conclusion, le taux du Livret A à 4% est désormais correct et on peut s'en réjouir.

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16 juillet 2008

Pénurie de logement ?

Selon de nombreuses sources, la France souffre d'une "pénurie de logement" qui est la source de la forte et continue augmentation des prix depuis 10 ans. Combien de fois a-t-on entendu ces grandes phrases : "Il manque X logements en France", le X variant entre 500 000 et 1 million. Cela signifierait que, par rapport à une situation où les prix étaient raisonnables (il y a dix ans), le nombre de logement aurait augmenté moins vite que le nombre d'habitants ?

Ces affirmations hâtives ne tiennent pas la route face à la réalité des mesures réalisées par l'INSEE. Une étude parue aujourd'hui vient nous apporter de bonnes nouvelles. D'abord, le parc de logements augmente vite : de 20,4 millions en 1984 à 26,3 millions en 2006 (+29%) en 22 ans. Ensuite la taille moyenne de ces logements augmente aussi : de 82 à 91m² (+11%). Pendant ce temps, la population a augmenté de 12% (2007 vs 1985, source INSEE). Conséquence : les français sont de mieux en mieux logés. Le nombre de m² par personne a non seulement augmenté de 29% en 22 ans (soit 5% tous les 4 ans), mais cette augmentation s'est accélérée entre 2002 et 2006 (8%) ! Les logements sans confort sanitaire (absence d'un de ces éléments : eau courante, installation sanitaire, WC intérieurs) sont en voie de disparition : 1,3% des logements aujourd'hui contre 15% en 1984 ! Et autour des maisons, la surface des jardins ne cesse de grandir.

Si les prix ont autant monté, c'est donc bien que les français ont bénéficié d'une formidable hausse de leur pouvoir d'achat immobilier. Ou peut-être devrais-je dire "capacité d'emprunt" car il n'a échappé à personne que les prix ont augmenté plus vite que les revenus et que c'est la baisse des taux d'interêt et l'allongement des durées de remboursement qui ont permis à beaucoup d'entre nous de réaliser leur rêve : devenir propriétaires. En tous cas, les français ont dépensé une part croissante de leurs revenus dans l'achat ou la location de leur logement, et d'ailleurs dans l'équipement de leur logement (bricolage et TV/Hifi/Electroménager).

Quant à l'évolution future des prix immobiliers, elle dépendra de la réponse à la question suivante : ce changement de priorité des ménages (posséder un grand logement) est-il structurel ou ont-ils simplement bénéficié de conditions de crédit avantageuses ? La première proposition verrait les prix continuer à progresser modérément (de 2 à 3% par an, la tendance de long-terme), la deuxième ramènerait le ratio prix immobiliers / revenus moyens à son niveau historique, c'est-à-dire une baisse des prix d'environ 35% en 3 ans ! La réalité est forcément entre les deux. Plus près de quelle borne, je vous laisse choisir.

Posté par nonaladette à 15:14 - Economie, marchés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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