Selon de nombreuses sources, la France souffre d'une "pénurie de logement" qui est la source de la forte et continue augmentation des prix depuis 10 ans. Combien de fois a-t-on entendu ces grandes phrases : "Il manque X logements en France", le X variant entre 500 000 et 1 million. Cela signifierait que, par rapport à une situation où les prix étaient raisonnables (il y a dix ans), le nombre de logement aurait augmenté moins vite que le nombre d'habitants ?

Ces affirmations hâtives ne tiennent pas la route face à la réalité des mesures réalisées par l'INSEE. Une étude parue aujourd'hui vient nous apporter de bonnes nouvelles. D'abord, le parc de logements augmente vite : de 20,4 millions en 1984 à 26,3 millions en 2006 (+29%) en 22 ans. Ensuite la taille moyenne de ces logements augmente aussi : de 82 à 91m² (+11%). Pendant ce temps, la population a augmenté de 12% (2007 vs 1985, source INSEE). Conséquence : les français sont de mieux en mieux logés. Le nombre de m² par personne a non seulement augmenté de 29% en 22 ans (soit 5% tous les 4 ans), mais cette augmentation s'est accélérée entre 2002 et 2006 (8%) ! Les logements sans confort sanitaire (absence d'un de ces éléments : eau courante, installation sanitaire, WC intérieurs) sont en voie de disparition : 1,3% des logements aujourd'hui contre 15% en 1984 ! Et autour des maisons, la surface des jardins ne cesse de grandir.

Si les prix ont autant monté, c'est donc bien que les français ont bénéficié d'une formidable hausse de leur pouvoir d'achat immobilier. Ou peut-être devrais-je dire "capacité d'emprunt" car il n'a échappé à personne que les prix ont augmenté plus vite que les revenus et que c'est la baisse des taux d'interêt et l'allongement des durées de remboursement qui ont permis à beaucoup d'entre nous de réaliser leur rêve : devenir propriétaires. En tous cas, les français ont dépensé une part croissante de leurs revenus dans l'achat ou la location de leur logement, et d'ailleurs dans l'équipement de leur logement (bricolage et TV/Hifi/Electroménager).

Quant à l'évolution future des prix immobiliers, elle dépendra de la réponse à la question suivante : ce changement de priorité des ménages (posséder un grand logement) est-il structurel ou ont-ils simplement bénéficié de conditions de crédit avantageuses ? La première proposition verrait les prix continuer à progresser modérément (de 2 à 3% par an, la tendance de long-terme), la deuxième ramènerait le ratio prix immobiliers / revenus moyens à son niveau historique, c'est-à-dire une baisse des prix d'environ 35% en 3 ans ! La réalité est forcément entre les deux. Plus près de quelle borne, je vous laisse choisir.