Cette comparaison retrouve tout son sens au moment où nos poissons sont délaissés par nos pêcheurs qui, leur activité n'étant plus rentable, préfèrent réclamer des subventions à l'Etat, c'est-à-dire à prendre directement dans nos porte-monnaies ce qui leur manque. Et c'est heureux, en effet, car les ressources en poissons sont surexploitées. Ces quelques semaines tranquilles au large pour se reproduire ne feront pas de mal à nos saumons et autres cabillauds.

Le pétrole cher, comme on pouvait s'y attendre, réduit les bénéfices d'un certain nombres d'activités comme la pêche. Certes ce groupe de pression a toujours su user (et abuser) de son pouvoir de blocage, et ainsi faire céder les précédents gouvernements, qui leur ont permis notamment de payer un gazoil pratiquement pas taxé et ont même créé des niches fiscales pour financer les activités de pêche. Mais n'est-ce pas d'abord l'interêt général que nous devrions regarder ?

Si la pêche n'est pas rentable avec des vieux chalutiers gros consommateurs de gazoil, doit-elle être continuée ainsi ? En considérant le volume actuel de pêche, s'il n'est pas rentable de le répartir entre 20900 marins pêcheurs (source Etablissement National des Invalides de la Marine - ENIM), doivent-ils tous continuer ce métier ? Par la force des choses d'ailleurs, certains se reconvertissent (lire cet article de La Croix à ce sujet).

Je pense ainsi qu'une prime à la mise à la casse des vieux navires, temporaire, serait une solution préférable à une subvention du gazoil polluant. Elle servirait aux marins pêcheurs qui veulent "revenir à terre" pour se reconvertir et à ceux qui veulent continuer ce métier - et qui auront alors plus de poissons à leur disposition - pour acheter un bateau plus moderne et plus productif et avoir de nouveau une activité rentable.

Il s'agit juste d'être un peu plus juste que la brutalité du marché.