Le président nous a gratifié ce mardi d'une longue conférence de presse, abordant de multiples sujets, de sorte que tous les médias, y compris les blogs et donc le mien, en auront pour un moment pour arriver à tout commenter. Je vais donc sélectionner quelques sujets.

1/ Le pouvoir d'achat. Cette notion économique, mesurant les revenus par rapport au coût de la vie, est en tête des préoccupations des français depuis plusieurs mois. Enfin, Nicolas Sarkozy a avoué qu'il ne pouvait pas améliorer le pouvoir d'achat des plus pauvres car les caisses étaient déjà vides. Mais pourquoi sont-elles vides ? Elles n'étaient déjà pas très remplies avant son arrivée, mais surtout il y a eu le paquet fiscal de 15 milliards d'euros qui redistribue il est vrai du pouvoir d'achat, mais uniquement à ceux qui en avaient déjà beaucoup. Je me réjouis de cet aveu mais il est bien tardif : pourquoi alors a-t-il prétendu qu'il serait "le président du pouvoir d'achat" afin de se faire élire sur des promesses qu'il savait intenables ? Cela, c'est de la politique comme avant.

2/ La fin des 35 heures. Personnellement, je m'y oppose. Je suis très heureux de mes RTTs ! Si certains préfèrent travailler plus longtemps pour gagner plus, et c'est leur droit, il existe le mécanisme des heures supplémentaires, payées plus cher que des heures normales. C'est très bien, non ?

3/ La fin de la publicité sur les chaînes publiques. Attention, attention. Au premier abord on se dit : "oui, génial, il y a trop de pubs!". On pourrait penser que notre président veut revaloriser la culture aux dépends du matérialisme moderne... Ne vous y trompez pas (même si les médias traditionnels ne sont "curieusement" pas diserts là-dessus), on comprend enfin pourquoi Vincent Bolloré prétait "gracieusement" son jet privé au président pour ses vacances. Il se trouve que lui et quelques autres copains de Sarko (Lagardère et Bouygues notamment) selon les grands bénéficiaires de cette mesure : les annonceurs auront autant d'argent à dépenser en publicité, mais ils reporteront les investissements prévus sur France 2 et France 3 vers TF1 (groupe Bouygues), M6, Direct 8 (groupe Bolloré), mais aussi les autres supports (Paris Match, Elle, Public, Télé7Jours et Europe 1 appartiennent à Lagardère ; Direct Soir, Matin Plus (pour moitié), et Havas - le 6e groupe mondial de publicité - appartiennent à Bolloré). Moins de supports mais autant d'argent à dépenser, vous comprenez bien que tous ces annonceurs, tous ces "vendeurs de temps de cerveau humain" selon l'expression de l'ancien patron de TF1 Etienne Mougeotte, pourront maintenant augmenter allègrement leurs tarifs publicitaires. Les investisseurs ne s'y sont pas trompés : l'action TF1 a monté de 10% juste après l'annonce du président et NRJ de plus de 4%.