Depuis les "chaleureuses félicitations" de Sarkozy au dictateur le plus dangereux du monde (Poutine, qui dispose de milliers de têtes nucléaires qu'il a annoncé pouvoir envoyer à tout moment s'il en avait envie sur des villes d'Europe de l'ouest) pour avoir truqué des élections, mon scepticisme envers Sarkozy a laissé la place à la honte de l’avoir pour président : cette politique "du carnet de chèque", du "l'argent d'abord", est l'opposé de l'image de la France. Cette homme que nous (même si personnellement je n'y suis pour rien, nous sommes collectivement responsables) avons élu président de notre pays ne correspond en rien à la France et aux français.

Pour développer un peu la critique de sa politique étrangère en particulier, je reprends ci-dessous un extrait d'un article d'Imhotep posté aujourd'hui sur AgoraVox.

"On nous avait dit que nous aurions désormais un héraut sur la scène internationale et que tout allait changer : les dictateurs et autres autocrates allaient trembler dans leur culottes : Duguesclin était là ! Que remarque-t-on ? Rama Yade ne va pas en Chine, Dati oui. Elle va en Tunisie mais se tait. Sarkozy va en Russie et tout d’abord comprend les " spécificités russes " - vous savez celles qui donnent le droit dans une salle d’opéra de gazer des centaines de personnes ou à Boslan de dynamiter les enfants, celles qui autorisent l’emprisonnement de Kasparov (Sarkozy silencieux là-dessus) ou de journalistes quand on ne les tue pas, celles qui autorisent le massacre des tchétchènes ou l’asphyxie de l’Ukraine par coupure du gaz, quelques bonnes petites spécifités russes spécialités d’un ancien du KGB, cette ONG humanitaire communiste qui réservait des traitements corporels pour aider à perdre du poids et parfois une dent ou deux ou un œil ou sa raison mentale et qui offrait des séjours de survie dans les conditions extrêmes, sorte d’exercice de motivation (un management à l’américaine en somme) - puis a félicité son éminent dirigeant après une élection douteuse - c’est cela notre honneur retrouvé celui d’avoir à la tête de notre monarchie républicaine un des rares et premiers chefs d’état à féliciter un tortionnaire.

Vient ensuite la Chine où le Tibet et Taïwan - alors que personne ne demandait rien à notre Omniscient - sont par évidence pour Sarkozy des provinces chinoises. On couronne ce tour du monde par la venue de l’autre guide, celui de la révolution libyenne qui va loger sous sa tente sans égard pour le pays qui le reçoit montrant que le chef des deux c’est bien lui, le roi du désert, lui qui vient juste de légitimer le terrorisme, lui dont la photo parue dans le Figaro montre un personnage de film noir avec ses lunettes de soleil et son sourire de bandit de grand chemin auquel répond celui d’un Sarkozy béat et indigne.

Tous ces reniements et toute cette honte pour notre pays en politique étrangère pour quoi et pourquoi ? La réponse est multiple. Il y a cette dualité du discours pour l’intérieur de nos frontières opposé à celui pour l’extérieur, il y a flatter le côté coq de bruyère des français avec la lâcheté fondamentale de Sarkozy qui est fort et méprisant pour les faibles et faible et obséquieux devant les forts. Et il y a son environnement le business et l’argent roi. Ses défenseurs vont nous seriner que derrière il y a des contrats. Ah les contrats ! Si ce n’est pas nous, ce sera les autres. Soyons pragmatiques tonnerre de Brest (et d’ailleurs) ! Voilà, la morale du compte en banque. Peu importe que l’Allemagne ne suive pas ce chemin et ait pourtant plus de contrats que nous. Mais il est vrai que ceux qui ont payé les vacances de Sarkozy à Malte ou aux USA (à ce propos les deux familles commanditaires de ces vacances étaient les fournisseurs vestimentaires de la première dame de France à l’époque, dame qui a disparu de la circulation, enterrée), les amis de Sarkozy sont des conseillers philanthropes qui ont dû glisser quelques mots bien sentis dans le tuyau de son oreille fort réceptive.

Il serait bon de rappeler la mauvaise foi des journalistes dans ces fameux contrats tant en Chine qu’en Algérie. En Chine d’abord ils ont négligemment oublié de dire que la France dans Airbus n’est qu’à une minorité tant dans le capital qu’en retombée économique - se trouvent dans ce consortium également l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne et à une moindre mesure l’Italie - comme pour Areva une part sera localisée avec un investissement de cette société sur place avec création d’une société commune. Ceci réduit de façon significative ces contrats d’une part et ensuite Sarkozy n’est en rien responsable de ces signatures dont certains sont en négociation depuis plus de quatre ans.

En ce qui concerne l’Algérie l’amalgame est plus complet encore. Sont allègrement mélangés les contrats de fournitures algériennes (gaz), les investissements français (Total) et les contrats au bénéfice de la France. En somme on additionne pommes, poires et carottes et on présente le tout dans un beau paquet cadeau en sous entendant ou même en le criant sur les toits - voilà l’efficacité de Sarkozy. Ici aussi il est évident que ces contrats sont négociés depuis des années et en ce qui concerne le gaz la date ne correspond à rien d’autre qu’à la date d’échéance et de renouvellement d’un contrat d’approvisionnement. Du reste bientôt on va féliciter Sarkozy que le jour de l’an (en l’occurrence celui de 2008 le premier de son quinquennat) tombe un premier janvier.