NON A LA DETTE !!

«Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.»

28 février 2007

Non à Ségolas Sarkolène !

N'est-il pas mignonne?

Photo prise sur l'article : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19307

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François de Closets : "Nous avons volé leur avenir à nos enfants"

Ils datent d'un an. Mais ces extraits d'une interview de François de Closets, dont le livre Plus Encore est sorti récemment en poche, sont bons à garder en mémoire. 

"C’est ainsi que la génération en place, celle qui a pris le pouvoir en 1970, s’y est accrochée et en a refusé l’entrée à la génération suivante. Si bien qu’aujourd’hui les perdants sont non plus uniquement les ouvriers, mais aussi les jeunes. Ces derniers subissent seuls les nécessités d’ajustement apportées par le grand vent du néolibéralisme et auxquelles tous les pays du monde se sont pliés. La France, elle, s’est épuisée à satisfaire la génération prédatrice des « sexas », que ce soit dans le secteur public ou dans le privé, qui a continué à réclamer toujours plus d’avantages en termes de durée du travail, de retraite, de sécurité de l’emploi, etc.

Les inégalités se seraient donc creusées plus entre les générations qu’entre les classes sociales? Vous parlez même de « prolétarisation » des jeunes.

C’est une évidence. Ce que l’on fait aux jeunes n’est pas supportable. Ces 160 000 Français qui quittent chaque année l’école sans formation et dont 40% sont confrontés au chômage, ou ceux qui sortent de l’université avec des diplômes n’ayant souvent pas plus de valeur que des assignats passeront des années (au moins cinq ou six) à trouver un emploi. Sans accès au crédit ni au logement. Et lorsque, finalement, ils se caseront, d’ici à 2010, eh bien ! on prélèvera sur leurs impôts l’équivalent des 50 à 60 milliards d’euros nécessaires à payer les intérêts des dettes contractées par leurs parents. Sans compter le taux de leurs cotisations sociales, qui augmentera chaque année d’un demi-point pour financer les retraites des mêmes...

Comment en est-on arrivé là?

Ce fut une lente dégradation. Souvenons-nous de la France de 1970, celle que notre génération a reçue en héritage. Elle avait alors l’économie la plus dynamique d’Europe. Herman Kahn, futurologue américain, prévoyait même qu’elle serait, en 1985, le pays le plus prospère du continent et que les Français seraient plus riches que les Américains ! On nous a donc offert le pays qui devait être le plus favorisé du monde. Et nous transmettons à nos enfants un pays ruiné. Alors que nous n’avons pas connu de guerre ! Il y a de quoi se taper la tête contre les murs, non? Et pourtant tout le monde a l’air de trouver ça normal !"

"On ne peut tout de même pas jeter au panier les acquis sociaux.

La France, c’est vrai, a une tradition de lutte sociale qui est légitime dès lors qu’il s’agit du partage des richesses entre le capital et le travail, mais on a prétendu réduire tous les conflits d’intérêts à ce type d’affrontement. Notamment la question des retraites, alors que celle-ci n’a rien à voir avec le conflit capitaliste et devrait relever, en réalité, de la solidarité entre les générations : il s’agit de savoir combien la génération en activité estime que la suivante devra lui verser lorsqu’elle sera à la retraite. Autrement dit, cela devrait être un arrangement entre nous et nos enfants. Oser parler de conquête sociale comme on l’a fait en 1983 à propos de la retraite à 60 ans est une véritable supercherie. Depuis quand remporte-t-on des victoires sociales sur ses enfants?"

Au lieu de mettre de l'argent de côté pour préparer l'exceptionnel coût de leur vieillesse (retraite et soins médicaux) et de préparer un système de sécurité sociale viable à long-terme, la génération du baby-boom a au contraire creusé des déficits récurrents, accumulant une dette monstrueuse.

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27 février 2007

Les baby-boomers sont des voleurs !

Les baby-boomers sont des voleurs ! Par laxisme et lâcheté, ils se sont accordés des services publics couteux sans en payer le coût par leurs impôts. Ils ont pillé les ressources de l'Etat à long terme et généré une dette inimaginable par accumulation de déficits publics. Ceux qui protestent dès que les impôts augmentent, dès que quelqu'un essaie de réduire les dépenses de l'Etat et ceux qui réclament des dépenses supplémentaires sont les principaux responsables.

Jeunes, vous comme moi savez ce qui s'est passé : nos parents ont accumulé une dette publique de plus de 1000 milliards d'euros, qui génère plus de 50 milliards d'euros de charges d'intérêts chaque année. Autant de milliards d’euros qu’on ne peut plus utiliser pour notre éducation, notre défense, notre justice, notre culture ni nos dépenses personnelles ! Si nos parents n'avaient pas vécu au dessus de leurs moyens ces 30 dernières années, les impôts prélevés par l'Etat seraient cette année de 200 milliards au lieu de 250 ! Pour le même service public !

Nous payons 50 milliards par an le train de vie passé de nos parents.

Et nous n’avons pas encore commencé à payer leurs vieux jours, qui coûteront bien plus : le papy-krach arrive ! Dans cette perspective, l'équité intergénérationnelle aurait supposé des comptes publics massivement en excédent au cours des 30 dernières années pour pouvoir encaisser des déficits entre 2020 et 2040.

Si les baby-boomers avaient simplement omis de mettre cet argent de côté, où avaient dépensé pour préparer notre avenir (éducation, recherche, infrastructures...) on pourrait leur pardonner. Au contraire, non seulement cette génération n'a pas mis de côté mais elle a fait strictement l'inverse : elle a emprunté pour financer son train de vie, ses prestations sociales, ses administrations publiques obsolètes. Elle a eu beau privatiser des entreprises à tours de bras, encaissant ainsi des centaines de milliards d'euros, cela n'a pas suffit et elle s'est endettée de plus de 1000 milliards d'euros supplémentaires. Cette génération nous a pris en otages : elle pense qu'une fois à la retraite on ne pourra plus remettre en cause ses généreuses pensions pour lesquelles elle n’a pourtant pas assez cotisé.

Nous, nous ne vivrons pas au dessus de nos moyens, nous ne vivrons pas non plus à hauteur de nos moyens, mais en dessous, étant donné qu'une part importante de nos revenus sera désormais destinée à couvrir les intérêts de leur dette. Ces pilleurs se sont servis les premiers dans le plat et tout ce qu'ils nous laissent, c'est la vaisselle et les pots cassés ! Et encore je ne parle pas des autres "cadeaux" dont nous héritons : le chômage de masse, la pollution, le changement climatique, l’épuisement des matières premières (pétrole, métaux, fertilité des sols...), etc.

Jusqu’ici les jeunes n’ont pas manifesté leur désaccord avec cette attitude. Mais il n’est pas trop tard : si on réagit assez tôt, on pourra diminuer les effets de cette injustice. Sinon, on se laissera condamner, les jeunes d'aujourd'hui et de demain, à payer plus d'impôts pour moins de services publics. Les entreprises de demain devront payer plus d'impôts aussi. Et dans un contexte de mondialisation totale on sait que cela fera partir encore un peu plus d'emplois. On se dirige vers un scénario merveilleux : plus de chômage, plus d'impôts, moins de revenus pour tout le monde ! C'est ce qui est en train de se passer et ce à quoi il faut mettre un terme.

Militons pour une augmentation immédiate des impôts couplée à une vaste diminution des dépenses, jusqu'à atteindre l’excédent budgétaire, c’est à dire le début du remboursement de leur dette.

Version actualisée de mon premier et principalo coup de gueule public contre la dette des baby-boomers, posté le 06/11/2004 sur le forum Economie et social de Lemonde.fr.

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24 février 2007

Le retour de l'Allemagne

Après de longues années de croissance faible, de chômage fort, de pouvoir d'achat stable et de déficits incontrolables, l'Allemagne est en train de dépasser tous les pronostics dans ces domaines (2.7% de croissance en 2006, 1.7% du PIB de déficit, chômage en chute libre...). "Un chômage qui recule rapidement, une inflation basse et un beau rebond des ventes de détails. On manque presque de mots pour décrire les bonnes nouvelles en provenance d'Allemagne", souligne de son côté Holger Schmieding, chef économiste en Europe de la Bank of America.

La France ayant désormais hérité de cette place de poids mort de l'Europe (croissance, chômage, déficit : partout nous sommes parmi les plus mauvais malgré notre dynamisme démographique), peut-elle imiter les bonnes recettes allemandes? Comment se sont-ils sortis du trou?

Les facteurs principaux ont été le réalisme des syndicats, le déplacement de la fiscalité du travail vers la consommation et la réconciliation politique.

1/ Le réalisme des syndicats

Bill Clinton en campagne en 1992 disait aux syndicats du secteur industriel que la meilleure défense contre les délocalisations était la compétitivité des entreprises. Ce principe qui a durablement servi l'Amérique a été appliqué en Allemagne depuis des années. Ainsi la modération salariale, couplée à la bonne spécialisation industrielle, a conditionné la reprise des exportations qui aujourd'hui donnent lieu à de nouveaux investissements.

Bien entendu, si l'Allemagne est plus compétitive et que la France ne bouge pas, elle l'est moins et elle perd des parts de marché à l'exportation. C'est ce qui s'est passé au cours des dernières années, et malgré tous nos rêves il n'y a qu'une solution efficace : réduire le coût du travail, en particulier non qualifié. Et une mesure efficace contre le chômage, une !

2/ La hausse programmée de la TVA

Annoncée longtemps à l'avance, la hausse de 3 points de la TVA a envoyé un signal clair aux ménages et aux entreprises : l'Allemagne réduirait ses déficits publics. L'inquiétude inhérente à un pays en fort déficit (quels impôts augmentera-t-on? quels services publics seront démantelés? etc) disparaît et la confiance dans l'avenir peut se réinstaller. C'est donc un facteur qui a favorisé l'investissement en Allemagne, encore une fois au détriment de l'investissement chez ses voisins.

La consommation a été favorisée en cette fin d'année 2006, les ménages se ruant chez les concessionnaires automobiles et chez les vendeurs de télés à écran plat (entre autres) pour profiter le la TVA basse. Ainsi dès 2006, le déficit allemand (qui revient de loin) est redescendu à 1,7% du PIB. La hausse de la TVA en 2007 le remenera près d'1%, niveau compatible avec le désendettement et la préparation de l'avenir. Parallèlement, l'Allemagne réduit les charges sociales, composante essentielle du coût du travail. Et une deuxième mesure efficace contre le chômage, deux !

3/ La grande coalition

Enfin, le rassemblement des forces politiques de droite et de gauche semble avoir été un facteur positif pour le pays. En laissant les querelles politiques de côté on peut se concentrer sur l'essentiel.

Ces trois axes peuvent et doivent être développés en France. Au delà de l'idéologie, inspirons-nous de ce qui marche aujourd'hui chez notre plus proche voisin !

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23 février 2007

Climat: de grandes entreprises appellent à l'action

C'est le monde à l'envers que font les Etats et les peuples ?! Les altermondialistes peuvent aller se rhabiller : ce sont les multinationales qui vont sauver la planète !

"AFP le 20/02/2007 22h53

Climat: de grandes entreprises appellent à l'action

Plusieurs dizaines de grandes entreprises, d'Air France à General Electric et Volvo, ont mardi à New York appelé les gouvernements du monde à mettre en place un pacte de lutte contre le changement climatique.

Réunies à l'Université de Columbia, elles ont présenté une "Déclaration sur le changement climatique" appelant à agir à tous les niveaux, pour "créer des systèmes durables permettant d'assurer la croissance économique".

Le texte compte parmi ses 85 signataires des géants aussi divers que le groupe pharmaceutique allemand Bayer, la banque américaine Citigroup, le bancassureur Allianz, le consortium industriel General Electric (GE), Electricité de France North America, ou l'Américain Alcoa, premier producteur mondial d'aluminium.

"Des dirigeants de secteurs-clés ont trouvé un consensus sur le chemin à prendre pour réduire le changement climatique généré par l'homme, et montrent la voie vers un cadre mondial d'action dont il y a un besoin urgent", s'est félicité Jeffrey Sachs, économiste et président de la "Table ronde mondiale sur le changement climatique", à l'origine de la déclaration.

Les signataires promettent eux-mêmes d'agir, même s'ils ne chiffrent pas leur engagement: réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, favoriser l'information du public et de l'industrie. Mais ils s'adressent surtout aux décideurs politiques.

"Les groupes mondiaux acceptent leur juste rôle de catalyseurs d'action en matière de changement climatique, mais l'action des entreprises seules ne suffit pas", a dit le PDG de GE, Jeffrey Immelt. "Si nous pensons que recourir à la technologie permettra de créer des opportunités économiques avec des changements positifs, gouvernements, experts et ONG doivent aussi s'engager avec tout autant de force".

Qualifiant le changement de climat de "problème urgent", le texte appelle les responsables politiques à fixer des objectifs précis en matière d'émission de gaz à effet de serre et notamment de CO2.

Il réclame que les gouvernements placent un prix sur les émissions et encouragent le développement d'énergies à faible émission, listant les ressources alternatives.

Selon M. Sachs, "il n'y a pas de solution à coût zéro, mais elle pourrait prendre moins de 1% du revenu mondial annuel". "Il faut que toutes les régions du monde s'engagent", a-t-il ajouté.

Cette initiative intervient alors que dans le monde entier des entreprises prennent déjà les devants, dans la perspective de la renégociation du protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Selon l'accord de Kyoto, qui expire en 2012, les pays industrialisés devaient réduire leurs émissions de 5% en 2012 par rapport à 1990. Le pacte n'a pas été ratifié par les Etats-Unis et ne concerne pas des pays majeurs comme la Chine et l'Inde.

Mardi, les ministres européens de l'Environnement sont tombés d'accord pour que l'UE réduise ses émissions de CO2 "d'au moins 20%" d'ici à 2020. L'UE a déjà mis en place un marché d'échanges de droits d'émission, avec quotas de CO2 distribués aux industriels.

Des membres du Congrès américain veulent désormais étendre ce système de marché aux Etats-Unis, et des géants américains comme DuPont, Caterpillar, Lehman Brothers ont déjà réclamé une action au niveau fédéral.

Tous les secteurs semblent concernés, jusqu'à l'assurance, mise en péril par le risque accru de dérèglements climatiques. Allianz "voit déjà les signes que le changement climatique est un nouveau risque grave", a relevé Clement Booth, haut responsable de la société d'assurances.

"

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22 février 2007

François Bayrou propose un "New Deal" aux Français

C'est tout chaud : Dans un entretien accordé jeudi à l'Associated Press, le candidat UDF à la présidentielle François Bayrou propose un "New Deal" aux Français et oppose une fin de non recevoir à la proposition de Daniel Cohn-Bendit de créer une alliance PS-UDF-écologistes: "je n'ai pas envie de changer de camp. Je veux sortir des camps".

AP: Vous avez bâti votre campagne sur l'opposition à Ségolène Royal comme à Nicolas Sarkozy. Est-ce que le vote Bayrou, ce n'est pas finalement un vote par défaut ou protestataire?

FB: "Pas du tout, c'est le vote pour une nouvelle méthode politique en France. Une méthode politique nouvelle pour des temps nouveaux, un président nouveau pour des temps nouveaux et une majorité nouvelle pour des temps nouveaux".

"La proposition politique que je fais à la France, autour d'un programme de redressement clair et fort, c'est de rassembler des personnalités venues de camps différents. C'est une politique bi-partisane pour sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve".

AP: En cas de victoire le 6 mai, vous gouvernez avec qui? Vous construisez une majorité avec qui?

FB: "Tout le monde sera obligé de tenir compte du choix des Français. Si les Français, à la majorité, décident de donner à leur président le pouvoir de constituer une majorité nouvelle, eh bien ils éliront les candidats de cette majorité nouvelle trois semaines après. C'est donc en quelques semaines le moyen de changer la donne de la politique française, exactement comme les Allemands ont changé la donne de la politique allemande. Cela s'est fait en Autriche, dans les pays du Benelux. Il y a partout en Europe une aspiration à sortir des querelles qui sont, au fond, des querelles du XXe siècle, des querelles du mur de Berlin: gauche/droite".

"Le problème des dettes et des déficits publics, il s'imposera à la gauche comme à la droite. On a un problème de retraite, il s'imposera à la gauche comme à la droite. On a un problème climatique et une crise de l'énergie. Ils s'imposeront à la gauche comme à la droite. On a un problème de chômage. Il s'imposera à la gauche comme à la droite. On a un problème d'exclusion avec deux millions de personnes qui sont totalement perdues hors du travail. On a un problème d'éducation nationale. Et chacun de ces problèmes a une caractéristique: vous ne pouvez pas les régler dans l'affrontement d'un camp contre l'autre".

"Vous ne pouvez pas régler le problèmes de l'Education nationale avec la droite au pouvoir contre la gauche, parce qu'une grande partie de l'Education nationale est idéologiquement de gauche. Il faut donc une politique qui apporte à chaque citoyen la garantie que les décisions qui vont être prises le seront en tenant compte de tout le monde, pas en tenant compte d'un camp contre l'autre"

"Tous les sondages montrent aujourd'hui que si je suis candidat au deuxième tour, à la grande surprise des observateurs, je gagne l'élection présidentielle. C'est le surgissement d'un candidat qu'on n'attendait pas, mais les Français eux, depuis très longtemps, n'étaient pas satisfaits du choix qu'on voulait leur imposer".

AP: Vous êtes le troisième homme. Pour devenir le deuxième...

FB: "Le premier!"

AP: Pour le devenir, il faudrait d'abord que Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy s'effondre....

FB: "Les Français, si je ne me trompe pas, ont choisi de changer la donne. Ils veulent un 'New Deal'. Et quand un peuple veut un 'New Deal', il est très difficile de l'en empêcher. Et ils ont trouvé un candidat qui répond à leur attente".

"Pendant très longtemps, on ne croyait pas que c'était imaginable et maintenant tout montre que ça le devient. Cela va être un long chemin. Il reste plus de deux mois jusqu'à l'élection présidentielle, mais ils ne sont rassurés ni par l'un ni par l'autre des deux candidats qui se présentent devant eux, pour des raisons différentes. Et ils ont envie de quelqu'un qui leur offre une autre perspective. C'est ce 'New Deal' qui va s'imposer dans notre pays".

AP: Qu'est-ce que vous pensez de la proposition de Daniel Cohn-Bendit de constituer une coalition PS-UDF-écologistes?

FB: "Je n'ai pas envie de changer de camp. Je veux sortir des camps. Je n'ai pas envie d'abandonner les uns pour aller vers les autres. J'ai envie de créer une majorité nouvelle, d'échapper à cette bipolarisation".

"C'est tout l'enjeu de cette élection et ce n'est pas un enjeu facile, je le reconnais. Il y a des forces considérables contre nous mais ces forces ne sont rien à côté de la volonté d'un peuple".

"Le peuple français, c'est un peuple très formé politiquement, un peuple républicain qui sent exactement les enjeux et il va se servir de l'élection présidentielle pour montrer quelle est sa volonté, pour échapper à la caricature de la guerre entre le parti conservateur et le parti socialiste, perpétuellement opposés et qui n'arrivent ni l'un ni l'autre à régler les problèmes du pays".

"On a déjà connu ça en 1958 quand le général de Gaulle est arrivé: il a associé les principales forces politiques du pays pour reconstruire la France. Cela va être, je le crois, le choix des Français".

AP: Si vous êtes élu, quelles seront vos priorités?

FB: "La priorité pour moi, c'est l'exclusion et la banlieue. Et la clé de cette priorité, c'est offrir au plus grand nombre possible de Français une activité, un travail, donc multiplier les emplois. D'où l'idée que je propose que toutes les entreprises puissent créer deux emplois sans charges, ce qui revient à un déplacement des cotisations sociales".

"Deuxième idée: un pays comme le nôtre, son urgence, c'est de trouver un système éducatif performant parce que, dans la compétition mondiale, c'est le niveau de formation de la population qui représente la clé".

AP: Est-ce que vous pensez que Ségolène Royal a les épaules pour être présidente de la République?

FB: "Je me suis fixé une règle: si je veux demain faire travailler ensemble les Français d'un camp et de l'autre, il ne faut pas que je sois dans un jugement blessant à l'égard de l'un ou de l'autre. Parce qu'évidemment, la polémique ça fait plaisir sur le moment. Mais au moment où vous serez obligés de construire, de gouverner, il en reste des traces".

"Nicolas Sarkozy, c'est l'UMP ayant tout les pouvoirs en France, plus qu'aucun parti depuis que la République existe chez nous. Mme Royal, c'est le Parti socialiste retrouvant tous les pouvoirs en France. Aucun des deux tout seul ne peut y arriver. Nous sommes un pays où, en raison de la force des extrêmes, aucun des deux partis tout seul ne peut y arriver. Il faut donc proposer un arc nouveau, un 'New Deal' par lequel on pourra élargir la base de ceux qui conduiront la politique de redressement du pays". AP

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Spartacus prend position en faveur de François Bayrou

Vous en avez peut-être entendu parlé. Spartacus, un groupe de hauts fonctionnaires socialistes, vient d'annoncer son soutien à François Bayrou. Cette lettre qui explique leur choix contient des idées d'efficacité de la dépense publique et de soutien aux entreprises. Une telle lucidité et un tel pragmatisme de la part de hauts fonctionnaires est exemplaire. Voici leur message :

"Nous, socialistes et Français de gauche, revendiquons hautement notre soutien à François Bayrou et aux idéaux de rassemblement et de redressement qu'il incarne.

Notre détermination, déclarée dès l'automne 2006, s'est encore renforcée depuis les déclarations de candidature de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Les annonces de programme des uns et des autres témoignent d'une erreur de jugement de la situation réelle de notre pays. La candidate du parti socialiste a formulé, le 11 février, 100 propositions en voulant sans doute imiter les 110 propositions de François Mitterrand. Mais la situation de la France en 2007 n'est pas la situation de la France en 1981. Notre pays est endetté et nous vivons déjà, sans nécessairement en être conscients, aux dépens de nos enfants et de nos petits-enfants : près de 1 200 milliards d'euros d'endettement de l'Etat ; 900 milliards d'euros de financement à prévoir pour les retraites ; enfin les collectivités locales elles aussi glissent peu à peu d'une situation saine vers un déficit chronique. Madame Royal fait des chèques en blanc. Ces cent propositions sont autant de traites tirées sur le «compte France» déjà largement à découvert. Comment seront-elles financées ? Rien n'est précisé.

Rien n'est indiqué non plus sur le réaménagement pourtant indispensable de la fiscalité ou sur la question cruciale des retraites. Rien enfin sur les moyens de relancer la croissance qui, seule, permettrait de réduire chômage et déficits publics et de financer l'ensemble de son programme. Mme Royal compte donc gérer la France comme on gère une région ou un département : en augmentant les prélèvements et en créant toujours plus de charges pour la collectivité. Ou bien elle ne s'intéresse guère au chiffrage de son projet donc à son réalisme. La démission d'Eric Besson, secrétaire national du parti socialiste à l'économie, en est une démonstration éclatante. Sa seule réponse consiste à dire que la croissance de l'économie fournira le carburant nécessaire dès son élection. Comme avec une baguette magique, alors même qu'aucune de ses propositions ne prévoit un soutien à la création et au développement des entreprises. Aucune. Cet oubli témoigne d'une méconnaissance vertigineuse de l'économie de notre pays. A moins que cela ne corresponde à une méfiance systématique vis-à-vis des centaines de milliers d'artisans, de professions libérales, de responsables d'entreprises agricoles et commerciales qui sont dans l'attente de mesures simples comme celle proposée par François Bayrou avec l'exonération de charges sociales pour la création de deux emplois par entreprise.

Que dire des propositions de Nicolas Sarkozy ? Sa prodigalité électoraliste vient d'être démentie et corrigée par ses propres amis de l'UMP qui n'en peuvent plus des promesses ciblées et sectorisées par catégories électorales avancées par le ministre-candidat. Sa mesure phare qui consiste à baisser de quatre points les prélèvements obligatoires par rapport au PIB représente 78 milliards d'euros à financer. L'économiste Thomas Piketty a démontré que cela correspondait à la suppression conjointe de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune et de l'impôt sur les sociétés. M. Sarkozy nous prépare bien une France sans foi ni loi, une France ultralibérale. Nous constatons que ce programme, Nicolas Sarkozy l'étend maintenant sur dix ans.

Nous, socialistes et Français de gauche, croyons à la voie proposée par François Bayrou. Pourquoi ? Il a été le seul et le premier à poser les vraies questions pour l'avenir de notre pays et à apporter les bonnes réponses : ­ Notre dette publique nous engage vis-à-vis des générations futures. Il faut revoir le processus de la dépense publique pour plus d'efficacité et donc plus de justice. Et inscrire dans la Constitution le principe d'interdiction d'un déficit des dépenses de fonctionnement de l'Etat. ­

Notre Education nationale repose sur un corps d'élite. Nos enseignants, de formation initiale et continue, doivent disposer des moyens nécessaires à leur mission. Et plus que tout de notre reconnaissance. ­ Nos besoins collectifs de tous ordres ; santé, défense, culture, diplomatie... doivent eux aussi faire l'objet d'une protection et d'une sérénité que seul l'idéal de rassemblement de François Bayrou peut incarner dans les circonstances présentes.

Enfin, nous, socialistes et Français de gauche, estimons que le choix incohérent et erratique du parti socialiste conduit la gauche française à son échec pour l'élection présidentielle. Inexorablement. Pour toutes ces raisons, et malgré notre fidélité à un parti qui a été pendant longtemps un modèle de démocratie interne, nous persistons à penser que seul François Bayrou incarne aujourd'hui l'esprit de courage, de responsabilité et de clairvoyance nécessaire pour redresser la situation de la France. Nous lui faisons confiance pour rassembler enfin les Français autour des valeurs républicaines qui nous sont chères. Pour les électeurs de gauche, le véritable vote utile pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, c'est Bayrou. Lui seul sera en mesure de battre le candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle."

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21 février 2007

Le tournant de la campagne ?

Ca y est il est sorti : le premier sondage qui donne Bayrou vainqueur au deuxième tour contre n'importe lequel des autres candidats. Eclairage : extraits du blog Diners Room : (http://dinersroom.free.fr/index.php?2007/02/19/362-ou-sont-les-sondages-de-deuxieme-tour-pour-francois-bayrou#c3720).

"Les résultats des sondages constituent des informations pour les électeurs. Il n'est nulle raison de songer qu'ils en négligent les enseignements. On peut même faire l'hypothèse que les stratégies de vote sont ajustées au gré des anticipations sur les chances respectives des candidats. C'est ainsi que je puis délaisser mon(a) candidat(e) préféré(e) pour lui préférer un candidat plus éloigné idéologiquement en escomptant que ce dernier passera le premier tour. L'électeur prend sa décision en fonction de ses affinités idéologiques certes, mais également à raison des chances de victoire qu'il prête au candidat qu'il soutien.

Une classique boutade de la science politique veut que dans une élection à deux tours, "au premier, on choisit ; au second, on élimine." Autrement dit, le choix entre les candidats de second tour ne se fonde pas sur l'adhésion mais sur le rejet. On élit le moins pire. En témoigne le scrutin de 2002 qui a vu des électeurs de gauche voter en masse pour le Président Chirac, nonobstant le peu de goût qu'ils avaient pour lui.

Et l'anticipation des candidats sur les chances respectives au second tour justifient ainsi un choix de premier tour. On a pu interpréter ainsi une part du choix des militants socialistes pour Ségolène Royal lors des primaires : puisque les sondages indiquaient que Ségolène Royal était la mieux placée en cas de second tour contre Nicolas Sarkozy, il fallait la porter à la candidature.

Si à ce jour, les sondages révèlent que François Bayrou doit l'emporter contre Nicolas Sarkozy lors d'un second tour, n'y aurait-il pas des électeurs de gauche pour estimer qu'il faut préférer au premier tour le candidat du centre plutôt que la candidate socialiste ?"

J'ajoute que l'expression TSS ("Tout sauf Sarko") se développe. Un article du Monde d'aujourd'hui (http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-869444,0.html, lui même inspiré d'un article sur AgoraVox (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19349) se demande si le vote Bayrou ne deviendrait pas "l'arme fatale du TSS"...

Enfin, Bayrou aurait dit, il y a une semaine : "Si à la fin du mois je suis à 17 %, c'est gagné !". Selon le dernier sondage CSA pour Le Parisien/i-TELE paru aujourd'hui, "François Bayrou voit sa cote de popularité confortée. Le candidat de l'UDF gagne quatre points au premier tour et recueille 17% des intentions de vote". Alors, c'est gagné?

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SMIC et générosité

A namam : Il est fort probable qu'une augmentation excessive du SMIC causerait une explosion du chômage des moins qualifiés, alors que "La France "a [déjà] le coût du travail peu qualifié le plus élevé" des pays membres de l'OCDE (les pays développés), ce qui nuit à l'emploi des nombreux jeunes sans qualifications" selon l'OCDE, et ce qui conduit déjà à un chômage record des non-qualifiés.

Selon un expert de l'OCDE dans une étude récente : "Le bon agencement des instruments est un salaire minimum qui croît un peu moins vite que le salaire moyen, et utiliser ce qui reste comme baisses de charges pour réduire le coût du travail peu qualifié", afin de stimuler l'embauche.

A GP : 20 milliards, 30 milliards, 35 milliards... Eric Besson, l'ex chiffreur du projet de Ségolène, quitte aujourd'hui le PS en disant : "les projets actuels, ceux de tous les partis et de tous les candidats, sont trop onéreux et leur coût réel est sous-estimé". Ce qu'il nous faut c'est un projet à coût inférieur à zéro : un projet qui réduirait significativement le déficit.

Gouverner, ce n'est pas distribuer des promesses de milliards pour résoudre les problèmes de chacun, c'est faire des choix !

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14 février 2007

Interview Patrick Artus dans le Monde du 15 Février 2007

Un des plus respectables économistes français actuel donne sa vision sur les programmes des deux principaux candidats, avec lucidité et pragmatisme, se souciant d'abord du sort des chômeurs et des entrepreneurs et confirmant la philosophie d'Eric le Boucher : méfions-nous des bons sentiments qui mènent à de mauvaises politiques ou du "généreux mais pas possible".

Au passage, je remarque que les média semblent considérer qu'il n'existe que deux candidats...

Extraits :

Que vous inspirent les propositions salariales de Ségolène Royal ?

Le smic à 1 500 euros va alourdir de 25 % le coût du travail peu qualifié. Les entreprises préféreront licencier, et nous aurons plusieurs centaines de milliers de chômeurs supplémentaires en deux ans. Plus d'une centaine d'études micro-économiques ont établi que la hausse du smic détruit des emplois non qualifiés. Les ignorer est scandaleux. Quant à l'idée d'une conférence annuelle sur les salaires, qui date des années 1960, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. Comment voulez-vous mettre autour de la même table de négociations, l'automobile qui se meurt et les entreprises pétrolières qui ne savent pas que faire de leur argent ? Le bon niveau de négociation, c'est la branche.



Faut-il conditionner les aides publiques à l'engagement de ne pas licencier ?

C'est le type même de mesure qui vise les grands groupes, mais sera sans effet sur eux, et risque de se retourner contre les PME qui ne peuvent pas gérer la localisation de leurs profits, de leurs capacités. La proposition de faire du contrat à durée indéterminée (CDI) la règle risque d'avoir le même effet.

D'une manière générale, certaines des propositions de Mme Royal entrent dans la catégorie du " généreux mais pas possible ", par exemple, la revalorisation des petites retraites, sauf à dire qu'on la financera en allongeant la durée de travail et de cotisation des fonctionnaires, et d'autres témoignent d'une méconnaissance des dossiers. Proposer la création de 120 000 logements sociaux par an grâce à une incitation au livret A n'a pas de sens. La Caisse des dépôts a un excès de ressources par rapport aux possibilités de construction de logements sociaux. Le problème, c'est le foncier. Quant à la notion de " logement vacant spéculatif ", je ne sais pas ce que c'est...

L'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires est-elle de nature à favoriser l'emploi ?

De nombreux secteurs connaissent des difficultés de recrutement. L'ANPE recense 500 000 offres d'emploi non satisfaites. Une enquête du Medef auprès des PME montre que leur difficulté principale sur le chemin de la croissance, c'est le recrutement. Pour ces entreprises, la libéralisation des heures supplémentaires est une excellente chose. Mais pour celles qui recrutent sans difficulté, exonérer les heures supplémentaires de charges et d'impôt revient à privilégier les insiders, les salariés en place. On s'intéresse plus au salaire de ceux qui ont un emploi qu'à l'emploi de ceux qui n'en ont pas.

Que pensez-vous de la quasi-suppression des droits de succession ?

Cette mesure à 5 milliards d'euros n'est pas cohérente avec la volonté de revaloriser le travail. Il faut au contraire maintenir la taxation des successions et réduire l'imposition du travail. Quant au bouclier fiscal à 50 %, pourquoi pas ! A condition d'être conscient que c'est une usine à gaz pour ne pas supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui coûte deux fois en TVA non perçue ce qu'il rapporte.

Les deux programmes comportent-ils des lacunes communes ?

Aucun des deux ne s'intéresse sérieusement à l'université ou à l'école. 100 000 jeunes quittent l'université sans diplôme et 100 000 autres en sortent avec un diplôme qui ne permet pas de trouver un emploi. C'est une proportion énorme, plus de 40 % des entrants à l'université. Qui dénonce ce massacre ? Qui parle du contenu de l'enseignement au collège et au lycée ? Qui aborde la question de l'évaluation des enseignants ou celle de l'organisation de la recherche ?
Personne. 

Posté par nonaladette à 15:57 - Economie, marchés - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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